Un prêtre suisse déjà soupçonné de pédophilie dans son pays a été transféré en Belgique par sa fraternité.

L’une de ses missions était pourtant de surveiller un dortoir dans une école.

L’homme est désormais devant la justice belge et sa congrégation admet enfin que ce dossier a été mal géré.

L’abbé venait le soir dans le dortoir

Aujourd’hui, l’homme est accusé d’atteinte à la pudeur avec violences et menaces sur trois garçons de moins de 16 ans.

En première instance, le prêtre de 39 ans a été acquitté.

Le prévenu nie les faits.Mais, le Parquet a fait appel.

C’est dans une école catholique au coeur de Bruxelles, – l’école Notre Dame – que les faits se seraient produits entre 2010 et 2011.

Dans le procès verbal, un enfant raconte: “L’abbé venait le soir dans le dortoir où je dormais avec d’autres enfants. Il baissait mon pantalon de pyjama et suçait mon kiki”.

Déjà l’objet d’un signalement

Ce que l’on ignorait à l’époque, c’est que ce prêtre avait déjà fait l’objet d’un signalement six ans auparavant à Ecône, en Suisse.

En 2005, la fraternité Saint-Pie X organise un camp de vacances pour jeunes.

Quelques semaines plus tard des parents avertissent les responsables religieux: leur fils aurait été victime d’un abus sexuel pendant le camp.

Une enquête est alors ouverte par la fraternité mais faute de preuves, l’affaire est classée. Pourtant, un document interne interpelle.

On y découvre que “par prudence et vu qu’un soupçon de crime demeurait, l’abbé sera surveillé sur ses faits et gestes dans ses relations avec les enfants et les adolescents pendant une période de dix ans. Il lui est aussi interdit de participer de quelque manière que ce soit à des camps d’enfants ou d’adolescents pendant la même période.”

Pas sous le coup de l’obligation légale

A aucun moment, la justice suisse n’a été saisie du dossier car cette affaire restera interne.

Pour la première fois, la fraternité s’exprime publiquement.

Christian Thouvenot, secrétaire général de la fraternité, explique: “Les supérieurs ont consulté un homme de loi. Nous n’étions pas sous le coup de l’obligation légale de dénoncer et donc il n’y avait pas obligation de le faire d’un point de vue strictement légal.”

Pourtant, 3 ans plus tard, la fraternité transfère l’abbé à . Il est dans un centre où se trouve une école où il est chargé occasionnellement de surveiller les dortoirs de l’internat.

Comment expliquer une telle décision?

“C’est tout à fait anormal, cela n’aurait pas du se produire. Le lieu d’affectation de notre confrère dans cette école n’était pas idéal. Nous assumons nos responsabilités mais il n’y a pas eu contournement des mesures”.

Le prêtre incriminé est toujours libre et vit actuellement en Suisse en attendant la reprise du procès fixée au 11 octobre prochain.

Cette affaire tombe au plus mal car un autre prêtre de la même fraternité vient d’être condamné à 16 ans de prison pour viol.

Source : RTBF