18
SEP
2020

Côte-d’or | Professeur de musique | agressions sexuelles | condamné 23 ans après les faits

Plus de 23 ans après avoir abusé d’une jeune fille de 14 ans, un professeur de musique de Côte-d’Or est condamné à un an de prison ferme et trois ans avec sursis. Sa plainte a permis d’identifier d’autres victimes.

Illustration : Isabelle Louvier

Pour lui, il s’agissait de “flirt”. Pour sa victime, c’est un viol.

Les attouchements se sont produits au domicile de la victime, lors de cours particuliers.

Il y a d’un côté le visage impassible de ce professeur de musique qui regarde droit devant lui et répond d’une voix ferme au tribunal sans détourner le regard.

Et, à quelques mètres de lui, il y a Claire, qui a plusieurs reprises fond en larmes et a du mal à retenir sa colère.

Cette mère de famille de 38 ans retrouve celui qui a été son professeur particulier alors qu’elle était adolescente.

De 1997 à 2001, cet homme, alors âgé d’une trentaine d’années, donne ses leçons au domicile de sa victime.

Il devient même un ami de la famille.

Il est régulièrement invité lors des weekends et dort même plusieurs fois à la maison.

Durant trois ans, cet homme va lier une relation particulière avec Claire : des attouchements répétés, des étreintes, des caresses sur les zones intimes.

Claire témoigne avoir été violée peu après avoir fêté ses 14 ans.

Le visage social et l’emprise psychologique

L’homme, alors âgé de 29 ans, est très apprécié de ses parents, considéré comme “un grand frère” au sein de la famille.

Elle n’ose alors rien dire.

“Il n’y a jamais eu de contraintes, jamais eu de violences, tempère Jean-Philippe Morel, l’avocat de ce professeur de musique.

On peut bien sûr s’interroger sur la maturité des protagonistes, mais je plaide pour une confusion des sentiments.

Comment juger sereinement un dossier vieux de presque 25 ans dans ce contexte familial si particulier ?”

C’est aussi le sentiment de ce professeur.

Il affirme que Claire et sa sœur pouvaient parfois fumer et boire à la table familiale et faisaient preuve d’une grande maturité.

Pas une fois, il n’exprime de regret, ni le sentiment d’avoir franchi une ligne rouge en ayant des relations sexuelles avec une mineure placée sous son autorité.

“Plus on grandit , plus on comprend que c’est inacceptable” – Claire, victime

Claire explique pourquoi elle a voulu parler presque 20 ans après..

audio :

Claire n’a plus envie de porter cette histoire qui l’a marqué à vie :

“J’étais bonne élève et quand j’ai subi tout ça, j’ai totalement bloqué ma scolarité, j’ai raté ma 3° , puis mon redoublement , ça même été encore pire, l’éducation nationale ne savait plus quelle voie me proposer. Moi je voulais fuir loin de la maison.”

Devenue adulte, puis mère de famille, elle a décidé de parler et de raconter son histoire à la gendarmerie.

“Au départ, pas pour porter plainte , mais pour que cet homme ne soit plus en contact avec des enfants.”

La parole se libère : d’autres victimes :

Elle s’y rend avec une de ses sœurs, qui avoue elle aussi avoir subi les attouchements de ce professeur.

L’enquête dure six ans et les gendarmes reçoivent le témoignage d’autres jeunes élèves, qui disent aussi avoir été sous l’emprise de ce professeur alors qu’elles étaient adolescentes et avoir subi des attouchements.

“La parole pour se libérer met parfois des années, détaille Emilie Baudry, l’avocate de Claire. On est pas dans un dossier de “flirt”. On aurait aimé que l’auteur de ces actes prenne conscience de ce qu’il a fait, mais il n’y a pas eu de regrets à la barre du tribunal.”

Cet homme de 53 ans, père de famille, a perdu son poste de directeur d’école de musique quand l’enquête à démarré.

Il est aujourd’hui condamné à un an de prison ferme et trois ans avec sursis.

Il a l’obligation de suivre des soins psychologiques et devra verser 7.000 euros de dommages et intérêts à Claire.

Il a aussi une interdiction définitive de travailler avec des enfants.

Source : francebleu

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