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La Couronne réclame une peine de six à huit ans de prison contre un couple échangiste de Québec qui a fait participer des enfants à ses ébats sexuels avec un couple des Laurentides.
Un texte de Yannick Bergeron

La cause est à ce point tordue que les avocats n’ont trouvé aucun autre dossier similaire pour les aider à déterminer la peine à imposer à l’homme et à la femme originaires du quartier Neufchâtel.

« Est-ce qu’on peut s’imaginer des crimes plus graves à part le meurtre? »

a demandé la procureure de la poursuite, Me Valérie Lahaie.

L’homme et la femme, qui ne forment plus un couple, avaient plaidé coupables en février dernier au palais de justice de Québec.

Le père n’a pas participé aux ébats, se contentant de surveiller la porte de la chambre à coucher afin d’empêcher les autres enfants des deux couples d’y entrer.

« Cours de sexualité »

Pendant ce temps, sa fille, née d’une précédente relation, sa conjointe, le couple des Laurentides et son enfant de sept ans s’adonnent à une séance qualifiée de « cours de sexualité » par les parents.

L’avocate de la poursuite a renoncé à tenter de connaître les séquelles que cet événement a pu avoir sur la fillette de Québec.

« Ç’a probablement été tellement douloureux qu’elle ne veut pas en parler à personne »,

explique MeLahaie.

L’avocate souligne que la belle-mère de la victime a fait preuve de violence psychologique en la manipulant.

Elle a consulté des sites Internet pour savoir comment amener la fillette à participer aux ébats et, surtout, à garder le silence par la suite.

Me Valérie Lahaie, avocate de la poursuite

Un geste « assez dégueulasse »

L’avocate de la jeune femme de 24 ans a fait valoir que sa cliente n’avait pas d’antécédent judiciaire et présentait un potentiel de réhabilitation.

Me Geneviève Bertrand a suggéré l’imposition d’une peine de 40 mois de détention.

L’agresseuse a affirmé avoir eu une prise de conscience depuis son arrestation en décembre dernier.

Elle s’est dite désolée d’avoir posé un geste « assez dégueulasse ».

Son ex-conjoint a quant à lui avoué avoir manqué à son rôle de père :

« J’aurais pu faire mieux. Je n’avais peut-être pas la morale à la bonne place »,

a laissé tomber l’homme de 37 ans.

Cours de « compétence parentale »

L’homme a raconté à la juge Johanne Roy avoir profité de sa détention préventive pour suivre des formations en prison, dont les cours de « compétence parentale 1 et 2 ».

Son avocat, Me Jérôme Tremblay, estime qu’une peine de 30 mois s’impose.

Le couple de Saint-Lin-Laurentides a aussi plaidé coupable aux accusations liées à cet événement.

Il a également reconnu sa culpabilité pour d’autres épisodes impliquant ses enfants et des animaux dans le district judiciaire de Joliette.

L’homme et la femme sont aussi dans l’attente de leur peine. Les deux résidents de Québec connaîtront la leur le 15 décembre.

Source : Radio-Canada