11
JUIN
2019

Argentan | Un cinquantenaire abusait de la petite fille de sa compagne alors qu’elle avait entre 3 et 6 ans

Il abusait de la fillette, petite-fille de sa compagne, dans le pays d’Argentan

L’homme de 55 ans, vivant aujourd’hui dans les Pyrénées-Atlantiques, était présent mardi devant le tribunal correctionnel d’Argentan.

Le tribunal d’Argentan a condamné, mardi 4 juin 2019, à un suivi socio-judiciaire un homme à qui il est reproché d’avoir entre le 1er décembre 2009 et le 31 mars 2012, abusé sexuellement de la petite fille de sa compagne.

En septembre 2015, une maman dépose plainte à la gendarmerie. Elle explique que sa fille Marie (prénom d’emprunt) a été victime d’agressions sexuelles, alors âgée entre 3 et 6 ans, de la part d’un certain Marco (prénom d’emprunt).

Selon les révélations de sa fille, il se met nu devant elle et feraient l’amour lorsqu’ils sont seuls.

Peur de se faire gronder

Le jour de son audition, Marie n’a que 8 ans. Elle explique que, lorsqu’il est seul, il se met nu, il lui demande de lui toucher le sexe. Il la caresse. Elle n’en a jamais parlé parce qu’elle a peur de se faire gronder. Elle ajoute qu’il l’a pénétrée un peu, elle a eu mal mais pas longtemps.

Ce Marco est le compagnon de la grand-mère de la petite depuis plusieurs années, mais il ne vient chez elle que lorsqu’il n’est pas en déplacement. Ces derniers mois, il est resté plusieurs mois à la maison pour une convalescence à la suite d’une opération.

L’émotion reste vive des années après

Une expertise pratiquée sur cette jeune victime ne révèle

« pas de trouble psychique. Elle n’est pas affabulatrice et son audition ne semble pas avoir été influencée. Son émotion reste vive à l’évocation des faits ».

C’est un homme aujourd’hui âgé de 55 ans, vivant dans les Pyrénées-Atlantiques, qui se présente à la barre le mardi 4 juin.

« Je voudrais demander pardon à Marie. Je ne l’ai jamais pénétrée mais je reconnais lui avoir pris la main deux ou trois fois pour me caresser le sexe […] Je ne l’ai jamais déshabillée et je ne me suis jamais déshabillé devant elle. »

Il déclare avoir été lui même victime à 8 ans

La présidente l’interroge donc :

– Alors comment expliquez-vous que Marie a déclaré que vous vous étiez déshabillé ?

– Je ne me suis pas déshabillé entièrement.

– Vous lui avez caressé les fesses ?

– Non. Mais lorsqu’elle venait sur moi, je la tenais ce qui peut être interprété comme des caresses.

Il déclare qu’il aurait lui-même été victime d’agressions sexuelles lorsqu’il n’avait que 8 ans.

« Je me suis dégoûté »

« Vous n’avez pas d’explications sur votre comportement ? »,

reprend la présidente.

– Non, je reconnais ces trois faits, je me suis dégoûté. Je me sentais mal d’avoir fait çà. Je n’avais plus d’attirance pour ma compagne, je suis parti.

« Vous aviez une attirance physique pour Marie ? »,

interroge la procureure.

« Non pas du tout, je ne comprends pas ».

– Alors avez-vous des attirantes pour les petites filles ou les petits enfants ?

– Non pas du tout.

– Vous avez déclaré aux gendarmes que c’est Marie qui vous cherchait.

– Oui mais ce n’est pas vrai, j’avais peur.

Tant qu’il n’est pas traité, il reste un danger potentiel

L’avocate de la partie civile rappelle que ce Marco est quelqu’un d’apprécié par toute la famille ce qui rend difficile les révélations de sa très jeune cliente qui selon elle n’a aucune raison de mentir.

Elle reste toujours constante dans ses propos avec un discours cohérent.

Au regard des souffrances, elle sollicite la somme de 7000 € au titre du préjudice moral et 600 € pour les frais de justice.

Pour le ministère public, si les faits sont jugés si longtemps après les révélations de la victime c’est parce qu’il a été très difficile de localiser le prévenu qui déménage très souvent.

Il est aujourd’hui incapable de nous expliquer ce qu’il s’est réellement passé si ce n’est ces trois faits où il a demandé à Marie de lui caresser le sexe.

Les faits sont extrêmement graves, il n’y a aucune difficulté sur l’élément intentionnel et requiert une peine de dix-huit mois de prison avec un suivi socio-judiciaire et une interdiction de tout contact avec la victime et tous les mineurs :

Tant qu’il n’est pas traité, il reste un danger potentiel pour les petits enfants lorsqu’il serait alcoolisé.

Pour l’avocate de la défense ce dossier est difficile. Son client a traversé la France pour être aujourd’hui présent et répondre de ses actes, une manière pour lui de demander pardon à Marie et à toutes les personnes a qui il a pu faire du mal.

Selon elle, la jeune victime aurait répondu à des questions orientées. Elle ajoute qu’il ne peut pas être reproché des faits de viol, il n’est pas poursuivi pour ça.

Elle revient sur sa personnalité, ce n’est pas un enfant désiré, qu’il n’a pas été aimé par sa famille. Il a été abandonné par sa mère et par un père absent. Il n’a pas supporté le décès de sa femme qui a succombé à un malaise cardiaque dans ses bras.

Si son client souffre d’une altération du discernement, il n’a pas été mis en évidence de trouble pervers. Elle demande au tribunal de ne tenir compte que des faits qui lui sont reprochés et de tous ces éléments pour le juger et de réduire à de plus justes proportions les indemnités sollicitées par la partie-civile.

C’est en pleurs que le prévenu présente à nouveau ses excuses à la jeune Marie et à toute sa famille.

Après en avoir délibéré, le tribunal le condamne à un suivi socio-judiciaire d’une durée de trois ans avec les obligations de répondre à toutes les convocations, d’indiquer ses changements de résidence et d’emploi.

Il ordonne une injonction de soins en addictologie et en psychologie, lui interdit d’entrer en contact avec la victime et de l’indemniser à hauteur de 3 500 € pour le préjudice subi et 500 € pour les frais de justice. Il ordonne également son inscription au FIJAIS (fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes).

Toutes les condamnations prononcées devant le tribunal correctionnel sont susceptibles d’appel et ne sont donc pas définitives avant expiration du délai d’appel de dix jours.

Source : actu.fr

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