11
MAR
2019

Foix | Un père incestueux à nouveau accusé pour le viol d’une autre de ses filles

Un père jugé pour des viols sur sa fille et l’édito du CIDFF

Me Guy Dedieu défend une adolescente victime de viols et d’agressions sexuelles incestueux, aux côtés de Me Maud Trespeuch./ Photo DDM archives

Depuis le jeudi 7 mars, la cour d’assises juge une deuxième affaire de viol et d’agression sexuelle dans le cadre familial.

Un fléau qui n’épargne pas l’Ariège : 214 cas de violences sexuelles ont été relevés en 2017 et 2018, contre 120 les 3 années précédentes. Dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes, nous avons proposé à Joëlle Bassi, la coordinatrice du CIDFF à Foix, d’écrire un édito sur ces affaires dramatiques.

Dans le box, un accusé à l’air hagard. À quelques mètres de lui, au premier rang du public, une adolescente brisée, recroquevillée sur son sac à dos. La cour d’assises de l’Ariège, qui a condamné mardi un homme à 12 ans de réclusion pour viol sur mineur, examine une deuxième affaire de violences sexuelles depuis hier matin et jusqu’à ce soir. Un jury populaire de trois hommes et trois femmes a été constitué.

Le huis clos, de droit dans ce type d’affaire, a été naturellement accordé par la cour. Celle-ci devra juger Nicolas*, 45 ans, accusé d’avoir violé et agressé sexuellement (en récidive) sa fille, âgée de 6 ans au début des faits, qui se sont déroulés entre 2014 et 2016, dans les environs de Pamiers.

Déjà condamné pour viol

Des accusations que le père de famille reconnaîtrait partiellement. La victime et sa mère se sont portées parties civiles et sont défendues par Mes Guy Dedieu et Maud Trespeuch. Comble du sordide, une des agressions sexuelles qu’a subi la jeune fille aurait eu lieu alors qu’elle rendait visite à son père, au parloir de la maison d’arrêt de Foix.

Celui-ci y était déjà incarcéré pour une affaire de violences sexuelles sur un autre de ses enfants. Nicolas a, en effet, déjà été condamné pour viol et agression sexuelle par la cour d’assises de l’Ariège. Cinq témoins et plusieurs experts doivent se succéder jusqu’à aujourd’hui.

Aussi lourde qu’elle soit, cette affaire qui arrive devant la cour n’est que la partie émergée de l’iceberg, car le chemin est long et particulièrement difficile pour les victimes (voir ci-contre).

En 2017 et 2018, 214 cas de viols et d’agressions sexuelles ont été relevés dans le département par les services de police et de gendarmerie, contre 120 les trois années précédentes.

Dans le détail, 84 % des victimes sont de sexe féminin. 71 % des agressions sexuelles et 60 % des viols commis en Ariège ont été perpétrés sur des victimes mineures. Par ailleurs, en 2018, l’Ariège a compté 423 victimes de violences conjugales (411 femmes et 12 hommes) reçues par les services d’accueil des victimes, alors qu’elles étaient 218 en 2012, preuve une nouvelle fois que la parole se libère.

Plus généralement, les violences sexuelles représentent 9,6 % du total des violences déclarées.

* Le prénom a été modifié
Source :

ladepeche

 

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