09
OCT
2019

Épinal | Un homme de 58 ans jugé aux assises pour avoir violé ses filles de 6 et 9 ans pendant des années

Jugé depuis ce lundi par la cour d’assises des Vosges pour des viols sur ses deux filles, un quinquagénaire a admis ses agissements sur son aînée. Et pour cause : une enfant est née suite à ces viols. En revanche, il nie les faits qui lui sont reprochés sur sa fille cadette.

L’avocat général Nicolas Heitz. Photo VM /PHILIPPE BRIQUELEUR

Des doutes planaient ce lundi matin sur la tenue du 3e procès de cette session d’assises des Vosges. Les acteurs judiciaires se demandaient si l’accusé, âgé de 58 ans, se présenterait dans le box des accusés.

Poursuivi pour des viols commis sur ses deux filles, le quinquagénaire aurait dû être jugé au printemps dernier.

Mais un malaise a contraint la cour d’assises a renvoyé l’affaire à ce mois d’octobre.

Autre interrogation : l’accusé allait-il être prostré dans un mutisme qu’il entretient depuis 2017 et son placement en détention provisoire dans le cadre de cette affaire ?

Dès les premières minutes du procès, en dépit d’un retard d’une heure sur le programme, le jury a été fixé : le quinquagénaire était bien présent et il a même admis les viols commis sur sa fille aînée, Isabelle*.

Des faits qui ont débuté il y a une trentaine d’années, alors que la fillette n’avait que six ans, et qui se sont poursuivis pendant plus d’une décennie.

Ces abus ont abouti, en 1998, à la naissance d’une enfant.

Des affirmations auxquelles ne s’attendait pas vraiment la cour d’assises, mais qui étaient difficilement contestables puisque les tests ADN confirment, à plus de 99 % que l’accusé est le père de l’enfant.

En revanche, le quinquagénaire nie toujours les viols sur sa fille cadette, Véronique*, alors que cette dernière affirme qu’elle a subi les assauts de son père dès l’âge de neuf ans.

Les viols seraient même devenus quotidiens dès l’âge de 10 ans.

Mais pour certains témoins, le doute n’est pas permis, à l’image du témoignage de la propre sœur du quinquagénaire.

« Mon instinct me disait qu’il touchait ses propres filles » lâche-t-elle à la barre, ajoutant que dans sa famille, le fait d’être un « pointeur, ça ne pardonne pas ».

Interrogée par la présidente Hologne sur ce qu’elle entendait par cette phrase, elle rétorque illico :

« S’il n’est pas condamné à la peine qu’on attend, s’il sort de prison, je peux le tuer… »

L’avocat général, Nicolas Heitz demande alors quelles autres personnes pourraient attenter à la vie de l’accusé.

Un brin évasive, la sœur répond simplement que « tout le monde lui en veut ».

Un témoignage qui tranche avec les deux fils de l’accusé qui, à la barre, dépeignent en quelques mots le portrait d’un « bon père de famille », n’ayant jamais eu un geste déplacé envers ses filles.

D’ailleurs, ils n’ont jamais cru à ces accusations de viols.

Pourtant, les tests ADN ne mentent pas et ils doivent admettre les faits sur Isabelle*.

Interrogés sur leurs réactions en apprenant que leur père leur avait menti, ils se sont montrés peu prolixes.

« Je garde mon point de vue pour moi » lâche un de ces fils, ajoutant tout de même que son regard avait évolué au vu de certaines évidences…

S. de G. * Les prénoms ont été modifiés

Source : Vosges Matin

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