L’affaire du “L’école en bateau” date des années 90, date de dépôts des premières plaintes.
L’école en bateau était une association qui recevait de jeunes ados sur un ancien bateau de pêche transformé en centre d’accueil.

Objet : «favoriser l’épanouissement intellectuel, psychologique et social de l’enfant».

Pourtant plusieurs anciens «élèves» mineurs à l’époque des faits se sont plaints d’avoir subi des sévices sexuels de la part du skipper Léonid Kameneff qui était aussi le directeur de l’association.
Les policiers identifieront ainsi une trentaine de victimes (garçons pour l’essentiel) pour lesquels il n’y avait pas encore prescription.

Léonid Kameneff

Léonid Kameneff

Rappel des faits:

1969 : début de l’école en bateau. Kameneff embarque quelques jeunes

1980 : début officiel de l’Ecole en bateau

1982 : Kameneff aurait été inquiété par la Justice dans l’affaire Coral, un lieu de vie dont on a dit qu’il abritait des partouzes pédophiles où le gotha du PS et des «intellectuels de gauche» se seraient souvent rendus le week end.
340 personnalités avaient été impliquées dans cette affaire avant d’être blanchies par l’un des accusateurs, qui lui a été en prison.

1994 : Premières plaintes par un jeune, alors que le bateau est en escale en Martinique. Kameneff est alors brièvement arrêté en décembre.

Février 1995 : le dossier est annulé en raison d’un vice de procédure, Kameneff est relâché.
A partir de là, il reste dans les eaux internationales pour ne pas être arrêté à nouveau.
Il ne fait escale que dans des pays où aucun accord judiciaire n’existe avec la France.
A ce moment, 500 jeunes ont déjà navigué avec l’Ecole en bateau.

1999 – 2001 : nouvelle vague de plaintes à travers la France.
D’après le JDD du 9 mai 2008, «Le dossier est successivement instruit à Bordeaux, Lille, puis Fort-de-France en 2001. Rien ne se passe».
Une dizaine d’éducateurs sont mis en cause par les victimes.

2006 : l’enquête redémarre à Paris après s’est enlisée à Fort de France.

Mai 2007 : mandat d’arrêt international contre Kameneff et Bernard Poggi, le second du bateau.

31 janvier 2008 :Kameneff est arrêté à Caracas et mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans.
Kameneff est enfin extradé du Venezuela, où il a squatté dans les eaux internationale avant d’être arrêté à Caracas.

2008 : 12 victimes sur 27 victimes non prescrites se constituent partie civile.
La juge Nathalie Dutartre, qui instruit le dossier, dira au Post que «Il ne faut pas faire de surinformation car les choses sont assez compliquées. Cela risquerait d’indisposer les autorités».

Septembre 2009 : Kameneff est libéré sous contrôle judiciaire.
On nous dit qu’il est vieux et que bon, à cet âge on peut bien le libérer.
En effet, à 75 ans en 2012, il a réussi à échapper à la Justice depuis au moins 30 ans.

2011 : 11 plaignants attaquent l’Etat, qui a manifesté toute la mauvaise volonté possible pour enquêter et faire condamner Kameneff et les pédophiles de l’Ecole en bateau.
Pourtant, à ce moment on dénombrait déjà une centaine de victimes rien que pour Kameneff.

Mai 2011 : Kameneff et quatre autres personnes sont renvoyées devant les assises.

Février 2012 : l’Etat est condamné à verser 245.000 euros pour avoir mis autant d’années à «enquêter».
Et à condamner Kameneff, dont le procès n’est toujours pas annoncé.

Une victime de ces pédophiles expliquait au Parisien du 9 décembre 2010 :

Que se passait-il à bord du «Karrek Ven»?
En fait, ça a commencé bien avant d’embarquer.
Avant de prendre la mer, on devait participer à un stage sur une péniche amarrée sur la Seine pour savoir si nous étions aptes à la vie en communauté.
Là, c’était séance de sauna collective pour découvrir nos corps.
En mer, certains responsables se livraient à des attouchements, des viols.
On nous encourageait à avoir des rapports sexuels avec des adultes ou entre nous.
Celui qui refusait était mis à l’écart.
C’était un piège infernal.
Comment fonctionnait ce piège?
Tout était fait pour avoir le sentiment d’appartenir à une communauté privilégiée.
Mais il y avait un revers.
Léonid Kameneff est un manipulateur brillant.
Il a utilisé cette idéologie de la libération de l’enfant pour assouvir ses déviances.
La justice dispose de mon livre de bord où je racontais ce que nous subissions.
Je collais les pages pour que personne ne vienne les lire
.

Dans le même journal du 18 mai 2008, on nous dit que «Plusieurs jeunes équipiers ont raconté aux enquêteurs l’ambiance sournoise à bord» où la règle était «la nudité imposée», sans oublier «les relations sexuelles forcées» entre les jeunes eux-mêmes et les adultes à bord de l’ancien thonier.
Un bateau restauré à grands frais par une association bretonne en 2005.
«Un véritable fascisme pédophile», se souvient Ronald Lason, témoin de scènes outrageantes et ancien équipier à bord de ce bateau
.
Ronald Lason a été embarqué sur le Karrek Ven en 1980, quand il avait 13 ans.
Quelque peu désintéressé par l’école, il a été envoyé là par ses parents, qui avaient navigué avec Kameneff auparavant.

L’homme explique au quotidien que «Il régnait clairement à bord une ambiance hautement pédophile.
C’était même du fascisme car la liberté de Léonid Kameneff n’était que la sienne.
Les enfants n’avaient pas d’autres choix que de subir ses assauts.
C’était une pression constante.
Il avait instauré à bord une règle prônant une liberté sexuelle totale entre adultes et enfants.
Il se refusait à faire toute différence.
Mais à l’époque, cette nudité commune ne choquait personne.
Le dénoncer n’était même pas concevable, car il était une sorte de gourou de la sexualité libre chère à quelques soixante-huitards.
On ne peut que trop facilement imaginer ce qui s’est passé pendant trente ans à bord du voilier avec des enfants
». Pour être bien vu, les enfants devaient céder aux avances de Kameneff, et se balader nus comme il l’imposait.

D’ailleurs, en lisant la doctrine de l’Ecole en bateau et le récit fait par ses adeptes, on comprend qu’un certain nombre d’enfants ont été renvoyés fissa pour «inadaptation à la vie du bord», comme ils disent.
On imagine à quoi était due cette «inadaptation».
En 1992, Ronald Lason revoit Kameneff une fois : «Il m’avait raconté qu’il voulait transformer le bateau et supprimer toutes les cabines pour ne faire qu’un seul grand lit à bord où tous dormiraient ensemble.
J’ai compris qu’il n’avait pas changé
».

Enfin, il faut savoir que cet esprit pseudo libertaire, mais qui en réalité avait pour but d’éliminer la notion de consentement des mineurs quand un vieux pervers veut les violer, est toujours en vogue, même si aujourd’hui on le dit différemment.

Si, en 1985, il pouvait se trouver une «journaliste», Catherine Baker, pour défendre le bien fondé des abus sexuels au Coral (et ailleurs), plus personne n’oserait dire aujourd’hui que «Je ne mets pas en doute, moi, que Claude Sigala et ses amis aient voulu réellement éviter à des enfants psychotiques l’horreur sans nom des institutions auxquelles on les condamnait.»
Pourquoi?
Parce qu’ils ont été bouleversés par des êtres bouleversants.
L’amour circule au Coral, pas l’amour béni des éducateurs pour «ces pauvres créatures qui ont bien besoin d’affection, mais l’amour.»

Caresses?
Sexualité?
N’est-ce pas la moindre des choses?
Et Sigala a parfaitement raison de dire que l’habituelle «réserve» des spécialistes d’enfants est un viol.
S’il fallait protéger les enfants, ce n’est pas contre l’amour mais contre le manque d’amour qu’il faudrait s’élever, Le non-désir, le refus de tendresse font sur cette planète autant de mal que le viol.
Et pourtant, c’est vrai que le viol est une torture inqualifiable
.

Ce qui est impressionnant dans cet article, c’est que Baker ne cherche pas du tout à nier la réalité des abus sexuels : pour elle c’est normal, et c’est même très bien.
Non, Baker résume l’affaire Coral à une divergence de vues entre ceux qui disent «Nous aimons les enfants, donc nous les respectons» (comprendre : les pédophiles) et ceux qui disent, ou plutôt à qui Baker fait dire «Vous aimez les enfants, donc vous ne les respectez pas».
Or, aucun défenseur des enfants n’ira dire qu’un pédophile «aime» les enfants.
Un pédophile est un égocentrique, narcissique, qui se moque complètement du gamin dont il veut abuser.

Baker avoue aussi sa «reconnaissance» pour «Léo Kameneff», tout en faisant l’apologie d’un «amour» des plus ambigus sur ses bateaux.
Elle écrit ainsi : «Je ne suis pas étonnée que ce qu’on a appelé les écoles parallèles aient donné prise à toutes sortes d’agitations journalistico-policières dans les têtes.
Je suis au moins reconnaissante à Léonid Kameneff de l’École en bateau d’avoir ôté de la bouche des infâmes commères leurs petits secrets croustillants et misérables.
Il veut, sur ces esquifs anti-scolaires qu’il a lancés, de la tendresse, du désir, de l’amour aussi bien avec les adultes qui sont embarqués dans cette aventure qu’avec les enfants: «Tant que ces rapports ne seront pas possibles, nous demeurerons un mélange de colonie de vacances libérale, d’école nouvelle et de sain chantier de jeunesse 1.»
Il écrit que les enfants ont eu raison de ses pudeurs, qu’ils l’ont «débordé» et «fait bander sans honte».
Il raconte comment il a dû lui-même apprendre à vivre une sexualité moins enfermée, moins enfermante, que cela n’a pas toujours été vrai, qu’il a, par exemple, refusé l’offrande d’un enfant par un stupide embarras, incapable même d’un sourire amical, et qu’il le regrette parce que son «air idiot» a dû blesser l’enfant.
À un autre qui torture des scarabées, arrache aux crabes leurs pinces, il dit trop tard :

On aurait dû faire l’amour ensemble […].
Mais il y a tes interdits.
Il y a ma retenue.
Il y a la loi.

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