21
MAI
2019

La Réunion | Des lanceurs d’alerte piègent un pédophile

Un pédophile piégé par un lanceur d’alerte

Avant d’être piégé dimanche, Franco C. a adressé des centaines de messages à Alicia la virtuelle (Photo Eric Lejoyeux)

C’est un réseau de pédophilie, dont il ignore l’ampleur, qu’un lanceur d’alerte vient de mettre au grand jour, au Tampon. Si, dans l’état actuel de l’affaire, des faits d’agressions sexuelles ne sont pas avérés, les propositions sexuelles à une mineure “fictive” , elles, sont bien réelles.

Franco C., 65 ans, avait donné rendez-vous à Alicia, 12 ans, sur le parking d’une pharmacie du centre-ville, au Tampon. L’homme s’était préparé pour avoir une relation avec l’enfant, comme il le lui avait dit, via Facebook, ce qui était l’aboutissement d’échanges entre eux, depuis le mois de mars.

Alors ce dimanche, à 14 h20, heure qu’il avait fixée pour le rendez-vous, Franco C. était bien présent, au volant de sa voiture blanche et portant le short comme précisé, indications qu’il avait fournies comme signes de reconnaissance. Sauf que ce n’est pas Alicia qui est venue à lui, mais Steeve Moore*, lanceur d’alertes et chasseur de pédophiles, ainsi qu’il se définit lui-même.

Alicia n’a jamais existé que dans les pulsions pédophiles de Franco C., attestées par la salacité des messages et photos qu’il n’a cessé de lui adresser depuis mars dernier.

Des messages pornos signés Franco C. et des clichés de ses attributs que Steeve Moore avait imprimés pour les lui mettre sous les yeux,hier, avec demande d’explications. L’homme déstabilisé par ce piège a immédiatement invoqué un piratage de son compte Facebook et nié connaître Alicia, contre toutes les évidences que sont les captures d’écran.

Et s’il était présent à 14 h 20 devant la pharmacie, avec sa voiture blanche et en short, c’est parce que, selon lui, ‘il avait rendez-vous, dix minutes plus tard, avec son ami Philippe. Lequel n’est jamais venu…

Depuis deux mois, Franco C. abreuve la virtuelle Alicia de déclarations d’amour dans un style pervers et a multiplié les clichés pornographiques de son anatomie.

“Je t’ai choisi pour ton innocence, pour ton visage que j’adore et ton intelligence. Tu es vraiment très belle et je t’adore. Ne(sic) veux veiller toujours sur toi. Je ne veux pas qu’on te fasse de mal, voilà”.

Les écrits sont souvent moins “tendres”. Notamment dans le message qui accompagne le cliché de son sexe.

“J’espère que tu auras une idée de ce qude (sic) s’est au repos. Demain je t’enverrai une en grand”.

Ou encore

“Je serai digne de toi. Je te ferai l’amour dans toutes dans toutes les positions (…). Et puis envoie moi une photo de ta petite culotte sur toi”.

Ou une autre fois, Franco C. détaille à Alicia, les pratiques sexuelles auxquelles il rêve de se livrer sur elle. La décence interdit de reproduire ici, ce qu’il écrit à une enfant de 12 ans, qu’il croit réelle et vivante.

Et même encore vendredi, en précisant les détails du rendez-vous, il lui demande de porter une robe.

Deux hommes d’une même association

Confronté hier, aux deux lanceurs d’alerte et chasseurs de pédophiles qui l’ont piégé, Franco C. n’a pas nié être l’homme dont la photo est jointe à chacun de ces dizaines de messages adressés à “l’enfant”. Mais il a nié que ce soit son sexe qu’Alicia a reçu en photo. Et pourtant, la rougeur que laisse apparaître son short court correspond au cliché…

“Mon compte a été piraté”, se défend-il avec maladresse et sans convaincre.

Franco C. a même expliqué à Alicia qu’il était membre d’une association sportive basée au Tampon.

Et de ce côté là aussi, des questions se posent.

Steeve Moore qui passe plusieurs heures par jour, depuis un an, à traquer des pédophiles a créé un blog

“réseaux, tortures et snuffmovies”.

Un blog qui a été frappé de dix-huit censures par Facebook, la dernière datant de quelques jours parce qu’il s’étonnait du silence de la presse, quant à la pédophilie avouée de Daniel Cohn-Bendit.

La révélation du cas de Franco C. a débuté par un signalement que Steeve Moore a reçu d’une maman. Sa fille, atteinte d’un léger handicap, recevait des messages pornographiques d’un Réunionnais, lui même handicapé et impliqué dans la même association que Franco C.

Le chasseur de pédophiles a alors créé de toutes pièces le profil d’Alicia, avec photos d’illustration, et un propos suffisamment naïf pour mettre en confiance des prédateurs sexuels. Alicia la virtuelle est entrée en contact avec Jimmy, le copié-collé de Franco C. . Mêmes perversions, mêmes écrits pornos, mêmes clichés de son sexe. Mais, peut-être par méfiance, Jimmy a “bloqué” Alicia, avant de reprendre les échanges avec elle.

C’est en consultant les “amis” de Jimmy, que le lanceur d’alerte a mis Alicia en contact avec Franco C. On connaît la suite.

Dans la peau d’Alicia, Steeve Moore est entré en contact, depuis un an, avec des dizaines de pédophiles, jusqu’au Canada, puisque Internet n’a pas de frontières. Grâce à cette enfant virtuelle, il a ainsi débusqué un pédophile de la région de Metz qui a raconté, spontanément, à “l’enfant de 12 ans”, avoir violé quatre mineures dont ses deux filles.

(*) nom d’emprunt.

Ce que dit la loi

Le code pénal définit le délit de “propositions sexuelles à un mineur”, une infraction voisine de la corruption de mineur.

Voici ce qu’énonce l’article 227-22-1 du code pénal.

“Le fait pour un majeur de faire des propositions sexuelles à un mineur de quinze ans ou à une personne se présentant comme telle, en utilisant un moyen de communication électronique, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

Ces peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende lorsque les propositions ont été suivies d’une rencontre.”

Source : clicanoo

MISE À JOUR : wanted-pedo.com

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