02
JUIL
2019

Fouquières-lès-Lens | Un homme de 34 ans à l’âge mental estimée de 10 ans se dénonce lui-même à la police ayant peur de passer à l’acte, il écope de 6 mois de prison avec sursis pour détention de fichiers pédopornographique et une obligation de soin

Habitué des sites pédopornographiques, il se dénonce par peur de passer à l’acte

L’homme passait ses journées à consulter des images pédopornographiques pour assouvir ses pulsions les plus basses.

C’est le prévenu qui a appelé lui-même la police. Âgé de 34 ans mais vivant comme un enfant de 10 ans selon le tribunal, il éprouve une attirance pour les fillettes de six ans. Il a été condamné à six mois de prison avec sursis et obligation de soins.

Jordan (prénom d’emprunt) est un homme qui n’est jamais sorti de l’enfance. Lorsque la présidente du tribunal Sarah Hourtoule énumère son quotidien, on croirait décrire celui… d’une fillette.

« Il vit chez sa mère. Il a la chambre d’une petite fille. Dort dans une couette Reine des Neiges. À une collection de poupées. De nombreux CD, DVD et posters Disney ».

Le problème, c’est que ce décalage a aussi un côté moins féerique. Sur d’autres CD figurent des images à caractère pédopornographique. Après les avoir consultées, elles sont conservées par Jordan qui les grave, alors qu’il efface toute trace de consultation sur son historique de navigation…

Les faits jugés par le tribunal remontent au 1er janvier 2012, période à laquelle le Fouquiérois dit avoir commencé à consulter des images de mineurs présentant un caractère pornographique.

« Il pensait pouvoir guérir, mais là c’est de pire en pire »,

précise Sarah Hourtoule. C’est lui-même qui appelle la police pour se dénoncer, le 20 juillet dernier. Il déclare :

« je suis pédophile et j’ai peur de passer à l’acte ».

Il dit éviter les enfants

La présidente du tribunal tâche de lui faire comprendre que derrière les images de fillettes dénudées, certaines avec des positions suggestives, il y a des personnes réelles qui sont exploitées.

« Et tant qu’il y aura des hommes comme pour vous pour les regarder, ça continuera ».

Perdu, l’homme acquiesce, avec une voix aiguë à peine audible. Il a peur d’aller en prison, peur qu’on lui fasse du mal. Peur aussi de lui-même selon le tribunal.

Dans la vie de tous les jours, il dit éviter les enfants ou les lieux comme les écoles. Il a un neveu,

« mais je suis attiré par les petites filles »,

se défend-il. Ambiance pesante dans la salle d’audience.

« C’est une situation assez exceptionnelle »,

en conviennent l’avocate de la défense et la substitut du procureur Anne-Laure Le Galloudec. Cette dernière précise encore :

« c’est rare qu’une personne se dénonce elle-même pour ce genre d’actes. Mais son ambivalence et sa dangerosité n’en demeurent pas moins inquiétantes ».

Suivi par un psy, Jordan raconte avoir assisté plus jeune au viol de sa sœur de 6 ans par son père. Il ne travaille pas, passe ses journées devant l’ordinateur.

Condamné à 6 mois de prison avec sursis, il devra pendant sa mise à l’épreuve de trois ans trouver un travail ou une formation pour « occuper ses journées ». Assortie d’une obligation de soins, d’une interdiction de contact avec des mineurs, de fréquenter des lieux susceptibles d’en accueillir, ou encore d’une obligation de respecter une prise en charge psychologique, sa condamnation le place au fichier judiciaire automatisé d’auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV). Pendant 20 ans, il devra en répondre, notamment s’il change d’adresse.

Source : lavoixdunord

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