01
JUIN
2019

Blain | Un sexagénaire condamné à 4 ans avec sursis pour agressions sexuelles sur 3 enfants de 4, 8 et 12 ans, plus de vingt ans après les faits

Mardi 28 mai 2019, un homme originaire de Blain (Loire-Atlantique) a comparu devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire pour avoir agressé sexuellement des garçons en 1996.

Illustration – ©Pixabay

Mardi 28 mai 2019, sur le banc des victimes du tribunal correctionnel de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), trois frères, venus de Cherbourg (Manche), pleurent à chaudes larmes, revivant les années 1996-97, alors qu’âgés de 4, 8 et 12 ans, ils étaient soumis aux agressions sexuelles du compagnon de leur mère.

À deux pas, celui qu’ils n’ont jamais revu depuis, est en fauteuil roulant.

Il s’agit d’un homme originaire de Blain (Loire-Atlantique), aujourd’hui âgé de 65 ans.

Après une séparation, leur mère s’était en effet installée à Caen (Calvados) avec ses enfants, dans un studio où le prévenu était venu les rejoindre.

Une promiscuité et une absence régulière de la maman qui ont facilité ses agissements…

Détail d’importance : les enfants subissaient la même chose, mais sous la contrainte, ils n’en parlent pas.

Et pour cause, l’aîné confiera à la barre :

Il nous disait que si on le répétait, il partirait et qu’on serait à la rue, puisqu’il était le seul à travailler.

On avait peur. »

Les trois victimes ont eu beaucoup de mal à se construire.

C’est seulement en 2012, 16 ans après les faits que le deuxième s’en est ouvert à ses frères.

Et la litanie a été la même pour tous bien qu’entendus séparément devant les enquêteurs :

« caresses, baisers sur la bouche, masturbations, fellations… »

Après une année, les garçons sont partis rejoindre leur père.

Le prévenu n’est jamais venu aux rendez-vous fixés par la justice, notamment à la confrontation, mais il était à la barre.

Après avoir déclaré que les enfants avaient des jeux sexuels entre eux ou qu’ils regardaient des films pornographiques, il n’a fait que des réponses laconiques à la présidente : oui, non, « imagination », « vengeance »…

Vengeance de quoi ? » ;

« Je l’ignore ».

Et cet homme affaibli, qui a fait deux tentatives de suicide de conclure :

« Leurs déclarations, ça me bouleverse. »

L’avocate des victimes a décrit le sentiment de culpabilité, notamment de l’aîné, de n’avoir pu parler, mais aussi les dégâts occasionnés par les réminiscences des souvenirs de cette année-là, les séquelles de la fratrie.

Elle a donné lecture de quelques passages de la lettre testamentaire du prévenu « où il dénigre les victimes ».

La procureure a d’emblée relevé le contraste :

« d’un côté, l’émotion poignante, de l’autre la froideur ».

Elle a dénoncé « les déclarations incohérentes et contradictoires » de celui qui affirme avoir été lui-même violé sur un chalutier.

Mais Me Marteret a plaidé la relaxe, justifiant les déclarations catastrophiques de son client par « un début de détérioration intellectuelle en 2017 », et « décortiquant » les déclarations des enfants, difficiles à comprendre « au vu de la configuration de l’appartement ».

Le parquet avait requis quatre ans de prison dont deux fermes.

Le tribunal a assorti les quatre ans d’un sursis.

Il devra indemniser les trois frères.

Source : Actu

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