09
JUIL
2019

Calais | Johann Portmann, 28 ans, multi-récidiviste, condamné à 3 ans de prison ferme pour exhibitionnisme et agressions sexuelles sur mineures

L’exhibitionniste du quartier Saint-Pierre condamné à trois ans ferme

Le prévenu agressait ses victimes, des jeunes filles mineures pour la plupart, dans des rues du quartier Saint-Pierre, à proximité du centre-ville. PHOTO JOHAN BEN AZZOUZ – VDNPQR

Johann Portmann a dû affronter le regard de ses victimes qu’il a effrayées en janvier 2017 en les agressant sexuellement. L’individu qui s’est présenté libre au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer est reparti menotté, sous escorte policière, pour purger une peine de trois ans ferme à la prison de Longuenesse.

Avant l’audience, les jeunes femmes ne se connaissaient pas. Ce qui les réunit aujourd’hui, c’est Johann Portmann, 28 ans, qui les a accostées et agressées, à pied ou en voiture, un jour de janvier 2017, dans le quartier Saint-Pierre, à proximité du lycée où certaines étaient scolarisées.

Il a reconnu les faits. Sur les sept victimes – toutes, sauf une, étaient mineures à l’époque (de 12 à 16 ans) –, quatre ont eu le courage d’affronter à nouveau leur « prédateur ».

« Un prédateur qui rôdait dans les rues de Calais à bord de sa petite voiture blanche aux vitres arrières teintées et aux feux éteints »,

soutient maître Laurence Chopart, l’avocate de quatre victimes.

Le prévenu, sans permis et sans emploi, choisissait ses « proies » sur le chemin de l’école, quand elles étaient seules. Il les abordait avec une salve d’insultes à caractère sexuel. Il s’approchait d’elles en leur portant la main sur le sexe ou la fesse. Il sortait son sexe du pantalon et l’exhiber en se masturbant devant elles.

« Avez-vous conscience d’avoir fait régner un climat très désagréable autour de vous ? Ces jeunes filles seront marquées à vie par ce qu’elles ont vécu »,

lui lance le président. La tête baissée, le regard fuyant, Johann Portmann parle peu et quand il le fait, c’est à voix basse.

« J’ai des pulsions parce que j’ai subi des agressions sexuelles quand j’étais jeune »,

justifie le prévenu. Il marmonne. Il est « désolé ». Il est « honteux ». Sur le banc des victimes, il y a des larmes.

« Ma fille avait peur de prendre le bus, confie le père de l’une d’entre elles. Nous devions la conduire à l’école ».

La seule majeure, 27 ans au moment des faits, ne peut plus travailler.

« Je vis dans l’angoisse d’être à nouveau attaquée. D’autant qu’il m’est arrivé de le croiser sur mon lieu de travail après l’agression ».

« L’homme discret, inoffensif que l’on voit à l’audience a une capacité de dissimulation. Il s’organise, repère ses victimes, disparaît à certaines heures de la nuit. Le non-respect de son contrôle judiciaire (lire ci-dessous) témoigne de la dangerosité du prévenu »,

résume la procureure qui requiert la prison ferme pour trois années.

Johann Portmann est condamné à 3 ans de prison ferme, et à sa sortie, à un suivi socio-judiciaire de trois ans avec obligation de soins, interdiction d’entrer en contact avec les victimes, de vivre à Calais et de paraître dans un rayon de cent mètres des établissements scolaires. En cas de non-respect, il retournera en prison pour deux ans. Il est inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais). Il doit également indemniser ses victimes pour le préjudice moral causé, à hauteur de 1 500 € par victime, et les frais d’avocat.

«La crainte, c’est la récidive»

Déjà condamné pour les mêmes faits il y a une dizaine d’années, l’exhibitionniste a confié aux enquêteurs, lors de l’instruction, qu’il aurait pu aller « jusqu’au viol » s’il n’avait pas été interpellé.

Après sa détention préventive, le prévenu a récidivé en 2018 alors qu’il était mis en examen et se rendait à son contrôle judiciaire. Il avait suivi une jeune fille de la gare jusqu’à son lycée en se masturbant. Il a écopé de huit mois ferme.

« Il quittait souvent l’appartement en pleine nuit, sans explication »,

confiera à la police son ex-compagne avec qui il a eu une petite fille, âgée de 3 ans.

« La crainte, c’est la récidive »,

avance le président.

Source : https://www.lavoixdunord

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