08
FéV
2020

Auvergne-Rhône-Alpes | Des citoyens traquent les pédophiles sur internet

Depuis quelques semaines, une cinquantaine d’internautes répartis dans toute la région se sont constitués en collectif. La “Team Artémis” se présente comme un mouvement citoyen, qui tente de démasquer les prédateurs sexuels actifs sur les réseaux sociaux.

Illustration. Radio Scoop

C’est une pratique encore récente en France, qui s’est surtout développée au Royaume-Uni. Au nom de la protection des enfants, des groupes se créent pour lutter contre la pédophilie via les réseaux sociaux.

Dans la région, la “Team Artémis”, active depuis plusieurs semaines, entend prêter main forte aux forces de l’ordre en leur délivrant des informations. Pas si simple.

“On commence par se créer un compte sur Facebook, avec un faux profil d’adolescent”, explique Anouck, 22 ans.

Originaire de l’Isère, la jeune femme témoigne sous couvert d’anonymat. Elle détaille le procédé, toujours le même.

“Je rejoins des groupes sur Facebook, et très rapidement, je suis contactée par des adultes.”

Toutes les discussions engagées ne tombent pas sous le coup de la loi.

“Parfois ce sont des banalités échangées par messages, sans que ça n’aille plus loin”, poursuit Anouck.

“Et puis il y a des prédateurs qui m’ont demandé, dès les premiers messages, de leur envoyer des photos de moi nue, la taille de mes seins ou bien savoir si j’avais envie de faire l’amour.”

Les membres du groupes se sont fixés des règles claires : ne jamais provoquer la discussion et rappeler régulièrement qu’ils sont mineurs.

Dès lors qu’il y a des avances explicites formulées à l’encontre du faux profil, Anouck essaie de collecter le plus d’informations possible.

“Certains prédateurs ont des pseudos, mais d’autres discutent carrément avec leur vrai nom et leur vrai prénom”, explique-t-elle.

En quelques clics, elle parvient à trouver l’adresse du pédophile présumé.

Le collectif assure avoir constitué une dizaine de “dossiers”, qui pourraient faire l’objet de plaintes.

C’est là que ça coince.

“Les forces de l’ordre refusent de prendre en compte nos signalements”, regrette Anouck qui assure “ne pas vouloir faire le travail de la police.”

La jeune femme explique agir dans le respect des lois : elle cite d’ailleurs plusieurs articles du Code Pénal.

Selon l’article 227-22-1 :

“Le fait pour un majeur de faire des propositions sexuelles à un mineur de quinze ans ou à une personne se présentant comme telle en utilisant un moyen de communication électronique est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende. Ces peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende lorsque les propositions ont été suivies d’une rencontre.”

En théorie, policiers et gendarmes peuvent utiliser les informations qui leur sont transmises pour ouvrir une enquête.

Encore faut-il que les preuves soient suffisantes.

Au niveau régional, la gendarmerie reconnaît une sorte de “vide juridique” : rien ne permet aujourd’hui d’encadrer de telles pratiques.

Par ailleurs, quand une enquête est ouverte, aucune information ne peut être communiquée à ces internautes quelles que soient leurs intentions, en raison du secret de l’instruction.

Source : Radio Scoop

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