Mario Roy, propriétaire de chevaux et évolue dans le milieu équestre à Sainte-Anne-des-Plaines et sur la Rive-Nord depuis plusieurs années. Crédits Photo : JOURNAL DE MONTRÉAL, MARTIN ALARIE

Un entraîneur d’équitation des Laurentides, qui a été reconnu coupable hier d’avoir exploité sexuellement trois de ses élèves, a fait croire à l’une d’entre elles qu’elle devait avoir une relation intime avec lui afin que son cheval obtienne de bonnes performances.

«Je suis fou de toi. Je t’aime pour le reste de mes jours. […] J’ai hâte de te faire l’amour. Tu es la femme de ma vie.»

Ces mots, Mario Roy ne les a pas écrits à sa conjointe, mais plutôt à une adolescente de 16 ans qu’il entraînait au saut équestre, en 2013 et 2014. Il était alors à l’aube de la soixantaine.

«L’âge n’a pas d’importance lorsqu’on est amoureux»,

lui disait l’homme maintenant âgé de 63 ans, selon ce qu’a relaté hier le juge Bruno Leclerc, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Motel

Pendant six mois, Mario Roy a consommé son amour avec l’adolescente à de nombreuses reprises, en l’amenant dans un motel. La première fois, il y a eu des fruits, du champagne et des attouchements.

Le coach d’équitation l’avait même noté dans son agenda. Les relations sexuelles complètes ont débuté par la suite.

Un jour, l’ado a eu peur d’être enceinte. Elle est allée chercher la pilule du lendemain, ce qui a choqué Mario Roy.

Pendant la même période, l’entraîneur d’équitation s’adonnait aussi au même manège avec une autre jeune cavalière, et ce, depuis neuf ans.

Jeux olympiques

La première fois qu’il a embrassé cette dernière, près des casiers d’une écurie de Sainte-Anne-des-Plaines, elle avait 14 ans.

C’était en 2005. Mario Roy lui disait qu’elle était sa meilleure athlète, qu’il la mènerait jusqu’aux Jeux olympiques.

«Il faut avoir une relation intime entre l’entraîneur et l’élève pour que le cheval soit bon»,

lui a-t-il laissé entendre.

Ils ont eu leur première relation sexuelle complète dans un motel. L’ado avait 14 ans et son coach presque quatre fois son âge.

Roulotte, motel, box d’écurie: les endroits où l’instructeur d’équitation a eu des relations sexuelles avec sa cavalière se sont rapidement multipliés.

Mario Roy lui a aussi demandé à de nombreuses reprises des photos d’elle nue. La jeune fille lui en a envoyé plusieurs, qui ont été retrouvées dans l’ordinateur de l’accusé lors de son arrestation.

La «relation» a cessé lorsque la cavalière a rencontré son conjoint actuel, à l’âge de 23 ans. Mario Roy était en peine d’amour.

Le sexagénaire s’était aussi livré à des attouchements sur une troisième adolescente de 16 ans, au milieu des années 2000.

Lors de son arrestation, en 2014, il a été accusé d’avoir fait quatre victimes.

Hier, le juge Bruno Leclerc l’a acquitté des charges ayant trait à la quatrième jeune fille.

On lui reprochait de lui avoir tapé les fesses et les cuisses avec une cravache, notamment. De l’aveu même de la jeune cavalière, il s’agissait de blagues.

Témoignage «loufoque»

Par contre, le magistrat a déclaré Mario Roy coupable de 12 chefs, allant de l’exploitation sexuelle d’une mineure alors qu’il était en position d’autorité, à l’agression sexuelle, en passant par la production de pornographie juvénile.

À son procès, le mois dernier, l’accusé a nié en bloc tous les gestes à connotation sexuelle qui lui étaient reprochés.

Son témoignage dit «loufoque» défiait toute logique par moments, a noté le magistrat.

«[Cela] ne soulève aucun doute dans l’esprit du tribunal», a affirmé le juge Leclerc.

Source : TVA Nouvelles