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AOûT
2019

Belgique | Il fait croire à des adolescentes qu’elles vivent dans un monde virtuel pour les violer

Un homme âgé de 24 ans encourt une peine de huit ans de prison pour abus sexuels et traitements inhumains sur deux adolescentes de 15 ans.

Le prévenu avait tellement manipulé ses jeunes victimes qu’elles lui ont concédé des rapports sexuels contre leur gré

Les faits remontent initialement à l’été 2017. Ruben M., un jeune photographe, se rend alors dans un manège de Wolvertem, dans le Brabant flamand.

Entouré de très jeunes filles qui lui témoignent un certain intérêt, le photographe se sent flatté.

C’est là que deux adolescentes de 15 ans originaires de Grimbergen lui tapent dans l’œil. Il cherche immédiatement le contact avec elles et rapidement, il parvient à les embrigader dans un jeu excessivement malsain.

Gilbert

L’homme, qui se révèle maître en manipulation, parvient, au fil des conversations, à leur faire croire qu’elles sont en réalité coincées avec lui dans un monde virtuel. Que ce monde a un nom, “Phoenix of Germany”. Dans cet univers fantasmé, il prétend être en guerre avec un certain Gilbert, son alter ego. La supercherie semble grotesque mais, étape par étape, il parvient à entraîner les deux adolescentes dans son délire et à les sommer de réaliser pour lui de nombreuses “missions”.

Chantage et menaces

L’individu parvient, à force de persuasion, à leur faire notamment croire qu’elles doivent réaliser des épreuves pour le “sauver des bombardements” ou même pour épargner la vie de leur chevaux bien-aimés au manège. De fil en aiguille, les victimes gobent tout ce que l’homme leur raconte. Dans cet univers où les sentiments et le chantage jouent leur rôle, les missions prennent un tournant de plus en plus pervers et l’individu parvient enfin à son but.

Totalement sous sa coupe, les deux adolescentes finissent par accepter des missions de nature sexuelle. À cette fin, le jeune homme leur impose régulièrement de s’adonner, sous 24 heures, à des pratiques sexuelles très poussées avec lui. Persuadées que le pire risque d’arriver si elle ne se plient pas aux ordres de “Gilbert”, les deux victimes accèdent, souvent en larmes, à ses demandes.

Faux bruits de fusillades

Cette situation intenable se poursuit durant des mois. Ruben M. parvient à isoler les jeunes filles de leur famille et amis afin que le pot-aux-roses ne soit pas dévoilé. Les résultats scolaires des victimes dégringolent. Pour garder le contrôle sur elle en continu, le bourreau ne leur laisse aucun répit: il les appelle jour et nuit avec des missions et des ordres à accomplir.

Parfois, lorsqu’elles doutent, il les appelle en panique en se prétendant poursuivi par des assaillants armés. En fond sonore, elles entendent des coups de feu.

En réalité, le manipulateur met tout en scène: il enclenche simplement un jeu vidéo violent derrière lui. Épuisées et hypnotisées, les adolescentes continuent à le croire.

“Mon atler ego les a violées, pas moi”

Finalement, l’une des victimes réalise que tout ce monde virtuel n’est qu’une chimère et que Ruben M. abuse probablement d’elles. Elle se confie au PMS. En décembre, l’homme est interpellé à la sortie de l’école alors qu’il attend ses victimes.

Lors de ses premières auditions, Ruben M. feint la schizophrénie devant le juge d’instruction: “Gilbert les a violées, pas moi”. Mais le magistrat n’est pas dupe comme une adolescente de quinze ans: il place l’individu en détention préventive. Après quelques mois en cellule, le prévenu tient soudain un tout autre discours devant le tribunal correctionnel de Bruxelles: “Je suis désolé.

Je suis allé beaucoup trop loin. Je n’ai pas fait tout cela pour le sexe. Je savourais l’attention qu’elles me témoignaient. Je n’en recevais pas de telle de la part des femmes de mon âge”.

“Tu n’imagines pas à quel point tu as détruit nos vies”

Les deux victimes étaient présentes à l’audience. Elles ne se sont pas adressées directement à leur violeur, mais lui avaient écrit une lettre:

“Est-ce que tu réalises à quel point tu as détruit nos vies? Nous n’étions pour toi que des objets dans ta réalité déviante, nous n’étions que des jouets à tes yeux. Si seulement nous ne t’avions jamais rencontré. Tu ne peux même pas imaginer à quel point nous t’abhorrons. Heureusement, il y a une fin à tout. Enfin, nous voilà délivrées de ton emprise. Désormais, nous ne voulons plus qu’une chose: que tu nous laisses tranquilles, nous et nos proches”.

“Mon client doit être interné, pas jugé en correctionnelle”

L’avocat du prévenu, Boris Reynaerts, s’étonne de son côté que l’affaire soit traitée devant le tribunal correctionnel: “Il en va de quelqu’un qui doit être interné. C’est un autiste en décalage avec la réalité. Et je veux également préciser qu’il entretenait, avec l’une des deux jeunes filles, une relation parfaitement normale dans laquelle les relations sexuelles étaient consenties de part et d’autre”, a-t-il plaidé.

Le parquet a de son côté requis huit ans d’emprisonnement pour viols sur mineures de moins de 16 ans et traitements inhumains.

Le jugement sera prononcé le 30 août.

Source : faits-divers

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