Le procès à huis clos de sept auteurs présumés du viol collectif d’une adolescente de 14 ans s’ouvre ce lundi devant la cour d’assises des mineurs du Val-d’Oise.

Les faits ont eu lieu en 2015 dans une cave du quartier des Naquettes, à Herblay (Val-d’Oise).
Un enfer de deux heures, sous l’objectif des téléphones portables, diffusé sur Snapchat.

C’est le résumé du calvaire subi par une jeune fille victime d’un viol collectif dans une cave des Naquettes, à Herblay (Val-d’Oise) en 2015. Elle avait 14 ans.

Une « tournante » dont les auteurs présumés comparaissent à compter du lundi 9 octobre devant la cour d’assises des mineurs du Val-d’Oise. Six d’entre eux étaient mineurs au moment des faits, un seul majeur. Leur procès, à huis clos, doit durer douze jours pour s’achever le 24 octobre.

Parmi les accusés, cinq vont répondre des accusations de viol en réunion. Un sixième est accusé de complicité pour avoir enregistré les images. Il est également poursuivi pour leur diffusion. Le dernier accusé est lui jugé pour n’avoir rien tenté pour empêcher le crime. Deux autres jeunes poursuivis seront jugés ultérieurement par le tribunal pour enfant qui statuera en matière criminelle. Ceci du fait de leur jeune âge : ils n’avaient pas 16 ans lors des faits.

 

Piégée par une vidéo

Leur victime aura le courage de faire face aux accusés après avoir dénoncé les faits le 27 février 2015 au commissariat d’Herblay. Accompagnée d’une amie et de la mère de celle-ci, elle vient relater le viol collectif dont elle explique avoir été victime quelques jours plus tôt, dans le quartier des Naquettes.

Elle avait fait la connaissance de K. et accepté de le rencontrer le 19. Il l’avait conduite dans un garage en compagnie d’un copain. Tous les deux lui imposent des fellations avant de la laisser partir. En quittant le box, elle appelle une amie, mais ne parvient pas à se confier à ses parents chez elle.

Le 23, K. la contacte à nouveau et lui donne rendez-vous pour le lendemain aux Naquettes. Il menace de diffuser la vidéo tournée lors des faits du 19 si elle refuse de venir.

L’adolescente indique se présenter avec une amie, mais se retrouver vite seule avec le jeune homme dans une cave. Il la touche, un second arrive. Elle comprend qu’elle est piégée. Les deux jeunes lui imposent, dit-elle, un rapport anal à tour de rôle, alors qu’une quinzaine de jeunes sont entre-temps arrivés dans la cave, certains s’installant sur un canapé comme au spectacle, insultant la victime.

Certains filment. Poussée dans une autre salle, elle subit de nouveaux viols par plusieurs jeunes.

Un récit qui sera corroboré par de nombreux éléments matériels recueillis au long de l’enquête, dont des vidéos, de l’ADN. Plusieurs accusés avançant pour leur part le consentement de la victime ou reconnaissant simplement leur présence sur les lieux.

 

«Qu’on arrête de dire qu’elle était consentante»

« Ma cliente attend de ce procès une réhabilitation personnelle, que la cour reconnaisse ce qu’elle a subi, son statut de victime », confie son avocat, Me Emmanuel Mailleau.

« Au départ, lorsqu’elle dénonce les faits, on ne la croit pas. On n’a pas donné foi à sa parole. Elle attend qu’on arrête de dire qu’elle était consentante. »

La victime est suivie depuis les faits par un psychologue.

« Elle ne s’en remet pas pour l’instant. Le procès sera un moment très difficile pour elle. Un seul accusé est détenu, les six autres sont libres. Ils seront à quelques mètres d’elle, face à elle. Il y aura beaucoup de tension. »

 

Source: Le Parisien