L’affaire Evrard ou le pédocriminel multirécidiviste

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15 Août 2007, quelque part à Roubaix...

Un prédateur rôde, pris d’une pulsion incontrôlable qui ne quitte plus ses pensées, il est à l’affût dans une braderie renommée, il cherche sa proie…

Francis Evrard, homme solitaire qui aura passé plus de la moitié de sa vie en prison pour des faits de viols et d’abus sexuels sur des mineurs de moins de quinze ans.
Né le 12 juillet 1946 à Roubaix, il est fils unique et a une enfance heureuse.
Mauvais élève en classe, il commence ses premiers méfaits à l’âge de 12 ans en commettant des vols.
Il n’a jamais vraiment travaillé, il n’a jamais été marié et n’a jamais eu d’enfant.

Revenons sur son parcours chaotique et sa dangerosité jamais vraiment contrôlée, ni soignée.
Ses pulsions commencent dès le plus jeune âge, en 1962, il a 16 ans à peine.
Il commet sa première agression sexuelle sur un jeune garçon, il sera envoyé quelques mois en maison de redressement, ce qui le calmera un temps.

1969, nouvelle pulsion, nouvelle agression à Mouscron en Belgique.
Cette fois-ci il agresse un jeune garçon de 9 ans, Francis Evrard se fera interner dans une structure d’accueil spécialisée pendant 4 ans et par la suite se fera expulser du pays.

1975, il est à nouveau condamné par la Cour d’Appel de Douai après avoir commis des violences sexuelles sur mineur, le verdict sera 15 ans de prison ferme, il sera libéré au bout de 9 ans, avec remise de peine habituelle et sans surveillance particulière…

Bien évidemment, sans suivi, ses pulsions et idées perverses sont toujours aussi présentes.
Malheureusement il récidivera en 1985 et sera incarcéré pendant 3 ans.
Une fois de plus un prédateur multirécidiviste est en liberté.

Reproduction d'une photo parue dans la presse en 1984 de Francis Evrad, un pédophile récidiviste qui a été mis en examen le 17 août 2007 par un juge lillois pour "enlèvement et séquestration, viols et agressions sexuelles en récidive" sur Enis, un enfant de cinq ans, et placé en détention. Francis Evrard, 61 ans, est soupçonné d'avoir enlevé l'enfant le 15 août 2007 vers 14H30 et de l'avoir violé dans un garage fermé à Roubaix, où il a été arrêté le lendemain à 00H10 en présence de sa victime. Il a déjà été condamné en 1975 à 15 ans de réclusion criminelle pour des attentats à la pudeur sur mineurs, en 1985 à quatre ans de prison pour des faits identiques et en 1989 à 27 ans de réclusion, dont deux tiers de sûreté, pour des viols sur deux garçons de sept et huit ans. AFP PHOTO

Reproduction d’une photo parue dans la presse en 1984 de Francis Evrad, un pédophile récidiviste qui a été mis en examen le 17 août 2007 par un juge lillois pour “enlèvement et séquestration, viols et agressions sexuelles en récidive” sur Enis, un enfant de cinq ans, et placé en détention. Francis Evrard, 61 ans, est soupçonné d’avoir enlevé l’enfant le 15 août 2007 vers 14H30 et de l’avoir violé dans un garage fermé à Roubaix, où il a été arrêté le lendemain à 00H10 en présence de sa victime. Il a déjà été condamné en 1975 à 15 ans de réclusion criminelle pour des attentats à la pudeur sur mineurs, en 1985 à quatre ans de prison pour des faits identiques et en 1989 à 27 ans de réclusion, dont deux tiers de sûreté, pour des viols sur deux garçons de sept et huit ans. AFP PHOTO

Quelques semaines après sa sortie de prison en 1989, il recommencera les mêmes faits avec de jeunes garçons.
Cette fois il repartira en prison pour une durée de 27 ans pour viol aggravé sur deux jeunes garçons de 7 et 8 ans, il en sortira au bout de vingt ans avec un suivi socio- judiciaire (qui ne sera pas respecté) et avec une ordonnance et une prescription pour du Viagra*.
Pour un pédophile multirécidiviste cela semble irréel et amène à constater les carences dans le suivi des pédocriminels.
En effet, comment expliquer qu’un homme incarcéré pour des faits aussi graves et étant déclaré comme pédocriminel, ne soit plus considéré comme tel dès sa sortie de prison?

Après avoir effectué sa très longue peine, il revient vivre dans un garage sur Roubaix où il traîne de bistrots en bistrots. Au bout d’un mois et demi, ses pulsions lui reviennent.
Il part donc se balader dans une braderie réputée de Roubaix pour pouvoir assouvir ses envies et trouver une proie. Il croise le chemin du jeune Enis, 5 ans, assis sur le seuil de sa porte, le petit ne sachant pas faire ses lacets, Evrard lui propose de l’aider et le touche de façon perdicieuse en lui faisant croire qu’il va lui offrir des cadeaux et des gourmandises, entres autres…

“L’enfant disparaît dans cette foule noir de monde aux mains d’un dangereux prédateur”

Le calvaire du petit garçon commence dans le garage sordide où vit Francis Evrard, qui le fit s’allonger sur un matelas miteux, lui administre un tranquillisant et abuse du jeune Enis.
Pendant ce temps là, du côté de la famille d’Enis, l’alerte enlèvement est lancée, les témoignages affluent et la description de Francis Evrard apparaît.
L’avis de recherche se met en place, les voisins, les amis, tout le monde cherche “le petit Ribery”, son surnom dans le quartier où il habite.

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Au bout de quelques heures, un chauffeur de taxi vient annoncer au commissariat central de Roubaix l’endroit où il a déposé le pédocriminel et l’enfant quelques heures auparavant.
Immédiatement des patrouilles s’y rendent et à l’aide de chiens renifleurs, ils retrouvent très vite le prédateur et procèdent à son arrestation.
L’enlèvement et les sévices auront duré presque 8 heures.
Il minimisera les faits lors de sa garde à vue dans un premier temps, puis, il avouera avoir abusé de plus de 40 enfants tout au long de sa vie hors de la prison.
Entre-temps, il fera une demande au président de la République de l’époque, Nicolas Sarkozy, pour être soigné, en demandant l’ablation de ces testicules de manière chirurgicale.
Ce qui restera vain et sans réponse car ce procédé n’est pas pratiqué en France.

Je ne suis pas une bête…Je suis un être humain comme tout le monde…Je ne suis pas une bête …”

Le procès débute en Octobre 2009, Francis Evrard entre en scène, ce qui l’inquiète en ce début de procès, c’est ce que les gens penseront de lui.
Dès le premier jour, il reconnaît la quasi totalité des faits reprochés, bien qu’il minimisera de temps à autres, certains détails en reportant sans cesse la faute sur la justice française qui n’a rien fait pour le soigner, mais de son côté a-t-il rempli toute ses tâches s’il voulait vraiment se faire soigner comme il le prétend?
Il parle de ses pulsions bien trop nombreuses, où il se transforme, où il n’est plus lui même et ne se contrôle plus:

“Quand ça monte en moi, c’est comme une vague qui me submerge”

Selon lui, il ne représente pas un danger, il prétend ne pas vouloir passer le restant de ses jours derrière les barreaux, il veut être soigné, d’ailleurs comme il l’explique pendant l’audience:

“Je préfère ne plus pénétrer d’enfants car de toute façon je ne jouirai pas”

Il remerciera le juge pour l’attention qui lui a été accordée pendant ces cinq longues journées de procès, de réquisitions et de plaidoiries…
Sans jamais prendre en compte la réalité du pourquoi de sa présence.

“C’est la première fois qu’on me pose autant de questions sur moi, ça me fait plaisir”

Très à l’aise et comme pour tenter de justifier son geste, il dévoile les faits de viols qui ont été commis sur sa personne vers l’âge de 10 ans, et se justifie par cela, en se considérant comme incapable d’assumer ses propres responsabilités.
Très incohérent sur les faits, on ne se saura jamais le fond de sa véritable histoire d’abus sexuel.
Une ex compagne d’Evrard vient témoigner à la barre, elle dira qu’il lui avait avoué à l’époque:

“Être attiré par elle parce qu’elle ressemblait à un jeune garçon”

Ensuite, le papa d’Enis vient faire sa déclaration et donner son ressenti sur les choses qui lui ont été infligée ainsi qu’à son fils, ses parents, ses proches…
Un homme en grande souffrance commence à parler de son jeune fils, Enis, ses passions, son caractère, la complicité père/fils ( …) Des larmes et des remords.
Puis il raconte l’enlèvement, la panique qui s’empare de tous et qui lui fait perdre ses moyens.
A ce jour, il a encore beaucoup de difficultés à tourner la page sur le fait qu’il n’ait pu être là pour son fils au moment des faits.
Le docteur Guivarche, pour sa part, a rencontré Evrard dans le cadre de sa sortie de prison où il lui a prescrit du Viagra…

“Et donc la prescription de Viagra s’est faite parce qu’il m’a parlé de ses difficultés sexuelles et qu’il voulait refaire sa vie et avoir des relations avec des femmes à sa sortie de prison…”

Ce médecin de la prison expliquera: “Nous sommes soumis au secret médical, nous n’avons pas accès au dossier pénal”, il ne savait donc, apparemment pas, à quel genre de personne il faisait cette prescription…
Et ne sera pas sanctionné pour cette faute grave.
Rappelons qu’Evrard est considéré comme un pédocriminel, car la justice ne peux rien faire pour lui tant au niveau des traitements qu’au niveau de l’ablation des testicules ou castration chimique, qui au fond ne servira pas à grand chose étant donné que sa pédophilie est ancrée en lui et ce depuis toujours.

L’avocat général dira:

“Vous êtes l’erreur du système, on ne peut rien pour vous vous avez entendu?
On ne peut rien pour vous actuellement…”

Le verdict sera rendu au bout de cinq jours…
Ce sera 30 ans de réclusion criminelle avec une peine de sûreté de 22 ans et une obligation de soins.

La question que nous pouvons nous poser aujourd’hui est, que fait-on réellement pour ces pervers criminels pendant leur réinsertion et éviter ainsi les récidives?
En France, aucune structure n’est mise en place pour prévenir et sensibiliser sur le sujet, rien n’est mis en place de façon structurée pour accueillir cette population qui présente des troubles sexuels pervers comme la pédocriminalité, il semble certain que la prison seule ne suffise pas à “guérir” ces troubles!
Nous ne pouvons que constater les manquements venant de la justice, en sachant que ce n’est pas, malheureusement, un cas isolé!

Par cet article, l’équipe de Wanted Pedo, rend hommage à toute les victimes de ce pédocriminel:

Michel 6 ans, Giuseppe 11 ans, Thierry 9 ans, Alain 13 ans, Thomas 8 ans, Olivier 7 ans, Enis 5 ans.
(âges au moment des faits)

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