27
MAR
2017

Les réseaux pédocriminels n’existent pas | Round 11 | Réseau Fabra-Alcacer

Comme les bonnes gens le savent bien depuis les procès Outreau, Dutroux ou encore Émile Louis… les réseaux pédocriminels N’EXISTENT PAS, ce ne sont que des prédateurs isolés ou des enfants qui mentent…

Des gens qui payent pour violer, torturer et tuer des enfants ?

Vous n’y pensez pas ! Au pays des droits de l’homme, entre gens civilisés…

Voyons, vous avez l’esprit malade typique des conspirationnistes des réseaux pédophiles…

Oui, bon, il y a quand même le réseau d’Angers qui a impliqué des dizaines d’adultes et d’enfants…

Ah bon, vous ne connaissez pas ? Étonnant !

C’est vrai que les médias n’en ont pas beaucoup parlé, en tous cas beaucoup moins que de l’affaire Outreau.

 

Trêve d’humour noir.

Afin de creuser un peu le vaste sujet des réseaux de trafic, de prostitution et de mise à mort d’enfants,

Wanted Pedo a décidé de remettre en avant un certain nombre de réseaux qui ont été mis au jour par les justices de pays étrangers :

USA, Pays-Bas, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Belgique, Allemagne, Europe centrale, Australie, etc.

Pour ne pas dire que nous aborderons plutôt LE réseau pédophile occidental interconnecté, vous vous en rendrez compte par vous-même au fil de ces articles.

Ces articles sont le fruit d’enquêtes longues et sourcées de la part de dondevamos et méritent d’être lus et partagés.

En effet, la France semble être le seul pays occidental à être quasiment épargné par les réseaux pédocriminels.

Nous laissons le lecteur en tirer les conclusions logiques.

Un réseau pédocriminel et de corruption impuni depuis 15 ans en Espagne

Des médias espagnols, comme La Republica, ont récemment fait sortir une sale affaire.

Une affaire de réseau pédocriminel d’élite comme il n’en existe pas, mais qu’on a déjà débusqués aux Pays-Bas, en Angleterre, en Belgique…

Un réseau dans lequel on trouve des politiques, des magistrats, une infirmière assassinée, et des gamins violés devant les caméras.

Décidément, un classique.

La Republica nous explique ainsi que

“Carlos Fabra pourrait être impliqué dans une affaire de viols de fillettes mis à jour par le fisc”

Qui est ce Carlos Fabra ?

Un homme d’affaires et politicien libéral à l’allure (mais pas seulement) de mafieux et au carnet d’adresses bien fourni.

Il est aujourd’hui à un poste clé pour un réseau pédophile en tant que président d’Aerocas, la société publique de gestion de l’aéroport de Castellon.

Il vient d’une riche famille très implantée en politique depuis plusieurs générations.

En 1972, sous Franco, Fabra devient secrétaire du groupe provincial de protection des mineurs, avant d’atterrir à la chambre de commerce.

Il a même été rapidement secrétaire de la conférence des chambres de commerce espagnole et française, et a été président du parlement régional jusqu’en 2010.

En 2008, une enquête pour fraude fiscale l’a vaguement inquiété, mais apparemment l’individu a pas mal de casseroles politico financières et de corruption aux fesses.

Fabra (photo juste au-dessus) est un facho fan de Franco, qui a même été jusqu’à nier l’existence du coup d’État fasciste en 1936.

Selon lui, Franco a instauré la paix et la justice en Espagne.

En 2009 il avait déjà été question d’un réseau pédophile puissant, avec des liens internationaux, qui a mystérieusement échappé au couperet de la justice, et cela malgré une accumulation certaine de témoignages concordants.

C’est Reinaldo Colás, le père de deux fillettes qui ont été victimes, entre autres, d’un certain Giuseppe Farina, ex président de l’AC Milan (jusqu’en 1986 quand Berlusconi lui a succédé suite à des détournements d’argent, ce qui lui a valu de s’exiler d’Italie) et chef d’entreprise lui aussi, qui a permis de dévoiler une partie de ce réseau.

Le papa en question a découvert que ses filles étaient exploitées sexuellement ainsi que d’autres enfants par un groupe de personnages puissants de la région de Valence en Espagne, au cours de soirées privées.

Certaines de ces soirées auraient eu lieu à la ferme Mas del Coll, ou encore dans un bar de Benicarló où les viols d’enfants étaient filmés.

Farina, un italien, était le nouveau compagnon de la mère des fillettes, âgé de 40 ans de plus qu’elle.

Il va sans dire que l’affaire avait été étouffée, jusqu’à ce qu’un des membres du réseau se pointe devant le procureur en tant que repenti.

Il a tout raconté et dit que le type au sommet de ce réseau était Carlos Fabra, le président du parlement castillan.

L’internationale pédophile en action

Giuseppe Farina et Bernard Alapetite, ce pseudo cinéaste pédophile et néo nazi français qui organisait un système de pédopornographie avec les réseaux Toro Bravo et Ado 71 notamment, faisaient partie du même réseau ainsi que de grands avocats, des chefs d’entreprise, des juges et des politiques.

Tout ce petit monde était membre d’une même organisation mafieuse.

Alapetite était en fait un producteur et un diffuseur de films pédophiles avec des viols d’enfants, qu’il revendait 120$ l’unité.

Au sujet d’Alapetite, Libération mentionnait:

” L’organisateur présumé du trafic de cassettes, Bernard Alapetite, 46 ans, interpellé à La Baule (Loire-Atlantique), où il était sous contrôle judiciaire, s’est vu notifier une nouvelle fois sa mise en examen et a été écroué hier après-midi. (…)

Alapetite avait été condamné trois fois pour des faits similaires et avait écopé de trois ans et demi avec sursis.

Ses derniers ennuis judiciaires remontaient à 1992, il avait été jugé deux ans plus tard, puis les enquêteurs l’avaient à nouveau entendu dans l’affaire Toro Bravo en novembre 1996. (…)

Bernard Alapetite connaît bien les principaux accusés du procès Toro Bravo.

Comme Michel Caignet, cet ancien ingénieur en construction mécanique vient de l’extrême droite et a collaboré dans les années 70 à la revue néofasciste Défense de l’Occident, et à celle de la nouvelle (extrême) droite, “Éléments”, éditée par le Grece (Groupement de recherche et d’étude pour la civilisation européenne).

Caignet, trésorier de la Fane (Fédération d’action nationale européenne) en 1978, s’en était fait bruyamment exclure au lendemain du 20 avril 1986, après le traditionnel banquet pour l’anniversaire d’Adolf Hitler.

Caignet avait distribué son journal, Gaie France, aux invités étrangers et suggéré que Mussolini était homosexuel, ce que les camarades italiens avaient fort mal pris”.

On peut aussi noter qu’Alapetite, un facho qui a écrit dans diverses revues d’extrême droite (Défense de l’Occident, Initiative nationale du Parti des forces nouvelles, et Éléments) était dans le coin où Madeleine McCann a disparu au moment des faits, et qu’il a même été suspecté de l’enlèvement par les flics et par un journaliste espagnol.

En 1995, il aurait carrément servi d’informateur pour démanteler un réseau pédophile implanté dans un bar de Séville, dans le cadre d’une opération de police intitulée “Arny”.

Le pendant français était l’opération “Toro Bravo”, à Macon mais aussi à Bogota.

66 personnes ont défilé devant le tribunal en 2000, lors de l’appel, et il y a aussi eu quelques suicides lors des arrestations (dont un haut cadre de Giat Industries à Tulle, la ville de François Hollande, qui s’est pendu après qu’on ait retrouvé des vidéos pédopornos chez lui).

Près de 700 pédophiles liés à ce réseau ont été identifiés en France, mais seulement 235 types ont été mis en cause.

Parmi eux, beaucoup avaient un travail en relation avec les enfants.

A l’époque, un représentant de la Ligue des Droits de l’Homme avait parlé de “chasse aux sorcières au sujet de ce procès, précisant qu’il ne fallait pas confondre Dutroux et des “pédophiles voyeurs”.

Alapetite n’a pas été inquiété pour l’opération espagnole, et a pris seulement un an de prison en France.

Depuis, on aurait perdu sa trace, jusqu’en 2005 quand il est localisé sur la côte sud du Portugal.

On sait aussi qu’il a beaucoup voyagé en Europe et jusqu’en Angleterre.

Il utilise des pseudos, comme Philippe Desnous, et va régulièrement en Belgique pour écouler sa marchandise en toute tranquillité.

D’après certains, Alapetite était impliqué dans le réseau Coral.

Dans leur petit groupe de pervers, ces messieurs organisaient des partouzes pour lesquelles ils faisaient venir des enfants depuis une institution publique du coin, exactement le même schéma que celui qui est en ce moment mis à jour en Angleterre avec le réseau de Savile & Co.

Le même réseau faisait aussi dans le trafic de cocaïne.

Mais, cela n’est vraiment pas très original, on a vu la même chose avec le réseau belge, par exemple.

En 2000, l’une de leurs victimes âgée de 19 ans porte plainte et est entendue par les juges.

Elle a parlé de Fabra qu’elle a reconnu dans les journaux, de Farina son “beau père” qui l’aurait violée entre ses 9 et ses 12 ans, d’un ex juge devenu avocat (un certain Ramón Jovani Puig alias Ramón Grau), d’un dénommé José España, du réseau, d’autres enfants.

Le réseau organisait aussi un trafic de vidéos pédopornos.

Elle a parlé du bar de Benisarlo, qui appartenait à un trafiquant de coke, José España Minguez, arrêté en 1999 suite à une saisie de 16kg de cocaïne.

Un italien dénommé Carlo Bofante, qui trainait au bar “Espana”, amenait de la drogue en Italie et revenait avec de l’argent, et Farina faisait pareil en Espagne, avec des chargements en provenance du Panama qu’ils réceptionnaient.

Les premières allégations concernant ce réseau remontent à 1997, quand Reinaldo Colás, a compris que ses filles âgées de 3 et 5 ans l’époque, étaient victimes de viols répétés.

Pourtant, les magistrats ont toujours estimé qu’ils manquaient de preuves pour lancer un procès.

Les fillettes vivaient dans la ferme Mas de Coll avec leur mère Dunja Adcock et Farina, qui s’est depuis remarié, à 75 ans, avec une avocate italienne.

D’après cette victime, Farina prostituait carrément les filles auprès de son petit réseau de pervers.

Il va sans dire également que le père a tenté de reprendre la garde de ses filles, et qu’on n’a cessé de lui mettre des bâtons dans les roues.

Colas a donc mené son enquête et récupéré divers témoignages concernant de réseau pédocriminel.

Là aussi, la justice et les médias se sont empressés de limiter l’affaire à un “conflit parental”, c’est tellement pratique.

En 2006, Reinaldo Colas a même été condamné à un an et 5 mois de prison pour fausses accusations contre Fabra, Farina et compagnie.

Aujourd’hui, il a monté une association appelée “Asociación de Defensa de Niños Vítimas de Corruptión Sexual Infantil”.

D’ailleurs, c’est la juge Sofia Díaz Garcia, dont on va reparler plus bas, qui a classé la procédure concernant la plainte de Reinaldo Colás.

La justice a considéré qu’il n’y avait aucune trace d’abus ou de viol.

Accessoirement, ladite juge Diaz Garcia a poursuivi sa carrière tranquillement, et continue à juger les citoyens.

Il ne semble même pas qu’elle ait eu un rappel à l’ordre.

Parmi ces témoignages, celui d’un habitué du bar “Espana”, un certain Antonio Peraire, qui y raconte en 1999 comment se déroulaient les soirées dans ce lieu fréquenté par du gratin.

Des fillettes de 8 à 12 ans environ y étaient amenées, et parfois quelques garçons.

Peraire connaissait Carlos Espana, le fils du trafiquant de coke et patron du bar, depuis l’école, et il a participé à quelques trafics de drogue avec lui.

Pourtant, Peraire a fini par parler au père des fillettes, Reinaldo Colás, qui a enregistré de nombreuses heures de conversations avec lui, et l’a convaincu de se rendre chez les flics et de tout balancer en échange d’une protection.

Des films étaient tournés à l’initiative de Carlos Espana, à l’étage par “le français”, c’est-à-dire Alapetite, le “cinéaste” pédo, qui montait avec des enfants.

D’autres français aidaient à écouler des vidéos en France.

Farina et un congénère se chargeait de la revente en Italie.

Peraire a précisé que sur un film pédoporno “amateur” que lui avait montré Espana, il avait reconnu la fille aînée de Reinaldo Colás, et il a ajouté que Farina a parfois tenu la caméra lors de viols d’enfants.

Selon lui, la mère des fillettes et un certain Ramón Grau, l’ex juge, participaient aussi à ces partouzes et apparaissaient sur les vidéos.

Parmi ses déclarations, Peraire a établi un lien entre le bar Espana et le triple meurtre d’Alcacer (trois adolescentes qui ont été massacrées en 1992, un lampiste condamné, un autre en fuite, et de sales rumeurs d’un crime rituel commis par des puissants).

Ce qui laisse songeur quand on sait que par exemple Luis Solana, franc maçon et frère de Javier Solana de la Commission européenne, est cité comme l’un des meurtriers.

Et que bien sûr, les seuls à avoir eu des problèmes sont de petits délinquants, et même le père d’une des victimes qui a accusé publiquement des gens un peu trop puissants.

On s’aperçoit dans cette affaire, comme dans celle du bar “Espana” et d’autres, que les politiciens impliqués dans le réseau pédophile l’utilisent pour corrompre leurs petits camarades, probablement autant que par plaisir personnel.

On s’aperçoit aussi que les mêmes trempent dans pas mal de détournements d’argent, y compris à grande échelle, et toujours sur le dos des citoyens.

De fait, un type comme Fabra, qui filmait lui-même les partouzes, avait tout intérêt à se protéger et à avoir des moyens de pression sur ses copains.

Mais, comment cela est-il possible dans nos magnifiques démocraties ?

“Ceux qui contrôlent la Justice contrôlent le Pouvoir”

Peraire affirme également avoir vu au moins deux fois la juge Sofía Díaz parler au bar Espana avec l’ex juge “Ramon Grau”.

Sofía Díaz avait, comme par hasard, classé la première plainte d’abus sexuels sur mineurs concernant Guiseppe Farina.

Son témoignage a été considéré comme valide par les flics parce que sa description des lieux correspondait parfaitement.

Apparemment, c’est Ramón Jovani Puig qui était au cœur du réseau.

Il sortait avec l’ex du trafiquant de cocaïne, Teresa Montilla, qui tenait le bar “Espana” pendant que son ex était en taule.

Mais c’est Carlos Frabra qui se trouvait au sommet de l’organisation.

C’est lui qui, chaque mois, organisait une grande fête avec les lieutenants du réseau, les clients, et de nombreux invités, où des enfants étaient servis aux pédos.

Bien sûr, Fabra a poursuivi  Reinaldo Colás pour injures et diffamation dès qu’il l’a accusé en plein meeting public d’être un pédophile et un violeur d’enfants.

En 1996, une infirmière qui travaillait à l’hôpital Comarcal de Vinaros, Alicia Martinez, est retrouvée assassinée.

Hors, il se trouve qu’elle a été la compagne d’un avocat, et avait eu une relation intime avec Ramon Grau, ce pédophile sadique au cœur d’un réseau ultra puissant de corruption, avec lequel elle se rendait parfois au bar Espana.

Peraire a déclaré qu’il a entendu ramon Grau, au bar Espana, s’énerver sur Alicia Martinez, qu’il traitait de tous les noms parce qu’elle ne voulait pas “collaborer avec nous.

Il disait qu’elle était devenue folle et qu’il fallait y remédier.

La réunion au cours de laquelle Ramon Grau a signé l’arrêt de mort de l’infirmière étaient présents Carlos Espana, Juan Mateu, un autre habitué du bar, Francisco Rosca, Juan Mateu, Farina et Teresa Montilla.

Quelques jours plus tard, on a emmené Alicia Martinez en boite, puis on l’a séquestrée chez elle, et puis on a retrouvé son corps sur une plage, rejeté par la mer.

La raison?

Elle en avait marre de soigner les enfants victimes de maladies sexuellement transmissibles et autres blessures anales et vaginales dues aux viols répétés qu’ils subissaient de la part de ce réseau de tarés.

A Benicarlo, tout le monde savait très bien qu’Alicia n’était pas morte par accident, comme on l’a dit avant qu’on ne retrouve son corps (elle était censée avoir été tuée suite à une chute avec son véhicule qui a pris feu).

“La manipulation de l’information destinée aux médias était l’affaire de la juge Sofia Diaz et du Capitaine Santos de Vinerós qui s’organisaient au bar Espana avec les autres ce qu’il fallait ou non publier”, a raconté Peraire.

Sofia Diaz était la juge qui contrôlait toutes les affaires impliquant le réseau de Fabra, afin de manipuler les procédures.

Encore mieux: cette juge contrôlait les nominations à la Residencia de Menores Baix Maestrat de Vinarós, un foyer pour jeunes “difficiles” d’où venaient certains des enfants exploités par le réseau.

Ainsi, Martinez savait qu’il y avait régulièrement de nouveaux enfants pour les clients.

Des enfants issus de familles déficientes ou simplement pauvres, comme ça s’il y a une plainte un jour on ne répond tout simplement pas aux parents, on la met aux oubliettes et il ne se passe rien.

Certains parents, après cela, ne voyaient plus du tout leurs enfants, qui étaient juste envoyés dans un autre foyer un peu plus loin.

Les enfants étaient souvent amenés par Farina, mais aussi par la directrice du centre ou par une éducatrice, “suivant la quantité d’enfants” qu’il fallait ramener.

Selon les déclarations du même Peraire, le meurtre sauvage de toute une famille était un “cover-up” décidé lui aussi au bar Espana : le père de la famille devait témoigner à une audience dans le cadre d’un trafic de faux billets en lien avec la branche française du réseau.

Histoire de clore le chapitre, on a dit que “selon les analyses” c’est le père qui a tué sa femme, son fils de 13 ans et lui même.

Il semble d’ailleurs que ce mode de meurtre familial soit à la mode, et pas seulement en Espagne, pour étouffer les affaires compromettantes.

Peraire évoque encore un certain Jaime, condamné pour avoir tué sa fiancée.

Il travaillait comme conseiller au foyer pour enfants Baix Maestrat de Vinarios, et aussi au bar Espana où il fournissait des enfants du foyer pour les clients, sur les ordres de Juan Mateu.

Il se trouve, selon Peraire, que la fiancée de Jaime, Mari Carmen, ne supportait pas les activités de son compagnon et l’exploitation des enfants de la Residencia de Menores de Baix Maestrat.

“Je suis conscient du danger pour ma vie après avoir fait cette déclaration, volontairement, au poste de police, mais je n’ai pas peur, cette confession m’aide à être en paix avec moi-même et avec les nombreuses victimes de cette organisation”

a précisé Peraire avant de décrire un fonctionnement par la terreur qui ressemble fort à ce qu’ont décrit les témoins X de l’affaire Dutroux, ou encore les enfants victimes à Outreau:

“L’organisation fonctionne avec un système infaillible pour créer la peur chez ses victimes, même de la terreur, je pense qu’on peut les qualifier de terroristes, ils trouvent toujours un moyen de s’en sortir avec leur habitude de menacer de mort leurs vitcimes et les citoyens de Benicarlo et des alentours qui pourraient nuire à leurs intérêts”.

Dans ces cas là, on l’a vu, les décisions sont prises au cours de réunions qui se tenaient dans le complexe du bar Espana.

Il a ajouté qu’à Benicarlo, beaucoup d’habitants vivent dans la peur de ce réseau et de ses hommes de main.

Et beaucoup de meurtres non résolus sont en réalité le fait de cette bande de mafieux pédocriminels.

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Aucun des protagonistes n’a été inquiété.

Décidément, le couperet de la justice semble s’enrayer.

On n’ose imaginer la raison de cette passivité flagrante…

Justice corrompue, pédophiles à tous les niveaux (ou presque, d’ailleurs on en viendrait à plaindre les rares qui ne le sont pas dans ces milieux), politiciens véreux, corrupteurs, corrompus et mafieux?

Rayez les mentions inutiles.

L’affaire Alcacer

L’histoire, c’est ce qu’on a appelé le « crime d’Alcacer » : la disparition, la séquestration, la torture et le meurtre de trois ados du village d’Alcacer âgées de 14 et 15 ans, Míriam, Antonia et María Deseada.

Elles ont été enlevées durant la nuit du vendredi 13 novembre 1992, alors qu’elles faisaient du stop pour aller en discothèque dans le village d’à côté (2,5 km).

Deux apiculteurs qui participaient aux recherches ont retrouvé les corps le 27 janvier 1993, 57 jours après, à moitié enterrés dans une fosse, dans un lieu désertique appelé La Romana, près du barrage de Tous.

L’autopsie, du moins ce qui en a été dit dans les médias, a fortement choqué l’opinion, car les trois gamines avaient subi des abus sévères.

Anglés a été vu en voiture avec Ricart ce soir-là et ils auraient embarqué les trois filles qui faisaient du stop.

Elles auraient été violées dans une maison abandonnée près du lieu où on les a retrouvées, puis tuées d’une balle dans la tête et enterrées.

D’après la théorie officielle, les ados se sont laissé emmener sans trop de résistance.

C’est d’ailleurs ce qu’a raconté Ricart. Mais ce n’est pas ce que montrent les blessures sur les corps.

Très vite, les enquêteurs ont désigné Antonio Anglés et Miguel Ricart, deux petits délinquants, comme auteurs des faits.

Le premier, qu’on considère comme l’auteur des meurtres, est toujours en cavale, pendant que son copain a été condamné à 170 ans de prison à l’issue d’un procès controversé.

Il a fait des déclarations contradictoires et tellement irréalistes qu’une reconstitution n’a pas été possible.

De fait, certains ont évoqué la piste d’un réseau criminel adepte de snuff movies.

Les faits

Les gamines ont disparu entre l’entrée du village de Picasent où elles ont été vues pour la dernière fois, et la discothèque, alors qu’il y avait du monde partout dans les rues.

Certains disent qu’elles ont été dans la discothèque ce soir-là, mais le lieu exact de leur disparition est flou.

Dès que les parents ont signalé les disparitions, le lendemain matin, les recherches ont démarré avec la participation de nombreux habitants.

On n’a retrouvé les corps que parce que des pluies intenses les avaient en partie déterrés.

Comme par hasard, on a retrouvé dans la fosse un gant appartenant à Ricart, une douille et un document officiel appartenant à Enrique Anglés Martins, frère d’Antonio Anglés.

La Guardia Civil s’est donc pointée chez les Anglés, et Antonio a pris la fuite.

Il est resté un mois dans une ville de la région, et aurait failli être arrêté dans une autre.

Depuis, sa piste réapparait de temps en temps, mais toujours trop tard.

Finalement, il serait parti en Irlande en 1993, depuis Lisbonne, et en 2000 celui qui était alors secrétaire d’État à la sécurité, Marti Fluxa, et l’actuel chef de la police, Juan Cotino, ont déclaré qu’on avait retrouvé des ossements en Irlande, et qu’ils pourraient bien appartenir à Anglés.

Anglés est toujours parmi les criminels les plus recherchés par Interpol, et à la mi janvier on apprend que des proches d’Angles ne sont plus sur écoute depuis 2009.

Pour certains, comme l’auteur de « Autopsia en la Romana », les filles ont été enterrées dans un autre endroit avant d’être enterrées à la Romana [1].

D’après lui, elles ont probablement d’abord été enterrées à La Albufera, un grand lac où le sol a les mêmes caractéristiques que celles de la terre retrouvée sur les corps des enfants.

On n’a pas trouvé de traces biologiques des trois filles dans le véhicule de Ricart, avec lequel elles sont censées avoir été amenées à la Romana.

On n’a pas trouvé de traces non plus sur le lieu de l’enterrement qui est censé être la scène de crime : pas de sang, pas de cheveux, rien à part le gant de Ricart et le document d’Anglés.

On ‘na pas retrouvé les mains manquantes, ni les dents manquantes sur les corps.

La seule chose qui a été trouvée dans une maison en ruine à proximité, c’est un pendentif trouvé dans le grenier, qui a été reconnu par l’une des familles.

Les spécialistes de scène de crime n’étaient pas encore arrivés de Madrid quand on a trouvé et déterré les corps.

Les familles des deux criminels se sont considérablement enrichies depuis les faits.

Et 13 ans après, la seule preuve que Ricart et Anglés sont coupables vient des aveux de Ricart et des objets retrouvés sur place.

La reconstitution n’a pas permis d’éclaircir le déroulement des faits.

La chronologie est des plus aléatoires, et même en changeant plusieurs fois de version, la Justice n’est pas parvenue à faire une reconstitution.

Plusieurs suspects ont été arrêtés, et le 27 janvier, quand on a retrouvé les corps, on a décidé que les coupables étaient Ricart et Anglés.

Avant ce jour-là, un certain nombre de « coïncidences » ont eu lieu.

– Sept jours plus tôt, les autorités avaient promis de mettre une équipe spéciale pour enquêter sur les faits, équipe qui n’est jamais arrivée.

– Deux jours plus tôt, Fernando Garcia, le père d’une des trois ados qui était très actif dans l’enquête, était parti à Londres pour lancer un appel sur la BBC  au cas où les filles auraient été victimes de réseaux de traite des blanches à destination des pays arabes.

Il y était allé à l’invitation de Raymond Nakashian, un milliardaire dont la fille avait été kidnappée quelques années plus tôt [2].

– La veille, il a été décidé que les enquêteurs venus de Madrid devaient repartir le 27 au matin, mais l’équipe de remplacement n’est jamais arrivée.

Si bien que durant plusieurs heures, notamment quand on a retrouvé les corps, il n’y avait pas d’enquêteurs spécialisés.

Du coup, c’est une équipe de la gendarmerie locale qui a déterré les corps.

– Ce matin là, deux apiculteurs décident, en plein hiver, d’aller voir leurs ruches et découvrent par hasard les corps à moitié enterrés.

Quand l’un de ces apiculteurs a été interrogé par un enquêteur indépendant, simple citoyen, il lui a dit que ce qu’il désirait le plus au monde était de dire la vérité de ce qu’il s’est passé ce jour-là aux parents des trois filles.

Luis Romero Villafranco, président du Barreau de Valence, s’est proposé pour défendre les intérêts des familles.

Le procès s’est déroulé de mai à septembre 1997 et Ricart, qui avait un avocat commis d’office, a été condamné à 170 ans de prison.

Quelques questions

De faux témoignages ont été présentés par l’accusation, comme celui d’un patron de bar qui aurait vendu trois sandwichs aux deux accusés, alors qu’il ne les avait pas vus ce soir-là.

Pourtant, ce fut un témoignage clé de la procédure.

A l’inverse, on peut s’étonner qu’Enrique Anglés, dont le nom apparaît sur le document trouvé à La Romana, n’ait pas été interrogé dans les heures qui ont suivi la découverte des corps, alors que son frère devait être interrogé.

Pas de chance, il a eu le temps de s’enfuir, on ne sait trop comment.

On sait aussi que Ricart vendait de la drogue à la sortie de l’école de Miriam.

Et on peut se demander pourquoi elles auraient fait du stop alors qu’il leur restait à peine un kilomètre à faire.

Pourquoi sont-elles allées en boite alors qu’elles n’avaient pas d’argent sur elles ?

D’ailleurs, Miriam aurait dit à son frère qu’elle n’allait pas à la discothèque, et des amies pensaient les trouver ailleurs, à Zass.

Pourquoi les procès verbaux sur la découverte des corps ne correspondent pas avec ce qu’ont vu les deux apiculteurs ?

Pourquoi les flics n’ont-ils pas pris au sérieux les témoignages de proches des trois filles, qui ont été entendus dans les heures suivant les disparitions, alors que ces déclarations auraient permis de les localiser et peut-être de trouver qui les avait kidnappées.

En effet, 48 heures après la disparition des filles, des proches d’Anglés ont déclaré à un témoin, portier à la discothèque de Picassent où elles sont allées, qu’elles étaient enterrées dans un chalet près de Picassent

Ce sont le père d’une des filles, Fernando Garcia, et le journaliste Juan Ignacio Blanco qui ont creusé plus en avant et ont soulevé quelques lièvres.

Ce qui leur a valu pas mal d’ennuis.

D’après les autopsies des ados, elles ont été torturées de manière extrêmement sadique et ont été agressées par au moins sept personnes différentes.

Aucun des poils retrouvés sur les corps n’appartenaient à Ricart ou Anglés.

Pourtant, la justice a conclu qu’il était « invraisemblable » que d’autres personnes aient participé aux tortures et aux meurtres.

Quant aux sévices subis, ils ne sont pas sans rappeler certaines pratiques sataniques.

Les faits ont eu lieu une nuit de pleine lune, on a retrouvé des dents cassées chez les trois filles, dues à des « coups contrôlés » et de coups beaucoup plus sauvages à tel point que les cervicales ont été touchées.

L’intention était vraisemblablement de provoquer le maximum de douleur.

Le légiste Frontela a compté une trentaine de fractures au total.

Chez deux des filles, les extrémités du corps n’avaient plus de peau bien que les corps étaient vêtus, et l’une d’elles n’avait plus de peau dans le dos bien que ses vêtements étaient intacts.

Et bien que les faits sont censés s’être produits à La Romana, aucune trace de sang n’y était visible.

Desirée a été poignardée à deux reprises plusieurs heures avant sa mort, probablement pour le rituel qui consiste à boire du sang.

Les trois ont été coupées à l’épaule.

On a retrouvé des objets, dans l’estomac de Miriam et dans le vagin de Desirée, objets étranges composés de restes d’animaux.

Les trois ados ont été achevées, semble-t-il, d’une balle dans la tête.

Mais on n’a pas retrouvé les douilles à La Romana.

Après tout cela, les corps ont été lavés, puisqu’on n’a retrouvé aucune trace de sang.

Les ongles ont été coupés et enlevés, et une partie des cheveux et poils pubiens aussi ont été retirés.

On a retrouvé deux pierres dans les sinus d’Antonia.

Parmi les violences qu’elles ont subies, des mutilations qui empêchent d’admettre qu’elles ont sagement fait le trajet de 800 mètres entre la maison en ruines et la fosse où elles ont été enterrées, en marchant et sans perdre de sang.

Ricart n’a cessé de se contredire, alors qu’il le seul à défendre la thèse officielle, souvent contre l’évidence.

Des témoins se contredisent aussi : les gendarmes présents quand on a déterrés les corps disent que les filles étaient enveloppées dans un bout de moquette, mais pour trois civils également présents (les deux apiculteurs et le type des pompes funèbres) il s’agissait d’un tapis et même d’un tapis de valeur.

Quoi qu’il en soit, aucune trace de sang n’y apparaissait, ni même aucune trace de boue alors que les corps des filles étaient recouverts de boue et qu’ils sont censés être restés dans ce tapis durant 75 jours.

Et pourquoi le ministère de l’Intérieur a-t-il versé de l’argent aux familles Anglés et Ricart ?

On ne peut pas poser ici toutes les questions qui mériteraient de l’être, j’y reviendrai plus tard.

Mais la procédure, comme la couverture médiatique, les investigations, les prises de positions des uns et des autres, tout a été assez obscur depuis le départ.

 

Depuis, on nage dans le bourbier

En 1997, une enquête a été menée sur un français soupçonné d’être en relation avec la disparition des filles.

Demeurant dans un chalet à Alberique, il possédait aussi un immeuble à Marbella, ville côtière assez chic, sans jamais avoir de revenus.

Lui aussi était en relation avec le milliardaire Raymond Nakashian.

En janvier de la même année, sur deux plateaux télé, Fernando Garcia et Juan Ignacio Blanco ont déclaré qu’ils avaient trouvé quatre des coupables des meurtres.

Ils désignent :

Alfonso Calvé, qui était gouverneur d’Alicante, il a été chef de cabinet du directeur général de la police, et était responsable des « fonds spéciaux » de la police.

On va reparler de lui un peu plus bas, car ce psychiatre de formation était l’un des quatre actionnaires d’une maison de repos d’Alicante de laquelle une ado a disparu à la même époque.

Il est membre de la Royal Society of Saint Georges, un club dirigé par la reine d’Angleterre et qui a des succursales partout dans le monde.

Son but, dit le site web de la société, est de développer l’amour de l’Angleterre et assurer les intérêts du pays dans le monde.

Les premières succursales de ce truc ont été créées à New York en 1770 et à Philadelphie en 1772.

La branche de la Costa Blanca à laquelle appartient Calvé a été créée en avril 1991 et inaugurée pour le St-George’s day le 23 avril 1992.

Parmi les invités qui s’y affichent, des diplomates anglais, des aristocrates comme le Duc et la Duchesse de Wellington, le journaliste et politicien anglais Michael Portillo et bien d’autres.

José Luis Bermudez de Castro, producteur de cinéma.

Apparemment, il est assez ami avec Calvé pour que celui-ci fasse disparaitre des éléments à charge dans une magouille financière.

Francisco Laina, qui était haut fonctionnaire au ministère de l’Intérieur.

Luis Solana, frère de Javier Solana et ex-patron de Telefonica membre du PSOE, le parti socialiste, on le dit assez proche du roi Juan Carlos.

Aujourd’hui il dirige une compagnie d’investissement orientée vers les nouvelles technologies.

Il a aussi de nombreuses décorations : Medalla al Mérito Constitucional, la Cruz de Oro de la Cruz Roja, la Gran Cruz al Mérito Naval, la Cruz de Plata de la Guardia Civil y Guardia Civil Honorario.

Selon eux, ces types font partie d’un « réseau de sadiques sexuels » responsable de la disparition de

« près de 150 fillettes et adolescentes qui ont pu subir la même fin tragique que Toni, Mirian et Desirée ».

Immédiatement, les quatre personnes dénoncées se sont drapées dans leur vertu et ont contre attaqué.

Francisco Garcia et Juan Ignacio Blanco ont donc été poursuivis, ce qui ne leur faisait pas peur car finalement, ils avaient hâte de pouvoir démontrer l’implication des quatre.

Le journaliste qui les a laissé parler en direct, Pepe Navarro, a réaffirmé que leur enquête était solide et fiable, et que de toute manière il fallait la prendre en compte, il a du verser des indemnités pour injures et calomnie.

Le ministère de l’Intérieur a répliqué en réclamant une émission entière pour démentir.

Quant à Garcia et Blanco, ils ont du faire des excuses publiques, également diffusées.

Y compris par la mère d’une des trois adolescentes, qui a porté plainte contre Garcia parce qu’il a diffusé les images des corps et des autopsies.

De fait, les familles sont divisées : Garcia, le père de Miriam, et les parents d’Antonia, pensent que des personnes importantes sont impliquées, alors que la mère de Desirée Hernandez exclut cette hypothèse, et pense que ce sont de petits délinquants qui ont aidé Ricart et Anglés à tuer les filles.

Mais, tout le monde admet que les assassins étaient plus que deux.

L’association Clara Campoamor, qui dit aussi réclamer la vérité sur le massacre, prend également ses distances avec ces dénonciations, tout en affirmant que l’analyse de différents poils confirme qu’il y avait bien

« un troisième assassin ou quelqu’un qui est intervenu dans l’enterrement ».

De plus, l’association admet le récit de Ricart comme étant relativement vrai.

Les condamnations ont été sévères dès le départ contre Fernando Garcia et Juan Ignacio Blanco, le but étant de les ruiner et de les faire taire.

Le 16 décembre 2012, Juan Ignacio Blanco a été acquitté des poursuites pour la diffusion de photos des autopsies, ce qui aurait choqué la mère d’une des fillettes, qui a porté plainte.

Il risquait deux ans de prison mais on n’avait pas de preuves que c’était lui qui les avait diffusées.

Bref, il semble bien que le but est d’enterrer définitivement toute l’affaire, qui décidément commence à faire trop de bruit en Espagne.

D’autres disparitions

Cette liste n’est pas exhaustive et je reviendrai sur toute cette affaire assez rapidement, plus en détail.

1)  En 1992 ont également disparu deux copines de 15 et 16 ans, Virginia Guerrero Espejo et Manuela Torres Bouggefa, dans le nord du pays, alors qu’ils partaient faire du camping.

La dernière fois qu’elles ont été vues,  le 23 avril 1992 (sept mois avant les trois disparitions d’Alcasser), elles faisaient du stop vers Aguilar de Campo au retour de la discothèque « El Jardín de Cupido » à 20 km de là.

Depuis, on n’a pas la moindre piste quant à ce qui a pu leur arriver.

La mère de Virginia pense que sa fille est toujours en vie puisqu’on n’a pas retrouvé les corps, mais elle refuse toujours de parler à la presse.

En octobre 2001, les médias ont parlé de crânes retrouvés quelque part, mais après analyse, on a dit qu’ils dataient de la guerre civile.

Depuis, aucune piste sérieuse.

2)  Dans la nuit du 29 au 30 octobre de la même année, c’est Gloria Martinez, 17 ans, qui disparait d’une clinique de repos à Alfas del Pi près d’Alicante, à 100 km à peine de Picassent et Valence.

Ses parents avaient décidé de l’envoyer dans une clinique de repos, « Torres de San Luis », où les patients sont répartis dans des bungalows le long d’une autoroute, pour des problèmes d’anxiété et d’insomnie.

Depuis un an, Gloria était suivie par la psychiatre Soler, puis a cessé de la voir et son état aurait empiré, si bien que finalement Soler a recommandé qu’elle passe quelques jours à la « clinique ».

Gloria aurait disparu au vers une heure et demie du matin, sans ses lunettes alors qu’elle ne voyait rien, gavée de sédatifs, aurait traversé les jardins, passé plusieurs murs (dont un de deux mètres de haut) et se serait évanouie dans la nature par une nuit sans lune.

Depuis, plus de nouvelles malgré une récompense d’un million de pesetas promis par une association.

La clinique Torres de San Luis appartenait à une société anonyme composée de quatre associés, dont Alfonso Calvé, le gouverneur d’Alicante.

Les gens y allaient pour se reposer ou pour des pathologies non sévères.

Ce n’était pas vraiment une clinique, plutôt une maison de repos.

D’ailleurs selon les responsables de la clinique, la nuit de sa disparition, Gloria était attachée à son lit.

Elle aurait demandé à aller aux toilettes, l’infirmière l’aurait détachée et Gloria l’aurait frappée avant de s’enfuir.

Cela, malgré une importante dose de calmants.

Les flics auraient fouillé les alentours sans rien trouver.

Et on a considéré qu’il s’agissait d’une simple fugue, après tout Gloria ne voulait pas aller dans cette clinique.

Et puis en 1994, un nouveau juge d’instruction débarque sur l’affaire, et ordonne de fouiller les plantations autour, les ravins, les égouts, et aussi toute la clinique, jusqu’à la fosse septique.

Où on a retrouvé un sac avec des effets personnels de Gloria Martinez, contenant des sous vêtements et une ceinture.

Là, l’infirmière présente lors de la disparition change de version et déclare que Gloria avait uriné sur elle-même et qu’il a fallu la changer.

Une analyse graphologique de l’écriture de Gloria le 29 octobre montre qu’elle avait reçu une forte dose de sédatifs.

On relit les dossiers de l’époque et on constate qu’aucune trace de sa fuite n’a été trouvée.

Le sol n’était pas piétiné, personne n’a rien vu…

Quant à la clinique, on s’aperçoit qu’elle était déficitaire, et Gloria était la seule patiente ce jour-là.

Une rumeur s’est mis à courir qu’un auxiliaire incompétent l’avait tuée par overdose d’analgésiques.

Bien plus tard lors du procès, la société anonyme Zopito et Soler ont été condamnées à payer 104.000€ de dédommagement aux parents de Gloria.

3)  Le 14 janvier 1989 dans la même région de Valence que les disparitions d’Alcacer, trois autres jeunes ont disparu à Macastre, deux filles de 15 ans et un garçon de 14 ans.

Cinq jours plus tard, on retrouve le corps de Rosario dans une cabane à Macastre, et le 27 janvier on retrouve un pied de sa copine Pilar dans la rue Alcacer à Valence.

Le 8 avril, c’est le corps de Francisco qui est retrouvé pas loin de la cabane, et le 24 mai des enfants tombent dans le village voisin de Turis un corps de femme âgée de 18 à 25 ans auquel il manquait une main et un pied, et qui avait été battue avant sa mort.

Les flics l’attribuent à Pilar, mais d’après sa famille le corps était « méconnaissable ».

D’autant que le cadavre avait une cicatrice à la jambe, que Pilar n’avait pas, si bien que la famille ne croit pas à sa mort.

En juin 1989, on retrouve un pied appartenant à ce corps, un peu plus loin.

Puis en 1999 on retrouve des ossements dans un sac plastique à Macastre, ceux là proviennent bien de Pilar.

D’après l’autopsie de Rosario, celle-ci serait morte le 16 janvier, deux jours après la disparition, d’une asphyxie liée à une overdose et à l’inhalation de monoxyde de carbone.

Deux des corps ne présentaient pas de trace de violence, mais le troisième a été démembré avec une scie mécanique.

Ce qui n’a pas empêché les flics d’évoquer des décès par overdose [3].

D’après eux Rosario aurait été la première à faire une overdose, puis Francisco est parti chercher de l’aide et est tombé 400 mètres plus loin.

Par contre, on n’explique pas avec cette théorie comment le corps de Pilar s’est retrouvé à Turis avec un pied coupé à la scie mécanique.

Sur l’une des victimes de Macastre et sur l’une de celles d’Alcacer, on a retrouvé le même liquide rouge dans les parties génitales.

Et d’après certains enquêteurs, Rosario aurait été tuée à petit feu et obligée à prendre de la drogue.

Certains disent qu’elle a été violée, d’autres disent que non.

Autour de la cabane, les enquêteurs auraient retrouvé les traces d’au moins quatre hommes différents.

Francisco est mort d’une balle de pistolet automatique dans la tête, calibre 9 mm, le même type que les flingues de la Guardia Civil et de la police.

Mais, certains disent qu’on lui a tiré dessus alors qu’il agonisait déjà.

Le scénario d’une sorte de chasse se dessinait, d’autant que dans la même zone on a retrouvé le corps d’une femme mutilée à la tronçonneuse.

Entre 1985 et 1995, dans la zone de Macastre – Valence, 23 jeunes ont disparu et 18 cadavres de jeunes ont été retrouvés.

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Pour conclure, la question à se poser est : cela est-il impossible en France ?

On parlera bientôt des États-Unis, où les choses ne sont pas plus brillantes, de l’Angleterre, du Portugal, de l’Irlande, qui méritent qu’on s’y arrête car là-bas aussi les connexions entre la classe politique et le réseau pédophile sont claires, même si ces affaires ont été étouffées jusqu’à présent.

Évidemment il se passe la même chose en France, et cela va aussi finir par se savoir.

Même si le secret est bien gardé à force de menaces, chantages et exactions diverses et variées…

Un proverbe turc ne dit-il pas “Celui qui dit la vérité doit avoir un pied à l’étrier“?

Mais enfin, trop de gens savent de quoi il retourne, trop de tarés sont désormais carbonisés, le grand déballage doit aussi commencer chez nous.

 

[1] En raison de la présence de sédiments différents sur les corps (boue argileuse) et dans la fosse, mais aussi de la géographie des lieux, difficiles d’accès à pied et inaccessibles avec un véhicule à quatre roues comme l’Opel corse de Ricart.

[2] Une affaire extrêmement suspecte, notamment par son dénouement :

« un homme perd son porte-feuille en faisant son jogging et une passante le rapporte au commissariat ; il contient le brouillon de la lettre d’enlèvement et l’endroit où est détenu la fillette, ainsi que les coordonnées des complices », dixit Wikipedia.

[3] Une thèse qui serait étayée par le fait que les trois jeunes trainaient dans le quartier de Burjassot où ils auraient appris à inhaler du benzol.

 

Pédopornographie, snuff-movies, prostitution de mineurs :

un réseau impuni depuis 20 ans en Espagne

Retour sur l’affaire du Bar Espana, dont on a déjà parlé il y a quelques années.

Pour résumer l’histoire en deux lignes, il est question de plusieurs dizaines d’enfants qui ont été violés par un réseau qui faisait dans les partouzes pédophiles, les snuffs et la pédopornographie, ainsi que dans d’autres magouilles.

Les profils des coupables, restés impunis à ce jour, sont variés : politiciens locaux, entrepreneurs, réalisateur, patron de bar… 

Si je reviens sur cette affaire aujourd’hui, c’est parce qu’on peut faire un lien entre l’un de ses protagonistes, le producteur de pédoporno Bernard Alapetite, et l’un des proches de « Jeremstar », ce Youtubeur hyper connu des ados accusé par certains de servir d’appât à des amis pédophiles pour attirer des adolescents.

Je reviendrai plus tard sur cette histoire, car les connexions de la petite bande autour dudit “Jeremstar” méritent d’être creusées [1].

Ici, on va plutôt voir quel est ce réseau de VIP actif pendant plus de 20 ans dans la région de Valence en Espagne, et dans lequel le dénommé Bernard Alapetite avait un rôle central.

 

80 victimes, 0 coupable, 20 ans d’impunité

L’affaire du Bar Espana, c’est aujourd’hui 80 enfants victimes de ce réseau qui ont été identifiés, dont la plupart sont passées par un foyer appelé la résidence Baix Maestrat de Vinaroz, dont la directrice collaborait avec le réseau, selon plusieurs sources.

On parle aussi, d’après les témoignages, de cinq enfants assassinés par le réseau dans le cadre d’orgies et/ou de snuff movies.

Quant aux membres du réseau, 57 ont été nommés par les victimes ou par des repentis, et ils sont souvent issus du gratin local (patrons, politiques, avocats, magistrats… le classique quoi).

Les premières dénonciations de ce réseau, qui gravitait autour du bar Espana et de la résidence Baix Maestrat principalement, ont eu lieu en 1997.

Mais pendant 20 ans rien ne s’est passé.

Malgré les dénonciations de plusieurs victimes et parents de victimes, les seules procédures entamées par la justice visaient à les faire taire (les victimes).

Ce réseau opérait à partir d’un QG qui était le Bar Espana, à Benicarlo.

L’affaire a commencé à être dénoncée au milieu des années 90.

Un documentaire, “La manada”, a été réalisé par Valenti Figueres au sujet de cette affaire, et dénonce cette impunité.

 

Depuis, l’affaire est enfin sur la place publique.

Dès 1997, deux fillettes de 3 et 5 ans ont bien décrit à leur père, Reinaldo Colas, les viols et les films qu’on les obligeait à faire.

Elles ont aussi nommé d’autres enfants victimes, dont certains venus de la résidence Baix Maestrat.

Elles ont parlé de plusieurs adultes ayant participé aux viols, comme Giuseppe Farina, Bernard Alapetite “el Francés”, qui faisait les films et participait aux viols, ainsi que d’autres comme le capitaine S., de la gendarmerie du coin et la juge D.

Et finalement, elles ont décrit avec leurs mots un réseau de prostitution de mineurs, et une véritable mafia.

Le portier du bar, Antonio Peraire, a tout confirmé.

Il a expliqué que leur mère se rendait au Bar Espana avec un des pontes du réseau, Giuseppe Farina, ancien président du Milan AC et nouveau copain de leur mère.

Il a dit qu’il avait reconnu une des fillettes sur une vidéo pédoporno tournée dans le bar, et plein d’autres choses sur le fonctionnement de ce réseau, dirigé par Carlos Fabra (lunettes noires, sur la photo en haut).

Le père a porté plainte en avril 1997 et fourni des enregistrements de ses filles, mais elle n’a débouché sur rien.

Il faut dire que c’est justement le policier S. qui les a reçus, et que c’est la juge D. qui s’est occupée de fermer le dossier au plus vite.

Les deux sont des membres importants du réseau, selon plusieurs témoignages.

Bref, à peine un mois après la première des deux plaintes [2], la juge D. ordonne le placement des fillettes à la résidence.

Au fil du temps, d’autres parents de victimes, dont les enfants ont été placés à la « Résidence » Baix Maestrat, avant ou après avoir dénoncé les faits, ont rejoint le combat de l’infatigable Colas, qui n’est jamais parvenu à sortir ses filles, âgées de 3 et 5 ans quand elles ont parlé, de ce bourbier.

Trois gamins avaient dénoncé les mêmes faits dès 1997.

Ils disaient qu’on les amenait depuis le foyer jusqu’au bar dans une fourgonnette verte.

Dans le bar, on a commencé par leur faire regarder des films pédopornos pour leur montrer ce qu’on attendait d’eux.

On les a aussi drogués, notamment avec de la cocaïne.

 

La mère de deux des enfants victimes, placés à Baix Maestrat parce qu’elle devait purger une peine de 3 ans de prison pour détention de drogue, explique qu’ils lui écrivaient pour lui raconter ce qu’il se passait.

Mais elle n’a jamais reçu les cartes, qui n’ont jamais franchi les portes de la résidence.

Une autre famille, dont les fils sont passés par la résidence et par le Bar Espana, s’est encore faite connaître en 2012.

Aujourd’hui, une douzaine de victimes se sont exprimées publiquement, ont dénoncé les mêmes faits dans les mêmes lieux, les mêmes personnes, la même organisation avec les mêmes activités et le même mode opérationnel.

Des enfants ont aussi parlé de plusieurs meurtres auxquels qu’on les a obligés à assister.

Au total, on parle de cinq meurtres d’enfants commis par ce réseau.

L’un d’eux est celui d’une fillette de 5 ou 6 ans violée en tournante jusqu’à ce que mort s’en suive, a été commis par Fabra et Alapetite, selon plusieurs témoins.

Alapetite est cité dans le réseau à la fin des années 90, au moment où il était sous le coup d’une instruction pour avoir diffusé des vidéos pédopornos dans le réseau ADO 71 et dans le réseau TORO BRAVO.

Il a pris une peine dérisoire parce qu’on n’a pas pris la peine d’enquêter sur ses activités, notamment en Espagne.

Un autre meurtre, celui d’un garçon gitan, est raconté par plusieurs témoins.

L’un d’eux a déclaré à la justice qu’au Mas de Coll, on les a obligés à participer à une sorte de rituel satanique.

Il y avait beaucoup d’enfants et beaucoup d’adultes.

Dans ce rituel, Carlos Fabra, habillé pour l’occasion avec une tunique noire qui avait une croix à l’envers, autour du cou il avait une chaîne avec une étoile à cinq branches à l’envers sur le torse

Et ils ont parlé une langue étrangère qui ressemblait à du latin.

Au sol ils avaient dessiné une étoile à cinq branches et deux cercles.

Au centre de l’étoile il y avait un garçon avec une tunique de couleur claire.

Une vingtaine d’enfants et autant d’adultes étaient présents.

C’est Fabra qui dirigeait la cérémonie, qui était entièrement filmée par Rodolfo le cadreur de la bande.

A la fin de la cérémonie (c’est raconté par les différents témoins) Fabra a tiré deux balles sur le garçon en tunique, une dans la tête, une dans l’estomac et une dernière en l’air.

Tout était toujours filmé, ont raconté les enfants, ainsi que les deux repentis qui ont parlé à la justice (et dont les témoignages ont été diffusés).

Il y avait aussi, apparemment, des parents qui vendaient carrément leurs enfants, juste pour l’argent.

Une juge en particulier, très prompte à placer les enfants dans la résidence, a été citée comme l’un des pontes du réseau et pédophile par des enfants et par d’anciens membres de ce réseau.

 

 

 

Les repentis

En 2008, un premier repenti du réseau est venu déballer l’histoire au procureur.

Un autre l’a suivi, et les témoignages de ces deux repentis confirment totalement ceux des victimes.

Il y a notamment celui d’un des hommes de main du réseau, qui confirme tout ce que les enfants ont pu raconter, y compris les partouzes privées pour la haute société de la région de Valence dans lesquelles on amenait les enfants, dans les locaux d’une entreprise de Vinaros ou au Bar Espana.

Il y avait aussi les films qui étaient vendus jusqu’en France et en Italie.

Le type a témoigné chez le procureur anticorruption (parce que le réseau donnait aussi beaucoup dans diverses magouilles [3] et dessous de table) en qualité de repenti.

Parmi les coupables, il a dénoncé celui qui est le leader du groupe, le président du parlement Castillan, Carlos Fabra, un franquiste qui a longtemps cumulé les casseroles sans jamais être inquiété, tout en continuant son ascension politique jusqu’en 2013.

Le repenti a également cité Farina et “el Francés” Bernard Alapetite, pédophile condamné en France pour production et diffusion de pédopornographie [4], à la même époque.

Des avocats réputés, des magistrats, des entrepreneurs en vue, faisaient partie des invités réguliers.

Ce repenti a également confirmé cinq meurtres d’enfants, ainsi que les meurtres d’une famille, du patron d’un vidéoclub et de deux femmes qui ne voulaient plus collaborer avec le réseau, tous à mettre au passif de la bande de Fabra.

Un autre repenti, Antonio Peraire Edo était le portier du Bar Espana, s’est mis à table, un peu poussé au départ par Reinaldo Colas, le père des fillettes, à qui il s’est confié en premier.

Il a tout dit sur le réseau, les pratiques de ces tarés, les liens avec le monde politique, le traitement des victimes et de ceux qui ne collaborent pas…

Il a parlé des enfants qui montaient à l’étage du bar España avec des adultes, des échanges d’argent, des films qui étaient tournés par Alapetite, ou par Farina ou encore par le caméraman attitré du groupe, et qui étaient ensuite vendus en France, en Italie et ailleurs.

Il a aussi formellement identifié les deux filles de Colas comme étant présentes lors de séances d’abus au Bar España.

Selon Peraire, une partie des films pédopornos tournés par le groupe étaient vendus par le patron du vidéoclub, qui a été séquestré puis assassiné.

Un lampiste a été condamné mais pas les deux cadres du réseau qui étaient avec lui lors de l’opération.

Les deux ont décrit le fonctionnement du réseau: Fabra semblait être le grand chef.

Quand il y avait des décisions importantes à prendre, il rencontrait les différents “chefs de département”, qui géraient chacun leur partie du business (trafic d’armes, trafic de drogue [5], corruption et faveurs, prostitution de mineurs, pédopornographie, fausse monnaie principalement) au Bar Espana.

L’argent était remis à Fabra ou au comptable du groupe, Carlo Bofante, qui répartissait entre les chefs.

Ça a fonctionné comme cela depuis au moins le début des années 90, jusqu’au début des années 2000 (et probablement après, mais ailleurs car le bar a fermé quand des enquêtes pour divers trafics ont commencé à être ouvertes).

Les enfants exploités par le réseau étaient généralement placés à la résidence Baix Maestrat, mais ils pouvaient aussi être les enfants ou proches de membres du réseau.

On les droguait, avec des médicaments pour oublier ce qu’ils subissaient et pour ne pas sentir la douleur, mais aussi avec de la coke, de l’héroïne qu’on les obligeait à sniffer, ou diverses pilules pour les exciter.

La directrice de la résidence et sa secrétaire ont été citées par plusieurs victimes et par les repentis comme étant membres du réseau, souvent présentes lors des partouzes au Bar España ou dans les locaux d’une entreprise du coin, Mas del Coll.

Parfois, c’était même elle qui emmenait les enfants depuis la résidence jusqu’au bar, aidée à l’occasion des éducateurs quand il fallait ramener une grande quantité d’enfants aux partouzes.

Par ailleurs, c’était open bar pour les pédophiles à la résidence, essentiellement la nuit.

Plusieurs témoignages confirment que des types venaient dans les dortoirs choisir des enfants pour les violer.

Les éducateurs les laissaient entrer, et les viols avaient lieu dans la résidence ou à l’extérieur.

 

Lien avec l’affaire Alcasser

Selon plusieurs témoins, il y a un lien avec une autre affaire gore, qui s’est produite au début des années 90, là encore dans la région de Valence.

En novembre 1992 trois adolescentes de 15 et 16 ans ont disparu.

On a retrouvé les corps mutilés quelques semaines plus tard dans le désert (j’en ai parlé ici en fin d’article).

Deux lampistes ont finalement été condamnés pour les meurtres, même si rien ne collait dans l’enquête.

L’une des victimes de l’affaire a déclaré avoir vu la vidéo des viols, des tortures et des meurtres infligés aux trois filles d’Alcasser, et que les deux lampistes ont trainé durant environ deux semaines au Bar España avant les faits.

Un soir ils sont arrivés avec Fabra et trois autres pontes du réseau au bar España, selon elle.

Quand la vidéo des meurtres a été diffusée, il y avait le patron du Bar España, le comptable de la bande, Alapetite, Jovaini PUIG (ex juge, avocat, membre du réseau), une éducatrice de la résidence, le fil du patron, et Carlos Fabra.

Antonio Perraire dit aussi avoir vu cette vidéo.

L’autre repenti dit avoir vu les deux lampistes “à de nombreuses occasions” au Bar España.

Or, il est évident que les trois filles ont été massacrées dans le cadre d’un rituel, et qu’elles ont été kidnappées dans ce seul but, pour satisfaire des tarés probablement puissants.

 

Et depuis ?

En face, la juge D. se démène pour faire fermer tous les sites et blogs qui donnent les noms des protagonistes (mais c’est peine perdue, ils sont trop nombreux aujourd’hui, et les témoignages ont déjà été largement diffusés).

Depuis 2008, elle a aussi porté plainte – et pour le coup les procédures ont été suivies au niveau du tribunal- contre six personnes, victimes et parents de victimes, qui l’ont dénoncée.

En juin 2017, ces « accusés » ont été entendus par un juge d’instruction.

En effet, D. est bien citée par une douzaine de personnes comme l’un des piliers du réseau.

Elle avait une double mission : étouffer toutes les procédures qui pouvaient déranger le réseau et approvisionner régulièrement la résidence en enfants, de manière à ce que le réseau en ait toujours suffisamment sous la main.

Étrangement, elle a été promue juge n°1 au tribunal provincial.

Par ailleurs, elle participait aux orgies au Bar España, était présente lors d’un rituel où un enfant a été tué, et aussi lors du meurtre de deux fillettes [6] en 1997, deux sœurs filles d’un homme de main du réseau.

Des plaintes contre les repentis principalement, mais aussi contre les victimes ont aussi été lancées par divers personnages impliqués dans cette histoire, dont Fabra.

Carlos Fabra, lui, est enfin tombé en 2013, mais seulement pour de la fraude fiscale.

Il risquait 13 ans, en a fait 2, est sorti en avril 2017 sans ses lunettes noires.

Quatre des cinq poursuites contre lui ont été abandonnées pour prescription.

Mais son parti, le Parti Populaire, est noyé dans les scandales sexuels et de corruption depuis des années [7].

Ce qui ne l’empêche pas d’être au pouvoir, avec le très à droite Mariano Rajoy, garant de l’impunité de son parti, qui joue le rôle de 1er ministre.

Depuis plusieurs années, des militants cherchent à faire éclater l’affaire, et pour cela ils cherchent à la faire juger devant des tribunaux européens, en réunissant un groupe d’avocats « incorruptibles ».

Début 2017, la présidente de la Generalitat, l’autorité de gouvernement de Catalogne, a décidé de recevoir les victimes.

Elle veut notamment comprendre pourquoi deux des victimes, deux frères, sont en prison depuis 10 ans pour des faits mineurs.

Cette famille n’avait pas non plus compris pourquoi, en mars 1997, les deux enfants de 3 et 7 ans ont été placés.

Après une vingtaine d’années de procédures vaines, 27 témoins ont parlé de 80 victimes connues de ce réseau.

9 familles, soit 17 enfants victimes âgés de 3 à 12 ans ont porté plainte, et toutes ont été rejetées ou classées les unes après les autres.

Un résultat qui peut sembler incroyable, mais Outreau n’était pas franchement mieux.

Tous les témoignages désignent les mêmes protagonistes, les mêmes lieux, le même mode opératoire et souvent les mêmes victimes.

Les victimes, elles, sont généralement allocataires des minima sociaux, certains ont été en prison, certains ont eu leurs enfants placés par les services sociaux.

Elles ont des difficultés psychologiques et n’ont jamais été aidées.

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Une chose est sûre : sans les réseaux sociaux, cette affaire n’aurait jamais existé.

Et elle ne sortira pas sans une pression de la société civile.

Aux amis espagnols de dénoncer, de saisir les médias, d’organiser des manifestations devant les tribunaux, d’appeler d’autres victimes à parler.

On sait désormais que les réseaux sont interconnectés, qu’ils passent les frontières au gré des déplacements de leurs membres, et que ce qu’il se passe en Espagne, en Belgique, en Angleterre, en Italie, aux Pays-Bas notamment, n’épargne certainement pas la France.

Il est clair que l’obstruction a été totale dans cette affaire, il n’était pas question de parler de ce système mafieux, de prostitution de mineurs, de pédopornographie et de meurtres d’enfants pour le plaisir de sadiques dont la place est au fond des égouts.

L’affaire est à suivre.

 

[1] Je parle notamment du dénommé Cyril Legann, alias “Babar”, un proche de Jeremstar qui ne se cache pas d’être attiré par les jeunes, et dont plusieurs personnes ont évoqué ce penchant.

Babar, donc, a réalisé deux films avec Bernard Alapetite en 2005 et 2006 : “Comme un frère” et “Vincent River“, deux films gays.

Un troisième larron autour de Babar et Jeremstar, un certain “Babybel” (Pascal Cardonna), sent aussi le souffre en raison d’accusations d’agressions sexuelles et même de viols sur des ados.

Vu de loin, cette affaire semble surréaliste, mais je conseille de regarder de plus près car Jeremstar est très populaire chez les ados et les jeunes, et ses vidéos aux contenus souvent douteux font fureur.

[2] Une première plainte a été déposée le 7 avril 1997, contre Farina essentiellement.

Puis les petites ont davantage raconté ce qu’elles subissaient, et ont parlé des films, des viols collectifs, et une deuxième plainte a été déposée le 28 avril.

[3] Notamment le trafic de cocaïne en provenance du Panama, du trafic d’armes, des bakchichs pour payer des juges, du favoritisme dans les marchés publics, du trafic d’or, notamment.

[4] Alapetite est connu depuis longtemps en France.

Dans les années 80, il a été le photographe attitré de deux revues gay, « Gaie France, revue de pornographie d’adolescents » et « Beach Boy », vendues en kiosque.

Dans ces revues, dont l’une était dirigée par le néonazi Michel Caignet, on trouvait des apologies de la pédophilie et des références au nazisme, ainsi que des évocations de rites lucifériens.

« Plusieurs collaborateurs de ces revues, du responsable des abonnements aux rédacteurs, en passant par les photographes, sont connus pour leur engagement dans des organisations néo-nazies et pour leur participation à diverses sectes, soit druidiques, soit lucifériennes”.

Par ailleurs, “ces différentes revues donnèrent régulièrement la parole au GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne) et à la Nouvelle droite.

Bernard Alapetite avait collaboré à des revues politiquement militantes, telles que Défense de l’Occident, du négationniste Maurice Bardèche, ou Éléments, la revue de la Nouvelle droite française dirigée par Alain de Benoist.

Le magazine pédophile Gaie France était dirigé par le néo-nazi Michel Caignet

[5] D’après les repentis, le groupe faisait dans le trafic de coke.

La cocaïne arrivait depuis le Panama, puis deux entrepreneurs membres du réseau et pédophiles également, réceptionnaient les cargaisons et les répartissaient entre les vendeurs.

[6] Il s’agissait des filles âgées de 4 et 6 ans d’un gitan, qui devait de l’argent au réseau.

Ce sont ces fillettes qui ont été achevées par Fabra et Alapetite.

Je vous épargne la description des faits, mais la scène, entièrement filmée, est une des plus trash dont j’ai connaissance.

Ce double assassinat (car la mort était programmée) a eu lieu en présence de nombreux adultes, et il y avait même des “invités” pour cette “fête spéciale” dont l’objectif était de donner à ces “invités” la mort en direct des fillettes.

Il s’agissait d’un “snuff movie”, et toute l’équipe de tournage de la bande était présente.

L’un des clients, venu déguisé, était selon un des repentis, un député local, ami proche de Fabra (qui demandait à tout le monde de voter pour lui), devenu président du gouvernement régional.

[7] Selon L’Humanité (3 octobre 2013),

Castellon, sous l’ère Fabra, c’est, entre autres, un aéroport flambant neuf où aucun avion n’a jamais atterri.

Il aura fallu pas moins de dix ans d’enquête, neuf juges et quatre procureurs pour que Fabra se retrouve dans le box des accusés sur plainte de l’entrepreneur Vicente Vilar.

Ce dernier, qui purge actuellement une peine de prison pour agression sexuelle, a levé le voile sur les pots-de-vin qu’il versait à Fabra en échange de faveurs politiques auprès des ministères et autres entités publiques.

L’ex-épouse du baron valencien est également poursuivie pour une fraude d’un montant de 400.000 euros.

En l’espace de cinq ans, la fortune des Fabra a quadruplé, a rappelé hier El Pais.

Ça n’empêchait pas RAJOY de le qualifier de “citoyen exemplaire”!

Le président de la communauté de Valence aussi a été très gentil, comparant l’enquête judiciaire à un “lynchage”, avant de démissionner en 2011 pour le scandale de corruption Gürtel.

FABRA risquait 13 ans de prison…

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Association Wanted Pedo