17
MAR
2020

France | Un entraîneur pédophile relaxé au bénéfice de la prescription

La loi juridique rend sa liberté à l’accusé qui a agressé un jeune homme sexuellement

Le tribunal a prononcé la relaxe (©Le Réveil Normand)

 

Les faits sont établis mais ils ont été dénoncés quelques mois trop tard. Cette deuxième affaire découle d’une première et d’une perquisition menée au domicile du mis en cause, avec la découverte de photos pour le moins équivoques.

Une montagne peut en cacher une autre… Le cliché, en l’occurrence, colle parfaitement à la situation et à la discipline dans laquelle sévissait cet homme aujourd’hui âgé de 51 ans.

Avec sa surcharge pondérale, sa tête enfoncée dans les épaules et ses doigts qui grattent nerveusement la toile de son jean, il est loin de l’image du fringant entraîneur d’escalade.

C’est pourtant par ce biais qu’il s’est livré à des comportements répréhensibles. Pour rester dans le jargon de son sport, il a totalement dévissé, comme en atteste son casier judiciaire.

 

En mai 2018, il écopait ainsi de deux ans de prison avec sursis pour des agressions sexuelles commises sur plusieurs jeunes garçons.

Lors de cette première affaire, les enquêteurs avaient découvert, chez lui, des photos pour le moins équivoques mettant en scène un autre adolescent.

Un mineur qui a fini par être identifié et questionné. Au terme de son audition, il a fondu en larmes, lâchant :

« Oui, moi aussi… » ;

sous-entendu, moi aussi, j’ai été victime de ses agissements. Il avait alors évoqué deux épisodes dans le Pays de Montbéliard et à Niort.

Un premier lors d’une compétition de blocs et un autre lors d’un séjour chez la grand-mère de cet entraîneur qu’il adulait. Il parlait de massages qui dérapaient vers les parties intimes ou encore d’un coach qui se masturbait à côté de lui.
La présidente :

« Vous êtes relaxé pour des questions juridiques »

Lorsque le mis en cause a été interrogé sur ces faits, il ne les a pas niés. Il a simplement contesté le moment où cela s’était passé. L’adolescent calculait qu’il avait moins de 15 ans, pour le coach, « il en avait 17 ou 18 ans ».

Ce qui induit une différence notable. Pour un mineur de moins de 15 ans, la prescription en la matière aurait couru jusqu’à mars 2027, pour un mineur de plus de 15 ans, elle s’arrêtait à 2017. Or, les faits ont été dénoncés en janvier 2018.

Me Euvrard, l’avocat de la défense, a fourni des documents bancaires prouvant que la compétition évoquée par le plaignant s’était déroulée au-delà de son 15e anniversaire.

Dès lors, les juges ne pouvaient que constater la prescription.

« Vous êtes relaxé pour des questions juridiques mais il ne fait aucun doute que les agressions ont été commises »,

a souligné Audrey Berthault, la présidente du tribunal de Montbéliard à un prévenu qui avait choisi de se réfugier dans le silence à la barre.

 

source : estrepublicain

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