08
MAR
2019

Amiens | En prison pour des agressions sexuelles à 78 ans

Le grand-père s’en est pris pendant deux ans à sa petite-fille. Il avait déjà été condamné pour des faits semblables.

C’est l’un des plus vieux détenus de France, si ce n’est le plus vieux. Originaire de Picardie, Auguste (prénom changé) dort derrière les barreaux de la prison d’Annoeuillin (Nord) depuis février 2016.

Il a alors été condamné à cinq ans ferme pour des agressions sexuelles sur deux petites filles. En 2005, déjà pour des faits identiques commis sur une seule victime, il avait écopé d’un an avec sursis.

« On n’en savait rien », tremblent les parents de la quatrième enfant, qui a révélé son calvaire lors d’une réunion de famille, en octobre 2015, dans un village du Santerre. Régulièrement, le papi et sa compagne la gardaient à son domicile ou, pendant les vacances, dans un camping de la côte picarde. L’enfant, âgée d’une dizaine d’années, décrit des faits étalés sur 25 mois : des caresses, des tentatives de pénétration digitales, l’exhibition du sexe masculin, des frottements et des cunnilingus.

« La peau des enfants, c’est doux »

Le vieillard est atteint par plusieurs cancers. Il entend mal mais s’exprime clairement. Aucune altération de responsabilité n’a été décelée par le psychiatre.

À l’audience du mardi 5 mars, il reconnaît tout sauf les pénétrations (« c’est trop jeune »). L’homme analyse assez froidement ses tendances pédophiles : « La peau des enfants, c’est doux, c’est beau ». Lui qui ne « bande plus depuis vingt ans » date son basculement de sa retraite : « Il arrive un moment de la vie où il se passe des choses dans nos vieux cerveaux ». La présidente intervient : « Non monsieur, tous les retraités ne touchent pas les petites filles ».

Avec tant de franchise, on peut au moins donner crédit à ses regrets, même s’ils semblent encore centrés sur sa personne : « Je savais bien que c’était pas normal. Je regrette amèrement parce que je ne verrai plus mes enfants et mes petits-enfants. J’ai broyé… J’ai éteint l’amour… »

« Une affaire classée »

Les parents de la fillette regrettent de n’avoir jamais été informés de l’instruction de leur dossier : « On découvre tout lors de cette audience. On pensait qu’il était en prison pour notre affaire ».

Leur fille s’en était d’ailleurs félicitée :

« Il est en prison pour ce qu’il a fait, c’est bien ». Ils considèrent qu’elle paie encore les conséquences des multiples agressions qu’elle a subies :

« Elle manque de confiance en elle. Dès que quelqu’un lui fait une remarque, elle se renferme. On en a beaucoup parlé au début. Maintenant, on n’en parle plus. Pour elle, c’est une affaire classée ». « Ce ne sera jamais une affaire classée », leur indique avec douceur la présidente Raeckelboom.

Le procureur Jost, pour des faits « intolérables », requiert six ans ferme. Le tribunal prononce cette peine mais ordonne, pour moitié, la confusion avec la peine de 2016. Si son état de santé le permet, le grand-père restera en détention au moins jusqu’à ses 80 ans.

Source : courrier-picard.fr

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