Difficile de prétendre le contraire lorsque des éléments à charge jalonnent cette affaire entre 2010 et 2017.

La présidente dénonce :

« Vous consultiez des fichiers pédopornographiques ».

Puis, ce Castelroussin franchissait un cran supérieur dans ses abominations.

« Vous avez positionné des caméras, afin d’espionner vos neveu et nièce dans leurs intimités ».

Le prévenu baisse la tête et reconnaît que « tout ça, c’était minable ».

Et puis :

« Alors que vous aviez la totale confiance de ces enfants, vous êtes passé aux massages. Notamment sur votre petite nièce qui avait alors 11 ans ».

Poursuivant ces actes frôlant la cour d’assises :

« Vous avez organisé un pique-nique en forêt de Châteauroux. Il y avait votre neveu, alors âgé de 16 ans et une Blancoise de 23 ans. Elle était votre maîtresse ».

Un pique-nique dont l’objectif n’était pas uniquement de partager un repas sur une belle nappe à carreaux.

« Vous avez contraint votre maîtresse à avoir une relation sexuelle avec votre neveu et vous avez filmé la scène ».

Les victimes vont vivre toute leur vie avec ces images Me Virginie Berquez pour la partie civile, rappelle que « l’intimité de ces enfants a été violée ».

Cette petite fille de 11 ans, « obligée de repousser la main de son oncle se dirigeant vers son entrejambe, obligée de se masturber, d’être filmée durant ces horribles contraintes… ».

Aujourd’hui, « ces trois ou quatre victimes, on n’arrive pas à vraiment savoir, vont devoir vivre toute leur vie avec ces images ».

Le ministère public représenté par Marine Labarthe, donne ce chiffre vertigineux de « 20.000 photos et vidéos pédopornographiques téléchargées entre 2013 et 2017 ». Généralement des jeunes filles entre 12 et 16 ans et même un enfant de 3 à 4 ans « dans une position sans équivoque ».

Et puis, Marine Labarthe constate que :

« Tous ces faits étaient prémédités, organisés, comme cette caméra placée sur une lampe torche et filmant le corps dénudé de l’enfant ».

Une autre petite fille dans l’entourage de ce pédophile pense avoir également vu une caméra dissimulée dans une salle de bains.

Sur le banc de la défense, Me David Père, du barreau de Paris, évoque « la souffrance des enfants », mais aussi « les fêlures, les fragilités » de son client et « cette digue morale qui a rompu ». Et puis, après une enfance très misérable, « il a voulu s’en sortir en ouvrant un magasin d’informatique au Blanc ». Nouvel échec « et ses pulsions allaient reprendre le dessus », pour l’amener, vendredi dernier, jusqu’à la barre du tribunal judiciaire de Châteauroux.

Au terme de ces échanges, le prévenu a demandé « pardon aux enfants », sachant que cela ne suffirait pas.

Il a été condamné à 36 mois d’emprisonnement, dont 21 avec sursis et mise à l’épreuve. Il devra, par ailleurs, verser 3.000 € à chacun des enfants abusés, ainsi que 1.000 € à leur père et autant à leur mère. Enfin, il devra poursuivre ses soins auprès de psychiatres et psychologues.

Pour les parents des deux principales victimes, dont Catherine, leur maman, « ce procès a permis de parfaitement retracer ce qui s’est passé durant toutes ces années. Les magistrats, dont la présidente, avaient une très bonne lecture de ce dossier et pour nous, cela a été d’un grand réconfort. »

Quant aux enfants, absents à ce procès :

« ils se reconstruisent. Notre fille, aujourd’hui âgée de 18 ans, a suivi une thérapie pendant deux ans ; alors que notre fils, qui a aujourd’hui 21 ans, n’a pas souhaité le faire. Il demeure très en colère et a beaucoup de mal désormais, a accordé sa confiance à quiconque. »

 

Source : lanouvellerepublique.fr