12
SEP
2019

Brest | Atteintes sexuelles incestueuses : le doute profite au prévenu

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Ce mardi, le tribunal correctionnel de Brest a relaxé un quinquagénaire, accusé par son ex-beau-fils d’atteintes sexuelles incestueuses alors qu’il était mineur, il y a un peu plus de vingt ans. Faute de preuve

Il y a ce plaignant, 13 ans au moment des faits, 35 désormais, en fauteuil dans la salle d’audience du tribunal de Brest, ce mardi. Handicapé de naissance, il se dit victime d’atteintes sexuelles de la part de l’homme qui partageait la vie de sa mère à l’époque.

Il a déposé plainte en 2017, quasiment vingt ans après. Sa mère lui a demandé pourquoi il était souvent désagréable avec les gens. Il a fini par lui dire ce qu’il s’était passé, en son absence, entre novembre 1997 et avril 1998, dans la région brestoise, durant la demi-heure où elle amenait un autre de ses enfants à l’école. À l’entrée à l’âge adulte, il s’est remémoré ces moments et a compris leur gravité.

En arrêt de travail pour une blessure au poignet, pendant quatre mois, le nouveau compagnon de la dame aurait profité d’être seul à la maison avec l’adolescent, qui commençait à peiner à se mouvoir, pour lui demander de le masturber dans son lit, en présentant cela comme un jeu. Ce dernier dit s’être exécuté, plusieurs fois, sans trop se rendre compte de ce qu’il se passait ni trop savoir comment éviter de devoir recommencer.

« Un peu troublant »
Et puis il y a le prévenu, peu bavard, qui nie absolument après avoir, durant l’enquête et sur les conseils de son avocat, fait jouer son droit au silence sur ses relations avec les enfants de sa désormais ex-épouse.

Le juge Subts a pris le temps de décortiquer la vie pour le moins particulière de cette famille. Le prévenu était gay, las de ce milieu, il dit avoir loué une grande maison pour héberger, par amitié, celle qui allait devenir sa femme : elle venait de quitter le père de ses enfants. Cela finira par un mariage puis un divorce, quelques années plus tard.

« Cela n’en fait pas un prédateur sexuel »
Le juge a fait remarquer au prévenu qu’il « est un peu troublant » de voir qu’il a travaillé encore récemment dans une école et qu’il accueille chez lui des migrants, parfois mineurs.

Des personnes vulnérables. « Son homosexualité n’en fait pas un prédateur sexuel. Il est généreux avec les autres », a plaidé son avocat, Me Chomel.

Qui a rappelé que le reste de la famille ne s’est aperçu de rien, que les troubles dont souffre le jeune homme proviennent peut-être des violences de son père, étant petit. Sa consœur, Me Beloeil, a souligné un faisceau d’indices allant dans le sens de son client.

Les expertises psychiatriques n’ont rien établi de probant, ni chez l’un, ni chez l’autre. Le parquet, considérant que rien n’était très clair dans la vie du prévenu, à l’inverse de la version du plaignant, a requis six mois de prison avec sursis, inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles et interdiction d’exercer une activité auprès d’enfants.

Le tribunal a décidé la relaxe.

Précisant toutefois au plaignant que « cela ne veut pas dire que les faits ne se sont pas passés. Mais on ne peut pas se contenter de déclarations d’un plaignant même si elles paraissent cohérentes, et sur des faits tellement anciens », tout en lui souhaitant de tourner la page.

Source : Telegramme.fr

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