Soupçonné d’agressions sexuelles incestueuses sur mineure, un homme a été appelé à la barre du tribunal. Il nie en bloc. Le jugement sera prononcé le 30 novembre.

L’ambiance est tendue à la barre du tribunal, ce jeudi.

Dès les premières minutes, la présidente est contrainte de rappeler que c’est elle qui mène les débats, pose les questions, car le prévenu vocifère :

« Je conteste les faits.

Aujourd’hui, j’en peux plus de ces accusations. »

Qu’en est-il ?

Une jeune fille révèle des faits d’abus sexuels commis par le mari de sa mère à un responsable de la vie scolaire.

Une enquête est ouverte au cours de laquelle sa sœur aînée sera amenée à faire, elle aussi, des révélations de même nature.

L’auteur présumé des faits repart dans ses dénégations, n’entendant plus les injonctions de la présidente.

« Si j’étais coupable, je fermerais mon bec, on peut me condamner, ma vie est foutue ».

Après le divorce, la parole se libère

Patiente, la présidente reprend les éléments du dossier d’instruction et met l’intéressé devant ses contradictions.

Il semblerait même que des faits aujourd’hui prescrits aient eu lieu à l’encontre d’enfants d’un précédent mariage et d’un autre avant.

L’homme a été marié quatre fois avec des femmes qui ont des enfants.

Il doit donc répondre devant le tribunal pour des faits d’agression sexuelle incestueuse sur mineure de 15 ans, commis entre 1996 et 1999 à Challans, sur l’aînée et les mêmes faits entre 2003 et 2004 sur la plus jeune des filles.

« Je nie les faits d’agression sexuelle, de violences, tout le monde ment…

Je porte plainte contre toutes les personnes du dossier. »

Les victimes présentes maintiennent leurs déclarations et décrivent l’ambiance familiale.

« Les gendarmes sont venus plusieurs fois pour le calmer.

Il était violent, ma mère avait des coquards. »

Me Gaëlle Durand, avocate d’une des victimes, rappelle que ce sont bien des faits, qui valent la cour d’assises, et qui ont été correctionnalisés.

Les enfants vivaient dans la terreur.

Le couple se sépare sur fond de violences en juillet 2008.

La parole se libère.

Me Manuella Riteau, avocate de l’aînée, salue d’ailleurs le courage de celle-ci de venir à cette audience.

« Les faits ont eu des répercussions graves dans la construction de l’adolescente, de la femme, ça l’a perturbée.

Elle est venue pour que son statut de victime soit reconnu, les dénégations du prévenu sont insupportables ».

Pour Éric Bret, procureur de la République, les déclarations des victimes interviennent dès lors que la mère n’est plus en danger.

D’ailleurs, le jugement de divorce prononce celui-ci aux torts exclusifs du mari pour des faits de violences.

Il régnait dans cette famille une ambiance délétère menée par « un tyran domestique ».

L’expertise psychologique le décrit comme psychorigide.

« Vous n’avez jamais un mot de regret, les autres mentent ou se trompent. »

Jugement prononcé à la fin du mois

Le procureur requiert une peine de trois ans d’emprisonnement ferme et trois ans de suivi sociojudiciaire.

Me Peggy Boucher Chiale, avocate de la défense, s’en tient aux éléments du dossier et plaide la relaxe.

« Il ne suffit pas d’établir une liste à la Prévert, on n’est pas pour cela un agresseur sexuel.

Le dossier a bien une coloration négative mais vous n’avez pas d’élément objectif. »

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré.

Le jugement sera prononcé le 30 novembre.

Source : Ouest France