03
MAI
2019

Lafox | Un enfant de 5 ans aurait agressé sexuellement trois élèves

Les écoliers de Lafox (Lot-et-Garonne) reprennent le chemin des classes ce lundi, un mois après une agression à caractère sexuelle entre enfants qui reste dans l’esprit des parents des victimes.

Lafox (Lot-et-Garonne), le 12 avril. Au sein de l’école de la commune, un enfant de cinq ans aurait commis des agressions sexuelles sur trois enfants du même âge. LP/Vincent Gautronneau

La rentrée des classes aura une saveur étrange à Lafox (Lot-et-Garonne). Après 15 jours de vacances, parents et enfants retrouvent, ce lundi matin, cette école de 130 élèves marquée par une affaire d’agression à caractère sexuelle entre enfants. Le 26 mars dernier, deux familles ont déposé plainte. Leurs enfants auraient été victimes « d’attouchements sexuels par un camarade. Des faits qui auraient été commis durant la récréation », explique un proche du dossier.

Retour à la fin du mois de mars. Après l’école, Stéphanie* discute avec son petit de cinq ans, taciturne depuis quelques jours. « Il m’a raconté qu’un autre garçon lui avait touché les parties intimes », confie la maman, rencontrée le 12 avril dernier, veille des vacances scolaires dans le secteur. Le bambin confie que deux camarades ont subi les mêmes attouchements.

« Ce sont des faits graves, ce n’était pas juste du touche-pipi, assure Stéphanie, qui alerte alors l’école, la mairie… Elle prévient aussi Sofia* et Noémie*, mères de deux autres victimes. Les trois enfants livrent tous la même version.

« Ça faisait trois mois que mon fils avait un comportement différent, souligne Noémie. Il m’a finalement expliqué que le lundi, après la piscine, un camarade de classe leur faisait baisser leur pantalon dans la cour. Ensuite, il leur aurait mis des doigts dans les fesses. »

Des tensions dans la commune

Tiraillée entre la crainte d’embarquer son fils dans une affaire compliquée et le souhait que des professionnels se penchent sur l’affaire, Sofia franchit le cap et la porte de la gendarmerie.

« Nous devions déposer plainte et signaler ces choses », estime-t-elle aujourd’hui. Qu’importent les conséquences, les rumeurs dans le village :

Sofia entend

« comprendre comment ce petit garçon a pu découvrir ces gestes. Il ne s’agit pas juste d’une jupe soulevée à la récréation ». « Il s’agit de faits très graves, c’est pour ça que nous avons déposé plainte »,

appuie Noémie, contactée la semaine dernière.

Saisis, les gendarmes prennent ce signalement au sérieux : des enquêteurs spécialisés entendent les trois victimes. Deux d’entre elles ont vu un psychologue à Bordeaux, ce vendredi.

« Dans ce type de cas, il est important de rencontrer les enfants et d’entendre leur version, souligne la gendarme Aurélie Mendaille, patronne de la division formation au centre national de formation à la police judiciaire. Avant d’arriver devant les gendarmes, ils ont déjà raconté plusieurs fois leur histoire aux adultes, ont entendu des questions qui peuvent influencer leur récit. Nous, on doit revenir aux faits, laisser l’enfant laisser parler avec ses mots. »

Reste qu’à Lafox, l’implication de la gendarmerie agace certains parents, qui auraient préféré que l’affaire se règle au sein de l’école.

« Je suis très déçue que cette histoire prenne une telle place, tonne une membre de l’association des parents d’élèves. Il ne savait pas ce qu’il faisait ce pauvre garçon. Aujourd’hui, on présente ce gamin comme un prédateur, c’est dangereux. »

Comme cet employé municipal, d’autres s’inquiètent pour la réputation du petit garçon « alors qu’il n’y a qu’une école dans la commune. Si ce gamin doit trimbaler cette image jusqu’à ses 10 ans, ce n’est pas simple… » Jean-Luc Thomas, maire de Lafox, souhaite, lui, que « la ville retrouve sa sérénité ».

«Où ce petit garçon a-t-il appris ces gestes ?»

Malgré l’agitation engendrée par cette plainte dans la commune, des parents d’élèves jugent toutefois primordiale la tenue

« d’une enquête sérieuse afin de connaître la vérité, loin des rumeurs, plaide Jonathan, père d’un enfant de 8 ans. Il faut découvrir pourquoi ce garçon a agi comme ça. »

« Ces attouchements ne sont pas anodins, estime aussi Stéphanie. Où ce petit garçon a-t-il appris ces gestes ? »

Pour le savoir, les gendarmes d’Agen vont « travailler sur l’entourage du garçon, confie une source proche de l’enquête. Il faut notamment vérifier s’il n’a pas pu visionner des vidéos qui ne sont pas de son âge ». Ce qui pourrait entraîner une réponse pénale alors qu’à 5 ans, l’enfant ne sera évidemment pas poursuivi.

« Les enquêtes ont toujours un intérêt, appuie la chef d’escadron Aurélie Mendaille. Cela peut révéler que l’auteur a lui-même été victime de tels agissements. À l’inverse, les investigations peuvent stopper les rumeurs et démontrer qu’il s’agissait juste de jeux d’enfants. Enfin, l’implication de la gendarmerie évite la suspicion sur l’école, parfois accusée par les parents de ne pas prendre ces affaires suffisamment au sérieux. »

En attendant, à Lafox, le jeune garçon mis en cause doit reprendre l’école ce lundi. Avec les enfants qui ont dénoncé son comportement. Difficile à entendre pour les familles.

« Mon garçon est traumatisé, et ne veut pas revoir son agresseur », assure Sofia, qui a songé à changer son fils d’école.

« Bien sûr, ils seront désormais mieux surveillés, mais mon fils est inquiet de revoir l’autre garçon, appuie Noémie. Et c’est désormais difficile d’avoir confiance dans l’école… » Qui n’a pas répondu à nos sollicitations.
*Les prénoms ont été changés à la demande des intéressées.

Source : Le Parisien

Un enfant âgé d’à peine 5 ans est soupçonné d’avoir agressé sexuellement trois petits camarades de classe dans une école maternelle de Lafox, près d’Agen. Une plainte a été déposée par les parents de l’une des victimes présumées.

Photo DDM Illustration

Trois enfants scolarisés dans une école maternelle de Lafox, près d’Agen, sont les victimes présumées de l’un de leurs camarades de classe. Âgé d’à peine 5 ans, ce petit garçon aurait commis des actes qualifiés “d’agressions sexuelles”, entre mars et le début de ce mois d’avril, dans le cadre scolaire.

Selon nos informations, l’enfant mis en cause a été provisoirement déplacé dans une autre école distante de quelques kilomètres.

Quand les faits ont été découverts et portés à la connaissance de l’administration, les services de l’inspection d’académie ont mis en place une cellule de soutien psychologique.

Des pédopsychiatres se sont déplacés dans l’école en soutien aux enfants.

Des rencontres ont par ailleurs été organisées entre le maire de la commune, Jean-Luc Thomas, les parents des jeunes victimes et le couple dont le fils cadet est suspecté d’avoir commis ces agressions.

Le 26 mars, une première plainte a été déposée auprès des services de gendarmerie.

Les trois jeunes victimes ont été entendues par les enquêteurs spécialisés dans les dossiers judiciaires concernant des mineurs.

L’enquête n’est pas bouclée mais des questions étreignent parents d’élèves et habitants du village : comment un enfant de cet âge peut-il avoir l’idée de commettre ce type d’agressions?

Qu’adviendra-t-il de ce petit garçon dont la scolarisation doit malgré tout se poursuivre?

Réintégrera-t-il l’école de Lafox, où cette semaine, l’histoire dramatique des agressions sexuelles présumées à la maternelle s’est répandue comme une traînée de poudre ?

Dans un dossier consacré à ce délicat sujet, le site “Madmoizelle” a interrogé Catherine Brault, avocate de l’antenne des mineurs du Barreau de Paris.

Elle explique que pour qualifier une agression, il faut qu’il y ait « conscience de l’infraction ».

« Quand ce sont des enfants très petits, il faut qu’il y ait conscience de l’interdit.

Ça arrive à 3, 4, 5, 6, 7 ans…

C’est propre à chaque enfant.

Il existe un principe de responsabilité pénale : l’âge à partir duquel on peut être reconnu coupable d’une infraction.

Il n’y a pas d’âge fixé en France, mais on prend en compte la capacité de discernement, la capacité de comprendre les conséquences de ses actes. »

Source : La Dépêche

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