MISE A JOUR DU 16.02.18

André Faivre, la tête dirigeante alléguée du «club social de pédophiles» arrêté pendant l’opération «Malaise» de la Sûreté du Québec (SQ), avait créé il y a quinze ans un service de courriel sécurisé nommé «Web Bleu» pour partager de la pornographie juvénile avec d’autres hommes. Le Montréalais de 69 ans s’est toutefois fait piéger en 2015 par un agent d’infiltration qui s’est fait passer pendant des mois pour un déviant sexuel.

Logo des Pédophiles “Boy Lover”

La procureure de la Couronne Cynthia Gyenizse a présenté lundi l’essentiel de la théorie de la poursuite au début du procès pour contacts sexuels et pornographie juvénile d’André Faivre. Il fait face à une quinzaine de chefs d’accusation, notamment pour s’en être pris à trois mineurs, il y a plusieurs années. Son procès doit durer au moins cinq semaines au palais de justice de Montréal.

L’enquête de la SQ s’amorce en 2012, alors que de l’information indique que des hommes se rencontrent en personne et sur internet pour parler d’abus sexuels sur des enfants et pour échanger de la pornographie juvénile.

«L’enquêteur observe plusieurs forums de discussions et observe la présence constante d’André Faivre. Il voit que ce dernier utilise les mêmes adresses autant pour discuter avec des gens se disant BL [Boy lover] et GL [Girl Lover]), pédophiles et pédérastes»,

explique Me Gyenizse.

C’est la tablette électronique d’un homme arrêté dans Malaise qui a mené les policiers à André Faivre. Au retour d’un voyage au Nicaragua, les douaniers saisissent sa tablette et découvrent de la pornographie juvénile.

En février 2015, un agent double de la police aborde André Faivre par courriel. À la suite d’une première rencontre dans son «quartier général» du quartier gai, 15 «scénarios d’infiltration» sont réalisés par l’agent double entre février 2015 et novembre 2015. Pendant une des opérations, les policiers copient l’ensemble du matériel informatique se trouvant sur l’ordinateur d’André Faivre et mettent sur écoute son appartement.

«De la preuve récoltée, les policiers découvrent de la porno juvénile dans les échanges sur Web Bleu et dans les appareils d’André Faivre. Les écrits des différents suspects laissent croire qu’ils racontent des situations réelles. Le 27 janvier 2017 une frappe dans le projet Malaise visant André Faivre et 16 autres personnes est réalisée»,

relate Me Gyenizse.

Source : LaPress.ca

Club de pédophiles: «une question d’ordre public», plaide le Registraire des entreprises

André Faivre, président de l’association “Les amis de toutes les minorités sexuelles”

Les amis de toutes les minorités sexuelles, considérés maintenant comme un club de pédophiles, doit croiser le fer aujourd’hui avec le Registraire des entreprises, qui veut annuler ses lettres patentes. Mais l’avocate qui représente l’organisme tentera d’obtenir une suspension de l’audience, parce que le président, André Faivre, est toujours détenu en vertu d’accusations criminelles liées à la pornographie juvénile.

«Il ne peut pas communiquer avec les autres administrateurs», a fait valoir Me Melissa Podilchuk, ce matin, devant le juge de la Cour supérieure David R. Collier. Me Éric Labbé, qui représente le Régistraire a soutenu pour sa part qu’il était urgent que la cause procède, et que c’était une question d’ordre public. «Ils utilisent une compagnie pour se donner une apparence de légalité. Il y a urgence à enlever cette apparence de légalité», a fait valoir l’avocat.

L’annulation des lettres patentes n’aurait pas d’impact sur le site web du groupe, selon Me Labbé.

«C’est la société qu’on attaque. Je ne pense pas qu’une personne accusée au criminel puisse retarder l’audience», a soutenu l’avocat. L’audition de la cause a été reportée à cet après-midi.

Inscrit depuis 2011 au Registraire des entreprises, Les amis de toutes les minorités sexuelles se présente comme un organisme à but non lucratif, dont les activités consistent en des «organisations civiques et amicales». Le but est la  sensibilisation et l’éducation au sujet de «toutes les minorités sexuelles». L’entreprise dit offrir du support administratif, technique et logistique aux minorités sexuelles.

Le Registraire dit n’avoir appris que le 28 janvier dernier, soit après l’arrestation et la mise en accusation d’André Faivre, que l’organisation visait en fait à faire la promotion de la pédophilie.

Les autres têtes dirigeantes de l’OSBL sont Jacques Beausoleil, vice-président, qui demeure à Montréal, et Denis Chupau, administrateur, qui demeure à Saint-Herblain, en France. L’entreprise gère une maison d’édition appelée Maison sans tabou, dont le premier titre à paraître est Le prédateur, contes et poèmes pour hommes et garçons, lit-on dans la requête en annulation des lettres patentes présentée par le Registraire des entreprises. Selon le site web de l’organisme, l’auteur du livre est André Faivre lui-même.

Rappelons que M. Faivre a été arrêté en même temps que plusieurs autres hommes en janvier dernier, par la Sûreté du Québec, pour des actes liés à la pornographie juvénile. Le groupe a été présenté comme un «club de pédophiles».

Source: http://www.lapresse.ca