05
JUIN
2019

France | Une fillette de 5 ans violée chez ses parents, de nombreuses défaillances de la part des intervenants socio-éducatifs, judiciaires et policiers, l’État condamné pour déni de justice

Le cas d’une fillette violée chez ses parents entre 2002 et 2005, en dépit des signalements répétés à la justice, a fait l’objet ce mardi d’un rapport du Défenseur des droits pointant de «nombreuses défaillances de la part des intervenants socio-éducatifs, judiciaires et policiers».

Cette jeune femme aujourd’hui âgée de 22 ans, désignée dans le rapport par ses initiales «KJ», a été violée et agressée sexuellement entre 5 et 8 ans par un homme hébergé chez ses parents, dont ils connaissaient pourtant les antécédents pédophiles.

Ce dernier a été condamné à 30 ans de réclusion par la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine en juillet 2018, et deux mois plus tard, l’État a été à son tour condamné pour déni de justice.

Placée chez son oncle et sa tante en 2010, KJ avait en 2016 attaqué l’État pour faute lourde car la dizaine de signalements au parquet de Rennes effectués dès sa naissance par les médecins, l’école ou les services sociaux étaient restés sans réponse.

Le Défenseur des droits rappelle que la mère de KJ avait assassiné son premier enfant, né d’un viol, 14 ans plus tôt, un crime pour lequel elle a passé cinq ans derrière les barreaux.

Si le tribunal avait jugé que l’action pour faute lourde était prescrite, l’État avait été condamné à lui verser 12.000 euros en réparation du préjudice subi au titre du déni de justice.

«KJ a été victime de viols et d’agressions sexuelles alors qu’elle n’était âgée que de cinq ans, lesquels se sont poursuivis sur une période de presque trois années.

Durant cette période, la famille a été suivie par des travailleurs sociaux, qui n’ont pas su déceler la gravité de sa situation.

KJ n’a pas été protégée», dénonce le Défenseur des droits.

Il s’agit d’«une enfance qui n’a pas été protégée, en dépit de multiples alertes et signalements émanant de son entourage et de professionnels sociaux, éducatifs et médicaux», souligne-t-il.

KJ montrait pourtant à l’époque «un comportement inquiétant»: «maux de ventre et pleurs au moment d’uriner, masturbation en présence d’autres enfants, pauvreté du langage, amaigrissement…» et «pratiquait des fellations» sur des enfants de son âge, selon un signalement de 2003.

L’analyse de sa situation, selon l’auteur du rapport, met «en évidence a posteriori de nombreuses défaillances de la part des intervenants socio-éducatifs, judiciaires et policiers, qui n’ont pas su faire montre de la clairvoyance que l’on doit aux enfants».

Enfin, «les facteurs de vulnérabilité et de fragilité de la famille ainsi que les éléments caractérisant une mise en danger de l’enfant ont été sous-estimés à la fois par l’autorité judiciaire, et les services sociaux et éducatifs».

Source : Le Figaro

 

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