19
JUIN
2019

Les réseaux pédocriminels n’existent pas | Round 46 | Réseau Dutroux

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Commentaires : Off

Comme les bonnes gens le savent bien depuis les procès Outreau, Dutroux ou encore Émile Louis… les réseaux pédocriminels N’EXISTENT PAS, ce ne sont que des prédateurs isolés ou des enfants qui mentent…

Des gens qui payent pour violer, torturer et tuer des enfants ?

Vous n’y pensez pas ! Au pays des droits de l’homme, entre gens civilisés…

Voyons, vous avez l’esprit malade typique des conspirationnistes des réseaux pédophiles…

Oui, bon, il y a quand même le réseau d’Angers qui a impliqué des dizaines d’adultes et d’enfants…

Ah bon, vous ne connaissez pas ? Étonnant !

C’est vrai que les médias n’en ont pas beaucoup parlé, en tous cas beaucoup moins que de l’affaire Outreau.

 

Trêve d’humour noir.

Afin de creuser un peu le vaste sujet des réseaux de trafic, de prostitution et de mise à mort d’enfants,

Wanted Pedo a décidé de remettre en avant un certain nombre de réseaux qui ont été mis au jour par les justices de pays étrangers :

USA, Pays-Bas, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Belgique, Allemagne, Europe centrale, Australie, etc.

Pour ne pas dire que nous aborderons plutôt LE réseau pédophile occidental interconnecté, vous vous en rendrez compte par vous-même au fil de ces articles.

Ces articles sont le fruit d’enquêtes longues et sourcées de la part de dondevamos et méritent d’être lus et partagés.

En effet, la France semble être le seul pays occidental à être quasiment épargné par les réseaux pédocriminels.

Nous laissons le lecteur en tirer les conclusions logiques.

Le Réseau Dutroux

L’affaire Dutroux débute par la découverte près de Charleroi en Belgique, le samedi 17 aout 1996, des corps de deux fillettes de huit ans, Julie Lejeune et Mélissa Russo, enlevées quatorze mois plus tôt.

1- Marc Dutroux

306181403_B976051189Z.1_20150713095422_000_G2U4RS39H.1-0 Marc Dutroux, né 1956 en Belgique, est un électricien de profession.

En 1979, il est condamné à une peine d’un mois d’emprisonnement pour vol, puis en 1988, à quatre mois de prison pour recel.

Le 4 février 1986, Marc Dutroux et Michelle Martin (sa compagne) sont emprisonnés, ils sont accusés de séquestrations, d’enlèvements et de viols de mineures de moins de 16 ans commis entre 1983 et 1985.

2- Michelle Martin

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Michelle Martin est libérée en avril 1986, mais Marc Dutroux reste incarcéré.

En avril 1989, ils sont condamnés à respectivement 13 ans et demi et 5 ans de prison.

En août 1991, Michelle Martin est libérée, puis en avril 1992, Marc Dutroux sort de prison en bénéficiant d’une libération conditionnelle, même si le procureur et les psychiatres s’y sont opposés.

En novembre 1992, il est accusé d’attouchements sexuels sur des jeunes filles à la patinoire de Charleroi.

Interrogé par la Police communale, il est aussitôt relâché sans être inquiété.

En août 1996, il est arrêté avec Michelle Martin et deux complices dans ce qui est appelé «l’affaire Dutroux».

Accusé de viol et de meurtre sur des enfants et de jeunes adolescentes, cette affaire connaît un retentissement international.

Elle met également en exergue les dysfonctionnements de la Justice et de la Police belge de par le passé de Marc Dutroux.

En avril 1998, ce dernier parvient à s’évader pendant son transfert au palais de justice de Neufchâteau ; il est rattrapé quelques heures plus tard dans les bois de Chiny.

Ce nouvel incident provoque une vague d’indignation en Belgique, ce qui contraint deux ministres à démissionner.

Le 17 juin 2004, Marc Dutroux est condamné à l’emprisonnement à perpétuité pour cinq assassinats, pour être le chef d’une association de malfaiteurs impliquée dans des enlèvements d’enfants, de séquestrations, de viols avec torture et de trafic de drogue.

En 2012, emprisonné à la prison de Nivelles, Dutroux demande à pouvoir purger sa peine à l’extérieur de la prison sous la surveillance d’un bracelet électronique, ce qui lui est refusé.

Le 28 août 2012, Michelle Martin est libérée.

Elle sera reçue dans le couvent des sœurs Clarisses à Malonne (parmi les conditions de sa libération conditionnelle, elle devra éviter tout contact avec les médias).

En avril 2015, elle est hébergée par l’ancien juge Christian Panier.


 

2 – L’Affaire Dutroux

a) Les victimes

– Julie et Melissa

Julie et MelissaJulie Lejeune, huit ans et demi, et Mélissa Russo, neuf ans, disparaissent à Grâce-Hollogne le 24 juin 1995.

Leurs corps seront retrouvés à quatre mètres de profondeur à Sars-la-Buissière le 18 août 1996 ; elles seraient mortes le 24 mars 1996 et auraient été enterrées le 27 mars 1996.

Les démarches inlassables de leurs parents pour les retrouver et la mobilisation des médias avaient fait connaître leurs noms et visages au public bien avant la découverte de Marc Dutroux, leur ravisseur.

Ainsi, quand l’affaire Dutroux éclate, la société belge est ébranlée par le sort subi par les victimes.

Des manifestations de citoyens, appelées «marches blanches», font alors prendre conscience aux politiciens et aux forces de police des erreurs commises durant l’enquête, ce qui a plusieurs conséquences :

  • une commission parlementaire entend des centaines de témoins pendant des mois, en direct, devant les caméras de la télévision ;
  • la police et la gendarmerie sont fusionnées et leur mode de fonctionnement est réformé ;
  • des institutions nouvelles voient le jour, afin d’améliorer la prise en compte des disparitions inquiétantes et mieux observer le droit des victimes ;
  • à partir de l’association Child Focus, créée par des parents des victimes avec l’aide de l’État, des structures internationales sont mises en place pour améliorer les moyens de recherche des enfants disparus.

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– An et Eefje

An et EefjeAn Marchal et Eefje Lambrecks, âgées respectivement de dix-sept et dix-neuf ans, sont enlevées ensemble le 23 août 1995 dans la région d’Ostende, alors qu’elles sortaient d’une soirée entre amis et rentraient en tramway.

On retrouvera leurs corps le 3 septembre 1996 sous le hangar du jardin d’un complice de Dutroux, à Jumet, à 2,50 mètres sous terre.

 

 

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– Sabine Dardenne

Sabine DardenneC’est le 28 mai 1996 dans la matinée, alors qu’elle se rendait à l’école à vélo, que Sabine, douze ans, disparaît dans la région de Tournai.

Le 15 août 1996, Marc Dutroux avoue aux enquêteurs, alors à la recherche de Laëtitia Delhez, qu’il détient aussi dans sa cave cette autre petite disparue.

Sabine sera délivrée en même temps que Laëtitia et racontera aux enquêteurs les circonstances de son enlèvement et les quelque douze semaines de séquestration qu’elle a passées dans la maison de Dutroux, principalement dans la cache située dans la cave.

Sabine décrit comment, dès le lendemain de son arrivée à Marcinelle, Dutroux se serait employé, avec l’aide de

Michel Lelièvre, à lui faire comprendre que ni ses parents ni la police ne cherchaient à la délivrer en payant une rançon, mais que lui était là pour la protéger contre le «chef» qui voulait la liquider.

Elle écrira plusieurs lettres, jamais envoyées, à ses parents et sa famille dans lesquelles elle raconte son sentiment d’abandon et de culpabilité.

Son témoignage sera étayé au moyen d’un carnet dans lequel elle a consigné scrupuleusement tous les événements qu’elle a vécus durant cette période : ses conditions de vie, les viols, le conditionnement et les privations qu’elle a subis de la part de son geôlier.

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– Laëtitia Delhez

Laëtitia DelhezLe 9 août 1996, en début de soirée, Laëtitia, quatorze ans, est enlevée à sa sortie de la piscine de Bertrix par Marc Dutroux et Michel Lelièvre.

Selon leurs propres déclarations, ils se seraient rendus tous deux à Bertrix dans le but d’enlever une jeune fille si l’occasion s’en présentait.

Après l’avoir kidnappée, Dutroux l’aurait droguée et violée à trois reprises.

Laëtitia a été enfermée dans la cache de Marcinelle, avec Sabine, pour n’en être délivrée que quelques jours plus tard par les enquêteurs du juge Connerotte.

 

 

 

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– Bernard Weinstein

Bernard WeinsteinÀ la mi-novembre 1995, le Français Bernard Weinstein, complice de Dutroux dans plusieurs affaires de vol de voiture et de séquestration de personnes, disparaît.

Sur les indications précises de Marc Dutroux, le corps de Weinstein est retrouvé enterré au même endroit que ceux de Julie et Mélissa, dans la propriété que Dutroux possède à Sars-la-Buissière, le 18 août 1996.

Il semble que Dutroux ait voulu se débarrasser d’un témoin gênant en la personne de Weinstein, lequel devait être activement recherché pour des faits commis avec Dutroux quelques jours avant sa disparition.

Un témoin d’autant plus compromettant pour Dutroux dans les enlèvements de Julie, Mélissa, An et Eefje.

Michelle Martin donne une autre explication : en fait, Dutroux aurait voulu s’emparer d’une somme de plus de 500 000 FB (environ 12 000€) que Weinstein avait reçue de sa mère.

L’autopsie réalisée en août 1996 met en avant des traces d’inhalation de terre au niveau de la trachée et des bronches permettant de confirmer que Bernard Weinstein a été enterré vivant après avoir été torturé.


 

b) Les Propriétés de Dutroux

  • Maison de Sars-la-Buissière, 43 de la rue de Rubignies, à vingt kilomètres de Charleroi.

Dissimulée derrière les habitations voisines et à l’abri des regards indiscrets.

C’est dans le jardin de celle-ci qu’ont été retrouvés les corps de Julie Lejeune et Mélissa Russo

  • Maison de Marcinelle , avenue de Philippeville où Julie et Melissa ont été sequéstrée.

c) Le procès Dutroux

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1996
13 août: Marc Dutroux, un ancien électricien au chômage de 39 ans, Michelle Martin, 36 ans, et un marginal, Michel Lelièvre, sont arrêtés dans le cadre de l’enquête sur la disparition de Laetitia.
15 août 1996: Les aveux de Dutroux permettent de découvrir Laetitia et Sabine emmurées vivantes dans la cache d’une maison lui appartenant à Marcinelle, dans la banlieue sud de Charleroi.
Arrestation de l’escroc bruxellois Michel Nihoul, soupçonné de complicité avec Dutroux.
17 août 1996: Découverte dans la résidence principale de Dutroux à Sars-La-Buissière, des corps de Julie et Melissa, mortes de faim.juge Jean-Marc Connerotte
18 août 1996: Dutroux et Lelièvre avouent l’enlèvement d’An et Eefje.
3 septembre 1996: La police belge exhume d’une troisième propriété de Dutroux les restes des deux adolescentes flamandes.
25 septembre 1996: Marc Dutroux est inculpé pour l’assassinat de son complice Bernard Weinstein.
14 octobre 1996: Dessaisissement du juge Jean-Marc Connerotte, qui avait mis en avant l’hypothèse d’un éventuel réseau pédophile ayant bénéficié de protections.
15 avril 1997: Une commission d’enquête du Parlement relève des irrégularités judiciaires et policières dans les enquêtes sur les disparitions d’enfants.- 6 mai 1997: la commission d’enquête examine l’éventuelle protection de Dutroux par des personnalités importantes.- 23 novembre 1997: des documents de l’affaire Dutroux sont volés de la voiture d’un policier bruxellois.

17 février 1998: La commission établit cependant que Dutroux n’a pas bénéficié de protections au plus haut niveau de l’État.
18 février 1998: une réforme de la police est décidée.
19 février 1998: le Premier ministre Jean-Luc Dehaene refuse de démissionner à cause de l’affaire Dutroux.

23 avril 1998: Dutroux s’échappe du Palais de justice de Neufchâteau.
Il est arrêté quelques heures plus tard.
Démission des ministres de l’Intérieur et de la Justice Johan Vande Lanotte et Stefaan De Clerck.
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28 avril 1999 : une motion de censure contre le gouvernement échoue.Hubert Massa
14 juillet 2000: le procureur en charge de l’affaire, Hubert Massa, se suicide.
19 juin 2001: Dutroux est condamné à cinq ans de prison pour son évasion.
22 janvier 2003: dans une interview, Dutroux nie les quatre assassinats.
Il suggère l’existence d’un réseau pédophile impliquant les plus hautes personnalités du royaume, provoquant un nouveau scandale.
30 avril 2004: La justice ordonne le renvoi aux assises de Dutroux, Martin et Lelièvre. Elle crée la surprise et relance la thèse du réseau en ordonnant également le renvoi de Michel Nihoul.
1er mars 2004: Ouverture du procès Dutroux devant la cour d’assises d’Arlon.
14 juin 2004: le jury se retire pour délibérer sur la culpabilité des quatre accusés.
17 juin 2004: Le jury populaire de la cour d’assises d’Arlon déclare Dutroux coupable de l’enlèvement, la séquestration et le viol entre juin 1995 et août 1996 de six fillettes et adolescentes belges.
Il le déclare également coupable de l’assassinat d’An et Eefje et responsable de la mort de Julie et Melissa.
Michel Lelièvre et Michelle Martin sont reconnus coupables respectivement des enlèvements et des séquestrations.
Le jury ne parvient pas en revanche à trancher la question de la responsabilité de Michel Nihoul dans les rapts d’enfants imputés à Marc Dutroux.
Il est acquitté par les magistrats de la cour d’assises en tant qu’auteur de rapts d’enfants mais le président de la cour d’assises ordonne une nouvelle délibération des jurés sur sa complicité dans les enlèvements.
22 juinMarc Dutroux est condamné à la prison à perpétuité pour l’enlèvement, la séquestration et le viol de six jeunes filles en 1995 et 1996, ainsi que l’assassinat de deux de ses victimes et d’un de ses anciens complices.
Michelle Martin et Michel Lelièvre écopent respectivement de 30 et 25 ans de réclusion criminelle.
Michel Nihoul est condamné à cinq ans de prison pour trafic de drogue et d’êtres humains.

d) Les Failles du système Juridico-Policier

Dutroux récidiviste:

Arrêté en 1986 et condamné à treize ans de prison pour cinq enlèvements et viols de filles âgées de 11 à 19 ans, le pédophile est libéré dès avril 1992, contre l’avis du procureur et des psychiatres.

Aucun suivi n’est ensuite assuré.

Pire : arrêté en novembre 92 pour des attouchements sexuels sur une fillette, il est immédiatement relâché, sans être inquiété.

Guerre des polices, enquêtes bâclées :

La police d’une part, la gendarmerie de l’autre, les juges d’instruction au milieu : les différentes enquêtes sont éparpillées, dans un contexte de restructuration du système judiciaire où chacun essaye de tirer la couverture à soi.

Résultat : chaque service garde jalousement ses informations.

Les gendarmes chargés de l’enquête “Julie-Mélissa” sont ainsi sur la piste de Dutroux dès juillet 1995.

L’opération, secrète, est baptisée “Othello“.

Ils surveillent les maisons de leur suspect et profitent même de son incarcération dans l’affaire de trafic de camions pour prétexter une perquisition.

Le 12 décembre, ils fouillent la cave où sont enfermées Julie et Mélissa, sans dénicher la cache.

Il faudra attendre l’arrestation de Dutroux pour que le dossier soit centralisé à Neufchâteau.

Tous ces dysfonctionnements seront déballés au grand jour début 1997 lors des débats de la commission d’enquête parlementaire, spécialement créée pour l’occasion par le roi Albert II.

Les audiences seront retransmises pendant deux mois en direct à la télévision.

Mi-octobre 1996, le juge Connerotte participe à un “souper-spaghetti” de soutien à Sabine et Laetitia.

Il est aussitôt dessaisi pour partialité.

La décision révolte les Belges alors que grandissent les premières rumeurs sur un réseau de pédophilie géré par des notables.

Le 20 octobre, la “Marche Blanche”, en présence de Sabine et Laetitia, réunit entre 300 000 et 350 000 personnes à Bruxelles.

Les participants y manifestent aussi bien leur soutien aux victimes d’actes de pédophilie que leur rejet du système judiciaire.

Et se remémorent la phrase lâchée par le procureur Bourlet en août :

“J’irai jusqu’au bout si on me laisse faire”.

L’affaire Dutroux devient une affaire “d’État”.


 

e) Un réseau

Dutroux agit-il pour le compte d’un réseau de pédophilie dirigé par des “puissants” ou est-il un “prédateur isolé”?

Les partisans des deux thèses, baptisés “croyants” et “incroyants”, s’opposent fermement sur le sujet.

Pour les premiers, c’est la seule manière d’expliquer la première libération de Dutroux, les errements et les oublis de l’enquête ou bien encore son évasion.

Pour les seconds, il ne s’agit que d’une rumeur non fondée, ce à quoi conclut la commission d’enquête parlementaire.

Un homme attire néanmoins tous les regards : Michel Nihoul.

Cet homme d’affaires sulfureux, aujourd’hui âgé de 62 ans, gravite dans le gotha bruxellois et organise, selon ses propres termes, des “partouzes” pour les personnalités.

Son lien avec l’affaire?

Il a passé de nombreux coups de téléphone à Marc Dutroux avant et après l’enlèvement de Laetitia.

Selon lui, c’était en vue de faire réparer sa voiture.

Pour les “croyants”, Marc Dutroux agissait sur ses ordres après les “commandes” de clients.

Il devait ensuite “préparer” les filles et les remettre à Nihoul.

Au total, le dossier fait 400 000 pages, l’acte d’accusation 72 et plus de 450 témoins devraient être entendus.

Les différentes cellules d’enquête qui ont opéré dans l’affaire Dutroux, les dossiers connexes et les différents dossiers d’enfants disparus ont presque toujours fermé des portes plutôt que de les ouvrir, soit par incrédulité, soit par paresse, soit par bêtise, soit pour des raisons que l’on n’ose pas imaginer, à savoir la protection de certains personnages.

 


f) Les témoins X

À la suite de l’arrestation de Dutroux le 12 août 1996, les fameux témoins X, se présentent auprès des gendarmes de la cellule d’enquête de Neufchâteau, spécialement constituée pour enquêter sur le dossier Dutroux (suite à l’enlèvement de Laetitia Delhez ) et tous les dossiers connexes.

Alors qu’en  août 1996, le juge d’instruction Jean-Marc Connerotte tente de suivre la piste des réseaux. Il est licencié et remplacé par un débutant.

juge LangloisLe juge Jacques Langlois, qui reprend donc l’instruction, ne semble pas empressé de prendre ce dossier “Bis“.

Celui-ci -celui des réseaux-  a été volontairement écarté du procès Dutroux.

Pourtant ce dossier “Bis” laisse entendre que des hommes puissants, situés à la tête de l’état, voir dans la famille royale belge, que des industriels et des hommes d’affaire du plus haut niveau, que des hommes politiques d’envergure, des magistrats, des gendarmes etc. sont les clients, les consommateurs ou les chefs de ces réseaux.

Qu’il s’agit même en quelque sorte d’un mode de vie dans lequel on est initié, un peu comme on peut l’être dans une société secrète, et où on obéit à une incontournable et mortelle loi du silence…

Il s’agit d’une initiation à des pratiques sexuelles hyper violentes, à des meurtres, à de l’anthropophagie, de la coprophagie, de la zoophilie, à de la toxicomanie, à des chasses à l’homme, bref à tout ce qui finit par incarner le mal absolu comme si le mal absolu ou le bien absolu n’était qu’une même chose, les revers d’une même médaille, celle du pouvoir.

Ces témoins X dépeignent donc une Belgique gangrenée par ces pratiques où chaque acteur acquiert du pouvoir dans la mesure où il possède des informations compromettantes sur ses collègues.

Quant à Dutroux, on peut dire qu’il est impliqué dans cet aspect du dossier de façon très indirecte.

Il ne serait que l’un des fournisseurs,  tardif, dans la mesure où ces réseaux existent depuis longtemps (au moins depuis les années 50 et 60 selon un des témoins X).

Michel Nihoul, autre inculpé dans l’affaire Dutroux est plus volontiers cité par les témoins X, on peut même dire que c’est son passage en tant que suspect puis inculpé devant tous les écrans de télévision des foyers belges qui a suscité ces vocations à témoigner et à dénoncer ces réseaux.

 

Actualisation:

Affaire Dutroux: il y avait d’autres caches

Je reviens brièvement sur l’affaire Dutroux, pour laquelle les dossiers bis concernant le réseau vont arriver à prescription.

Il faut savoir que d’après la version officielle, Dutroux, Martin et Leliève étaient des “prédateurs isolés”, et Nihoul n’est tombé que pour avoir fourni de l’ecstazy à Lelièvre, sans aucune raison.

Il n’y a pas de réseau, d’ailleurs les réseaux pédophiles n’existent pas en Belgique: depuis l’affaire Dutroux, plus aucun média ne parle de réseau pédophile, alors que c’était le cas avant.

Dutroux, c’est l’Outreau français, la tombe des enfants victimes.

Si Dutroux est un prédateur isolé, pourquoi y avait-il d’autres caches dans le réseau?

Par exemple le PV n°2721/96 du 26 septembre 1996 évoque une perquisition effectuée chez un certain Patrice Charbonnier à Courcelles, perquisition au cours de laquelle les policiers ont trouvé deux caches aménagées.

C’est dans une cavité de ce type qu’on a retrouvé in extremis Sabrina Daerdenne et Laetitia Delhez, deux des victimes de Dutroux, dans sa maison de Marcinelle.

 

Ledit Charbonnier était en taule pour avoir braqué un camion de convoyage de fonds à l’arme lourde, quand la perquisition a été effectuée.

On nous a dit que c’est le modèle de cache créé par Charbonnier qui a “inspiré Dutroux” (on notera aussi que pour Le Soir, deux caches deviennent une cache).

De fait, les deux se connaissaient depuis un bon moment, via divers trafics dans la région de Charleroi, suite à leur rencontre en prison en 1986 (Dutroux y était pour avoir enlevé et violé des adolescentes).

Et quid de cette autre cache, mentionnée par Michèle Martin lors d’une audition à propos de son grand ami Claude Thirault?

Thirault, nous explique Martin, lui a parlé d’une cache qu’aurait aménagé la “bande de Courcelles”, cela pour

” y dissimuler des filles, jeunes, avant de les expédier à l’étranger.

Je me souviens qu’il m’avait parlé du Maroc notamment comme pays destinataire.

Quand il a parlé de cette bande de Courcelles il m’a bien dit que son “chef” était un gros qui trafiquait aussi dans le trafic des voitures volées de grosse cylindrée “.

 

Accessoirement, Thirault était un indic de la police de Charleroi, dont certains éléments fricotaient de près avec le trafic de voiture, à l’instar de Georges Zicot, qui s’est aussi retrouvé dans l’enquête sur Dutroux.

D’ailleurs, c’est Thirault qui a averti les gendarmes que Dutroux avait aménagé une cache dans sa maison de Marcinelle pour “y loger des enfants en attente d’être expédiées à l’étranger“, ce qui a entraîné la découverte de Sabine et Laëtitia dans la cache.

Au sujet de Thirault, Dutroux a écrit dans une lettre à un avocat partie dans une autre affaire de jeune fille tuée, Laurence Mathues, que

“ce personnage a commencé par bénéficier des plus hautes protections judiciaires dans les juridictions du Hainaut.

C’est de cette façon que lui et ses très nombreux complices ont évité d’être condamnés pour les très nombreux vols connus, qu’ils ont commis dans les années 1990 à 1993, notamment”.

“En 1993, Thirault Claude s’était lui-même vanté, alors en présence de mon épouse et de moi-même, qu’il était utilisé par l’Allemand dans un réseau qui séquestrait des enfants à la corse, notamment dans un tunnel…

Informations qui ont initié les fouilles au charbonnage de Jumet (fouilles reprises ensuite à cause de Raemaekers et Cie).», ou encore:

«Qui est le blond venu avec mon épouse à Marcinelle?

Bref, tout concorde pour être interpellé par les activités et les complicités de Thirault Claude, y compris pour ce qui est arrivée à Laurence Mathues».

En gros: Dutroux accusait Thirault (y compris d’être très proche de sa femme Michèle Martin) et réciproquement.

 

L’ancien ministre

Il y a aussi tous ces témoignages (au moins une dizaine) à propose de l’ancien ministre Jean-Pierre G., ami de Di Rupo, et de ses sorties dans les boites de Liège, Mons ou Bruxelles, si possible homos.

Un témoin explique qu’il visait les jeunes (une quinzaine d’années) qu’il voulait avec un point rouge lumineux, et qu’on les lui amenait.

Un autre explique que le ministre “possédait un album photo avec toutes les personnes avec lesquelles il a eu des relations sexuelles“.

Un troisième parle d’une affaire de pédophilie concernant G. a été étouffée et qu’un jeune s’est suicidé “suite à cette affaire”.

Elle peut retrouver le nom du jeune.

Un autre encore évoque ses “protections”, ce qui n’a pas empêché G. de devoir démissionner en 1996 suite à des accusations de pédophilie.

Un autre témoin explique que l’un de ses amis a eu à faire il y a quelques années avec G. quand il avait 15 ans et fuguait régulièrement.

 

Au cours de ces fugues il faisait des conneries, et pour les faire oublier

« il lui suffisait de passer deux nuits avec Mr G. et il n’était plus inquiété ».

Un autre témoin qui a appelé la ligne ouverte par le juge en charge de l’enquête au début (et qui a été viré parce qu’il risquait de faire son travail) a déclaré que G. l’a saoulé dans plusieurs bistrots de Liège et l’aurait ensuite violé.

G. se serait aussi rendu à plusieurs reprises au home Vert Bois pour aller y chercher des jeunes.

Autre témoignage: une femme qui faisait partie du monde politique et était alors pensionnée.

Elle disait avoir appris de source sûre que dans le centre de placement la “MOHINETTE” à Dolembreux, on venait chercher des enfants le soir et on les ramenait le lendemain matin dans la voiture de G.

La dame a dit cela à la gendarmerie, qui n’a rien fait.

Plusieurs témoins parlent de ses liens avec Nihoul, mais pensez-vous que les flics l’ont interrogé?

Bien-sûr que non.

G. a même été blanchi de toutes les accusations de pédophilie, qui, certes, faisaient tâche tant elles étaient persistantes et concordantes.

Pour cela, on s’est concentré sur deux témoignages qui dont leurs auteurs ont été décrédibilisés, une bonne vieille technique.

Et finalement, on a dit que tout cela n’était qu’une “effrayante machination” contre les deux ministres, dont l’un est aujourd’hui le premier ministre belge.

Di Rupo avait aussi été mis en cause à l’époque, ainsi que nous l’explique en 1996 le quotidien Libération:

“La demande de mise en accusation par la justice belge du vice-Premier ministre fédéral, Elio Di Rupo, et du ministre de l’Enseignement de la communauté francophone, Jean-Pierre Grafé, pour faits de pédophilie éveille désormais, dans une Belgique déjà déstabilisée par les scandales, le fantôme d’une crise de régime”.

 

Les contacts du bordel

Autre anecdote piquante qu’on trouve dans le dossier: la liste des appels reçus ou passés par un bordel fort connu à Bruxelles à l’époque, qui appartenait à la “madame Claude” belge.

Un bordel dans lequel, d’après un témoin, des mineures en fugue étaient violées, fréquenté par des politiques, des “stars”, des médecins, des avocats et magistrats…

La patronne envoyait aussi des filles chez le gratin.

Ainsi, on apprend que l’ONE (Office des naissances et de l’enfance), l’hôpital Erasme, les ambassades des États-Unis et du Maroc, l’APEPA (Association Pour l’Épanouissement des Personnes Autistes), de la FSC (Fédération des Scouts Catholiques), de l’Institut Royal des Sourds et Muets, de l’Adeps (Organisation de l’État qui s’occupe du développement du sport chez les jeunes)… font partie des contacts de ce bordel “hipe”, ainsi que le rappelait l’ancien policier Marc Toussaint.

La liste complète, de fait, des appelant de l’Institut Bizaar, est impressionnante:

Relevé des appels, qui ont été limité à la région de BRUXELLES (sans raison) :

– Ministère de la DEFENSE

– Ministère de l’INTERIEUR

– Ministère des FINANCES

– Ministère de la Région BRUXELLES CAPITALE

– Ministère de la Communauté FLAMANDE

– Administration communale de MOLENBEEK

– Commission des AFFAIRES EUROPEENNES

– Parlement de l’UNION EUROPEENNE

– Ambassade des ETATS UNIS

– Ambassade du MAROC

– Ambassade de SAINT MARIN

–  Gendarmerie de BRUXELLES 1000

– Police de BRUXELLES 1000

– Et des avocats, médecins, un journaliste

– Des entreprises (RTBF, SNCB…)

– Association de Parents pour l’Epanouissement des Personnes Autistes (APEPA)

– Office de Naissance et de l’Enfance (ONE)

– Fédération des Scouts Catholiques (FSC)

–  ADEPS

– Protection de l’enfance et de la jeunesse de Flandre.

– Institut Royal pour Sourds et Aveugles (IRSA)

– IMP du Prince d’Orange.

 

Pourtant la gendarmerie a mis huit mois pour conclure qu’il n’y avait dans ces listings aucune ” élément exploitable “, et on a limité la recherche des appels à la zone de Bruxelles.

L’institut Bizaar était financé entre autres par Patrick Haemers, braqueur soupçonné d’avoir participé aux tueries du Brabant et qui est mort en prison en 1993, par suicide paraît-il.

Comme son père, il a trainé dans les mêmes boites à partouzes qui Nihoul et le gratin habituel.

En dehors de cela, plusieurs personnes gravitant dans le milieu pédocriminel trainaient aussi à l’Intitut Bizaar, dont des proches de Phillipe Cryns, le parton du Mirano dans lequel des partouzes pédophiles avaient carrément lieu, comme on va le voir plus bas.

Cryns était aussi proche de Nihoul, mais le monde des partouzes bruxellois est, il est vrai, tout petit, et il allait chercher des mineurs qui se prostituaient à la place Fontainas à Bruxelles, pour les faire tapiner au Mirano.

L’un des témoins X de l’affaire Dutroux, qui avait commencé à être violé lorsqu’il était placé au home Vrij & Vrolijke, a dit que Cryns le prostituait au Mirano alors qu’il était encore mineur.

Au sujet du témoignage de VM1 (Tino), Marc Toussaint écrit:

“Tino a été placé dans des homes de l’O.N.E. par le juge de la jeunesse Blondeel lorsqu’il avait neuf ans.

Il a d’abord résidé dans un établissement de Mont-Saint-Guibert, et ensuite dans un autre à Braschaat.

Il raconte que le directeur de ces homes venait le chercher pour l’emmener dans de grosses villas isolées où il était, avec d’autres enfants, victime d’abus sexuels lors de partouzes.

Il dit avoir assisté à des viols, en avoir été lui-même victime, avoir vu des actes de mutilation et de torture sur des enfants, et avoir assisté à la mise à mort de certaines victimes”.

En 1985, Cryns a créé la SA Parc Savoy, avec de grandes pointures du secteur immobilier et de l’entourage direct de l’ancien premier ministre Paul Vanden Boeynants, cité comme un tortionnaire par plusieurs témoins de l’affaire Dutroux.

Parmi eux, Charly De Pauw, affairiste notoire et accusé d’être un pédophile par plusieurs témoins lui aussi.

Il est apparu que cette société, qui avait pour but d’exploiter des bars et des restaurants et d’organiser ” des réunions culturelles et sociales “, était liée au très influent Cercle des Nations.

Ce club privé comptait parmi ses quatre-vingt-un membres fondateurs de nombreux nobles, hommes d’affaires, banquiers, diplomates et politiciens, dont certains noms sont cités par les témoins X.

 

Quelques documents intéressants:

Audition de Marcel Vervloesem en avril 2001 : Sur la crèche d’Amsterdam transformée en studio de “bébé porno”.

Et comme par hasard, dans la même rue mais au n°47 au lieu du n°111, rue Admiraal de Ruyterweg, 10 ans après, on a trouvé cette affaire de bébés violés et filmés à la crèche.

Certes, seul un employé de ces crèches a porté le chapeau, mais tout de même.

Plusieurs crèches auraient été touchées, du coup, et 64 bébés.

Le document évoque aussi la présence probable de Dutroux dans un bar sado maso d’Amsterdam tenu par un ancien GI.

 

Vervloesem parle aussi d’un certain Ronald Janssen, qui a fait la Une des médias en 2010, après qu’il ait massacré un couple de jeunes voisins, après avoir torturé et tué une ado de 18 ans en 2007.

Il est aussi soupçonné d’une vingtaine de viols, mais n’a avoué que cinq, commis entre 2001 et 2010.

On a aussi rouvert un vieux dossier de disparition d’enfants, datant de 1994, lors de l’enquête sur Janssen (celui de Kim et Ken Heyrman).

Janssen était “considéré par beaucoup comme un instituteur modèle, un homme jovial, sincère et responsable“, nous dit le média belge 7 sur 7.

Janssen passe pour un tueur en série psychopathe.

Et isolé, bien sûr.

Vervloesem disait justement que Janssen apparaissait sur des photos figurant sur les fameux fichiers Zandvoort.

 

La déclaration fracassante de Nihoul: il a été piégé à table par un journaliste qui a enregistré la conversation.

 

Il y parle du “frère du Roi”, qui n’est autre que le roi actuel.

Sur d’autres enfants trafiqués par Lelièvre et Nihoul, le complice de Dutroux.

 

On notera que Carlo Todarello a aussi été mêlé à l’enquête sur l’assassinat du ministre André Cools en juillet 1991.

Ses déclarations en tant que co accusé ont beaucoup orienté les recherches de la Justice.

Bien sûr, Todarello s’est dit complètement surpris de cet assassinat, pour lequel il a quand-même pris 5 ans prison.

—————————

Ce ne sont ici que quelques éléments qui posent question, parmi une masse d’éléments troublants, qui tous contredisent la théorie du “prédateur isolé”.

Un bon résumé de l’affaire Dutroux, qui montre à quel point on a massacré la vérité et les victimes dans cette affaire, est trouvable ici.

Mais, je reviendrai vite sur cette affaire car contrairement à ce qu’on pourrait croire, elle est loin d’être finie et le réseau existe toujours, prompt à ruiner les victimes qui pourraient parler.

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Belgique: une affaire étouffée liée au réseau Dutroux

Revenons un peu sur une affaire connexe à l’affaire Dutroux.

Une histoire d’enfant enlevée et morte dans une malle, quelque part à Bruxelles, en 1992.

Une histoire étouffée comme il se doit, pour la simple et bonne raison qu’elle risquait de mouiller le gratin.

Là aussi, de nombreuses questions restent en suspens, et l’acharnement qui a été mis à ne pas investiguer convenablement ce dossier est impressionnant.

Le 5 août 1992, la petite Loubna Benaïssa, 9 ans, est enlevée pas loin de chez elle, alors qu’elle circulait rue Wéry à Bruxelles.

C’est un quartier du centre-ville où on trouvait à l’époque une boite échangiste appelée le Dolo, et dans laquelle se retrouvaient des types comme Michel Nihoul, Marc Dutroux, des membres de la bande de Patrick Haemers, quelques politiciens, des flics, des magistrats…

 

Ratés de l’enquête

C’est seulement en mars 1997 qu’on finit par trouver le corps de Loubna dans une malle, dans la cave de la station Q8.

Une station essence exploitée par le père Derochette, où travaillent ses fils Patrick et Thierry, au deuxième étage de laquelle se trouvait un bordel.

L’un des fils, Patrick, avait déjà été condamné en 1984 pour des faits de pédophilie : un employé de la station l’a surpris alors qu’il se trouvait dans la cave en compagnie d’un jeune garçon, nu et effrayé, une barre de fer à la main.

La victime a du rester huit jours à l’hôpital. Le jeune homme qui a trouvé Derochette dans la cave avec les enfants a déclaré qu’il était “prêt à tout pour s’en sortir”, et qu’il aurait probablement tué ses victimes pour ne pas être pris.

Ce n’était pas le première fois que Derochette passait à l’acte : à 18 ans à peine, il a commis son premier « attentat à la pudeur avec violences et menaces » dans la cave de la station service sur un gamin de 12 ans, puis l’année suivante, en 1983, il remet ça avec un autre garçon, de 9 ans.

Il n’est pas inquiété outre mesure, et recommence en février 1984, et frappe carrément l’enfant à coups de barre de fer.

Mais bizarrement, au lieu de faire 20 ans de prison, il a été déclaré “psychopathe dangereux”, et interné en hôpital psychiatrique durant 50 jours avant qu’on estime qu’il était guéri [1].

Toutes ces affaires avaient été instruites par le même juge, Dominique De Wolf.

Quand on retrouve le corps de Loubna dans sa cave, pareil : on décide finalement, après moult péripéties, qu’il est ” irresponsable” et doit être interné, mais cette fois-ci il est parti pour un internement sur une très longue durée.

On a appris lors de l’affaire Dutroux, que Dutroux et Nihoul venaient prendre de l’essence à la station Q8 tenue par le père de Derochette, et qui se trouvait par loin du Dolo, le club à partouzes dans lequel on retrouvait un bon paquet de protagonistes de l’affaire Dutroux.

Pourtant, Patrick Derochette nie les avoir jamais vus.

Mais, il n’y a aucun lien entre eux bien-sûr.

Derochette et Dutroux ont aussi fréquenté la même piscine, le Poséidon.

“L’enquête a été négligée dès le début.

Aucun juge d’instruction n’a été nommé et le parquet de Bruxelles a attendu six jours avant de s’intéresser à l’affaire.

La police d’Ixelles a suivi trois pistes, dont celle menant à Patrick Derochette.

L’homme, mécanicien et pompiste dans la station-service de ses parents, avait été reconnu coupable de faits de mœurs sur des garçons mineurs en 1984, et brièvement interné.

Mais il avait fourni un alibi aux enquêteurs”, nous explique le journal 7 sur 7 du 3 août 2012.

En effet, au départ la disparition de la fillette de 9 ans a été considérée comme une fugue, si bien que les recherches n’ont commencé qu’au bout de six jours, alors qu’elle était déjà morte, nous dit-on dans la version officielle.

Si on avait dès le départ utilisé des chiens pisteurs, ils auraient retrouvé la petite fille vivante.

 

Dès 1992, un policier bruxellois a reçu une information selon laquelle on retrouverait le corps de la petite dans la cave d’un immeuble de la rue de Wéry.

Pas d’enquête à ce sujet.

Apparemment, la police de Bruxelles a fait pression pour que l’on ne fouille pas trop autour de la station service.

Le jour de l’enlèvement de Loubna, alors qu’elle passait dans la rue juste en face de la station essence Q8, une voisine a entendu crier depuis l’immeuble désaffecté longeant le trottoir.

Les cris étaient ceux d’une fillette qui répétait « Non je ne veux pas ! ».

Tout cela se passe juste en face du domicile d’un pédophile connu, qui a été attrapé pour plusieurs viols par le passé, mais comme Derochette a un alibi fourni par son frère qu’on ne vérifie pas, on n’approfondit pas cette piste.

En plus de cela, les dossiers concernant Derochette ont disparu du palais de justice de Bruxelles, parce qu’il est inscrit au nom de « Debrochette ».

Le 18 août 1992, soit 13 jours après l’enlèvement, une copine de classe de Loubna la voit dans un une Golf noire immatriculée FKE -080.

Dans la version officielle, Loubna est morte dans la malle où Derochette l’a laissée, après 2 ou 3 jours sans boire et sans manger [2].

Il se trouve qu’un membre de la famille de Derochette possédait une Golf verte immatriculée FHE-080, et il est très possible que les plaques aient été échangées pour transporter la fillette.

En tout cas, la version officielle, comme pour les petites Julie et Mélissa, victimes de Dutroux, nous dit que Loubna n’a jamais quitté la cave de la station service : elle serait restée dans la malle en acier et y serait morte de soif ou d’asphyxie dans les trois jours suivants.

Si on admet que Loubna a été baladée, notamment le 18 août, cela veut dire qu’elle n’est pas morte à la date que l’on nous a donnée, et cela veut aussi dire qu’elle a été amenée ailleurs : dans quel but Derochette aurait-il pris le risque de se déplacer avec une fillette recherchée dans toute la capitale ?

En 1997, c’est toutefois grâce à cette plaque qu’un enquêteur perspicace a remonté la piste de Derochette.

 

Le 4 octobre 1996, des perquisitions sont effectuées à la station service Q8 de la rue Wéry, mais les policiers ne vont pas dans la cave, où, pourtant, trois faits de pédophilie s’étaient déjà déroulés.

Cela rappelle un peu trop les perquisitions effectuées chez Dutroux alors que Julie et Mélissa étaient encore vivantes dans la cave, pourtant on ne les avait pas trouvées.

La perquisition à la station service avait été effectuée à la demande du parquet de Neufchâteau qui avait eu des informations selon lesquelles Derochette était en cheville avec Dutroux et Nihoul.

Pourtant, le parquet avait demandé de trouver tous les éléments se rapportant à d’éventuelles disparitions d’enfants.

Au total, les flics sont restés sur place 40 minutes [3] !

On a aussi appris, plus tard, que les parents de Patrick Derochette étaient parfaitement au courant que le corps d’un enfant se trouvait dans leur cave (ils lui avaient même demandé de virer la malle qui sentait mauvais), mais bizarrement ils n’ont pas été inquiétés pour cela.

Le parquet de Neufchâteau qui instruisait le dossier concernant la disparition de Loubna au départ a été vite dessaisi au profit du tribunal de Bruxelles, car, soi-disant, aucun lien n’avait été établi avec l’affaire Dutroux, dont Neufchâteau était chargé.

Ceci, alors que certains témoins n’avaient confiance que dans le tribunal de Neufchâteau, et dans le procureur Bourlet.

Très vite, la justice s’est orientée vers une inculpation de Derochette pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

On a vite décidé aussi qu’il était irresponsable de ses actes au moment où il a enlevé la fillette, ce qui était bien pratique pour éviter une instruction et un procès.

Derochette a aussi tenté d’assassiner plusieurs fois des membres de sa famille, par exemple en sabotant les freins de leurs véhicules, sans qu’il ne soit inquiété pour cela.

 

Les coloniaux

A Bruxelles, dans les années 60, de nombreux coloniaux sont revenus du Congo.

L’un de leurs QG était le club Le Stanley, dans lequel se déroulaient des partouzes.

Ce club était fréquenté par des politiques plutôt très à droite, des flics, des barbouzes, des criminels, des juges, et beaucoup de belges revenus du Congo…

Le patron, un certain Marcel Hofmans, cadre chez IBM [4], cherchait tout particulièrement à attirer des gens friqués dans son établissement.

Après deux ou trois partouzes, surtout si des mineurs étaient présents, ces gens étaient lui mangeaient dans la main.

L’avocate de Nihoul a travaillé au bar du Stanley quand elle était encore étudiante.

Selon un témoin, le père de Derochette, ancien colonial, traînait aussi au Stanley, tout comme le père de Dutroux, ou le père de Patrick Haemers, qui sont également des anciens coloniaux…

Patrick Haemers est ce braqueur très proche de l’extrême droite et des réseaux Gladio, et donc également très proche de l’affaire des tueries du Brabant.

A l’époque, dans les années 80, la Belgique traversait, comme la France, l’Allemagne ou l’Italie, ce qu’on a appelé des “années de plomb”, avec des attentats perpétrés par des groupsucules d’extrême droite liés aux réseaux de l’OTAN, mais très souvent attribués à l’extrême gauche.

Les tueries du Brabant ont été deux vagues de fusillades dans des supermarchés et autres lieux publics de la région bruxelloise, au cours desquels de petits mafieux aussi bien que des passants ont été massacrés, sans que la justice ne trouve les coupables.

Beaucoup pensent qu’il s’agissait d’une opération de déstabilisation menée par l’OTAN.

 

On sait en tout cas aujourd’hui que l’enquête sur ces attentats a été manipulée à plusieurs reprises, et que des protections des réseaux d’extrême droite ont été à l’œuvre.

C’est donc un peu ce milieu qui gravitait autour du Stanley.

Le Stanley a ouvert en 1969 et fermé au début des années 70, mais la clientèle s’est transférée ensuite dans un autre établissement, puis au Dolo, pas loin de la station Q8.

Le dénommé Hofmans faisait venir par avion privé  des cassettes vidéos pornos depuis la Suisse.

Un jour, l’avions s’est écrasé pas loin de Namur avec les cassettes.

“La police est intervenue, et tout le matériel pornographique a été saisi.

Le soir, Hofmans était cependant en possession de toutes les copies des films, grâce à l’intervention de personnes probablement importantes du milieu judiciaire de Namur”,

explique un témoin qui s’est rendu au Stanley depuis son ouverture, lors de son audition par la police, en 1996.

Lors des partouzes, Hofmans faisait venir des prostituées, Noires et Blanches, âgées de 16 à 20 ans.

Il se disait protégé par la police de Bruxelles.

Le club a ensuite déménagé en 1972, puis s’est retrouvé à Etterbeek, un quartier de l’est Bruxelles.

Ce témoin explique aussi qu’à l’époque, Hofmans, Nihoul et Dutroux vivaient à Etterbeek.

Un autre témoin, portier dans une boite de nuit fréquentée par la clique du Dolo, a déclaré que Derochette, mais aussi Dutroux étaient clients de cette boite, le New Inn.

 

Liens avec l’affaire Van Hees

Christine Van Hees est une adolescente bruxelloise de 16 ans tuée en 1984 dans des circonstances qui, officiellement, ne sont pas élucidées.

Après des années entre fausses pistes et stagnation, l’affaire a été prescrite cette année.

C’est ce qu’on a appelé “le meurtre de la champignonnière”, car c’est dans les caves d’une ancienne champignonnière en plein Bruxelles et pas loin du tout de la station de Derochette, que l’on a retrouvé le corps carbonisé de la jeune Christine van Hees.

Pendant longtemps, la justice s’est acharnée à vouloir impliquer une bande de punks dans ce meurtre, en vain.

Et cela, alors qu’en 1996, un des témoins X de l’affaire Dutroux, Regina Louf, a expliqué dans le détail comment s’est déroulé ce meurtre, et qui l’a commis.

Mais, malgré tous les recoupements et vérifications effectués, la justice a déclaré que Regina Louf était folle et que son témoignage devait être écarté.

Or, une amie de Christine Van Hees, Fabienne Kirby, avait fait un témoignage concordant avec celui de Régina Louf.

Elle a expliqué qu’avant sa mort, Christine traînait avec des gens louches amateurs de partouzes.

Elle a ajouté que Christine savait que si elle parlait de ce groupe, on l’aurait tuée.

Kirby a aussi remarqué qu’au fil du temps, Christine allait moins bien, qu’elle perdait du poids, qu’elle avait des marques de cigarettes sur les bras…

Par les circonstances du hasard, il se trouve que Fabienne Kirby était aussi la petite amie d’un cousin de Derochette.

Des liens existent, en tout cas, entre Christine Van Hees et les réseaux de mercenaires proches de l’OTAN.

Moult étrangetés sont apparues dans ce dossier, tout comme dans l’affaire Dutroux ou l’affaire Derochette d’ailleurs.

Par exemple, le juge Van Espen, longtemps chargé du dossier, était aussi l’avocat d’Annie Bouty, compagne de Nihoul, ce qu’il a nié devant la presse.

Van Espen, notamment, a passé énormément de temps sur la piste des punks, qui trainaient dans le quartier et auraient assassiné l’adolescente.

 

Les autres meurtres

A l’époque, certains ont souligné l’existence de plusieurs meurtres ou disparitions d’enfants aux abords de la station Q8.

Un certain Alain Fauvage, qui a été bien introduit dans le milieu bruxellois, et qui a travaillé à ladite station Q8, compte 5 à 6 meurtres près de chez Derochette.

Parmi ces disparitions, il y a celle d’un jeune homme, qui habitait pas loin de chez Derochette et qui lui avait tapé dans l’œil, un certain Conrad Bosmans [5], dont on voit toujours l’avis de recherche sur le site de la police fédérale.

La mère de Conrad Bosmans, disparu en 1988, a déclaré qu’elle avait reconnu le jean que portait son fils parmi les nombreux vêtements retrouvés dans les maisons de Dutroux.

Mais un des complices de Dutroux, le toxico Michel Lelièvre, dit qu’en fait c’était son jean à lui.

Bien-sûr, on s’est gardé de faire les vérifications nécessaires pour savoir si ce jean était bien celui de Conrad Bosmans.

Il y avait aussi la petite Hanim Mazibas, enlevée en mars 1988 à la fête foraine de Schaerbeek, dans le nord de Bruxelles.

Un mois plus tard, une rançon de 1 million de Francs Belges (25.000 euros) a été réclamée à cette famille qui n’avait pas d’argent [6].

Le 5 avril, on retrouve son corps dans le canal, les pieds dans  des blocs de béton, juste derrière le dépôt de la station Q8 où personne n’a été fouillé à l’époque alors que l’endroit où a été retrouvé le corps était inaccessible en voiture, et qu’il était très probable qu’on l’ait jeté depuis les abords de ladite station.

L’autopsie a dit qu’elle n’avait pas subi de violences sexuelles (ce dont on peut douter quand un corps est repêché après un mois dans l’eau), et n’a pas permis de définir les causes de la mort.

 

L’enquête a été entachée de disputes au sein de la police, et finalement les suspects ont été relâchés et l’affaire a été classée sans suite.

Finalement, c’est la justice turque qui a mené des investigations, interrogeant les gens présents lors de l’enlèvement.

Mais la police belge n’avait pas voulu aider les turcs.

Les flics belges ont aussi fait la même chose que pour l’affaire Dutroux : une “relecture” du dossier qui a permis d’écarter tous les éléments gênants menant à la piste des réseaux pédophiles.

En l’occurrence, ils avaient conclu que l’affaire Mazibas n’avait rien à voir avec l’affaire Dutroux. Car, c’est bien connu : Dutroux est un prédateur isolé.

En 1985-1990, plusieurs enfants ont disparu de ce quartier où vivaient  de nombreux émigrés turcs.

Régina Louf, le témoin X1 [7] de l’affaire Dutroux, a évoqué un meurtre qui pourrait être celui d’Hanim Mazibas.

Parmi les clients fidèles de la station service des Derochette, il y avait un baron qui a été arrêté pour des actes pédophiles commis entre 1985 et 1991.

Hugues de Menten de Horne était un amateur de belles voitures, entretenues par les Derochette.

Le baron avait été dénoncé par une jeune femme de 19 ans, qui, entre 1985 et 1991, avait été violée par le suspect.

Elle était âgée de 8 ans lorsque les faits ont commencé, et elle en avait 14 quand les faits ont pris fin.

On n’a plus jamais entendu parler de cette histoire après l’arrestation.

Chez Derochette, on a aussi retrouvé des objets ayant appartenu à des enfants, notamment une tétine, alors qu’aucun enfant ne se promenait là.

Là non plus, aucune investigation poussée n’a été ordonnée.

On constate aussi que, comme avec l’affaire Dutroux, les policiers qui ont bien travaillé sur cette affaire, notamment celui qui a suivi la piste de la plaque d’immatriculation, ont été mis au placard pendant que leurs collègues qui ont planté l’affaire ont été gratifiés par des promotions.

Il se trouve aussi que certains policiers qui ont travaillé sur l’affaire Derochette ont du signer une clause de confidentialité à vie au sujet de cette affaire et de tout ce qui y est lié.

Il est donc très peu probable qu’on connaisse un jour tous les tenants et aboutissants du cas Derochette.

 

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Il est évident que Derochette a été protégé depuis le début de ses actes pédophiles.

On a pu être surpris que Dutroux, après des viols avec séquestrations, ait été relâché bien avant la fin de sa peine, on s’étonne aussi des cinquante misérables jours d’internement de Derochette après plusieurs enlèvements d’enfants et agressions sexuelles.

Il est évident que si on a protégé Derochette, c’est surtout pour protéger ceux qui se trouvaient au-dessus de lui dans le réseau pédocriminel.

D’ailleurs, Derochette dit lui-même qu’il est heureux d’avoir été arrêté, et de ne plus pouvoir détruire des gamins.

S’il était resté en liberté, il y a fort à parier qu’il serait resté un homme de main du réseau, comme l’a été Dutroux.

Les mêmes personnalités que dans le dossier Dutroux sont citées, et les mêmes protections ont été à l’action.

 

[1] Cela a d’ailleurs posé question à l’un des experts auprès des tribunaux :

« La libération de Derochette me surprend.

Cet homme était à l’époque en tout cas un psychopathe pervers dangereux.

Je ne sais pas ce qui a joué.

Ce n’est pas du tout dans les habitudes de la commission de défense sociale d’agir à la légère ».

Cet expert s’étonne aussi que Derochette, exclusivement attiré par les garçons, se soit attaqué à Loubna Benaïssa ensuite.

[2] Il est encore impossible de dire quand est morte Loubna et surtout de quoi elle est morte.

Derochette avait commencé par dire qu’elle était morte parce qu’il l’avait poussée et qu’elle s’était cogné la tête, mais aucune trace n’a été repérée sur le crane de la petite fille.

La version officielle dit qu’elle est morte au bout de trois jours au maximum, dans la malle en acier, soit de soif, soit d’asphyxie.

[3] Les flics ont dit qu’on ne leur avait pas précisé ce qu’ils venaient chercher.

Ils auraient pu le demander avant d’y aller, mais de toute manière le motif était stipulé sur le mandat de perquisition signé par le juge.

Il s’agit donc de mauvaise foi.

[4] IBM à Bruxelles était un pied à terre de la CIA, qu’on retrouve aussi citée dans le dossier des tueries du Brabant.

[5] Il travaillait dans une station service concurrente un peu plus loin, et a été vu la dernière fois à quelques centaines de mètres de chez Derochette.

[6] L’auteur de cette lettre a  ensuite été disculpé de l’enlèvement.

[7] Les témoins de l’affaire Dutroux qui ont évoqué le réseau pédophile, des meurtres de jeunes filles et d’enfants, l’implication de magistrats, de flics, de la famille royale, ont été appelés X1, X2, X3 etc. afin de protéger leur anonymat.

 

Ce livre fourni encore de nombreux détails.

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Ce qu’on connait moins, c’est l’aspect satanique des rituels et abus décrits par certaines victimes.

A l’époque de l’affaire Dutroux, l’attention s’était seulement focalisée sur une pseudo secte Abrasax, mais c’était probablement pour mieux étouffer toutes les futures allégations au sujet de cérémonies de type satanique.

On a dit que des enfants étaient sacrifiés à Satan par ce qui n’était qu’une asbl (asso loi 1901 belge), basée à Forchies la Marche près de Charleroi.

L’affaire dite Abrasax a vite été discréditée, et comme d’habitude on a jeté le bébé avec l’eau du bain et aujourd’hui encore la thèse officielle est qu’Abrasax n’était qu’une fumisterie.

Plusieurs témoins ont parlé de manière détaillée de cérémonies sataniques.

Par exemple, une femme de soixante ans interrogée en janvier 1997 a déclaré que toute sa vie, elle

« a été abusée par son père (un homme d’affaires très riche) et ses connaissances à l’occasion de fêtes sataniques »,

est-il écrit dans la synthèse de la cellule d’enquête.

Elle a fréquenté aussi d’autres victimes de sectes sataniques, et a remis tous les documents à la police qui n’a, évidemment, rien fait.

Dans ce cas, le lien entre réseau pédocriminel et satanisme est évident, puisque des enfants étaient enlevés et envoyés aux Pays Bas pour y tourner des films pédos.

On filait même des hormones aux enfants dès 9 ans pour favoriser le développement sexuel.

Dans une villa où des abus ont été commis, le grenier était aménagé en mausolée de secte nazie, et le siège de cette secte était à Zurich, à l’Hôtel du lac.

Des psys ont aussi à traiter des enfants victimes de pédophiles et de satanistes à l’époque de l’enquête, en Belgique.

Ces enfants ont raconté la mise à mort d’autres enfants, qui venaient d’un orphelinat à côté, dont le directeur était complice.

Étrangement, le psy qui a raconté cela à la police de Namur a reçu des menaces directes d’un supérieur de cette même police de Namur…

Il faut dire que les enfants dénonçaient Melchior Wathelet.

La liste des témoins directs de faits cérémonies sataniques est longue, je vous invite à lire vous-même les 1.235 pages de synthèse (très synthétiques) de l’enquête de Neufchâteau, fort instructives.

Quant aux témoins X, en réalité une dizaine de témoins dont la moitié n’a été entendu qu’une seule fois, et encore, il a très vite été question de les décrédibiliser aussi.

On les a fait interroger par des flics hostiles qui déclaraient ne rien croire de ce qu’elles disaient.

Puis, en ce qui concerne X1 et ses 17 auditions, on a procédé à pas moins de trois « relectures » destinées à vider le témoignage de tout son sens, quitte à faire de mauvaises traductions et à mentir, alors que les enquêtes au sujet de ces éléments avaient été stoppées net.

D’ailleurs, celui qui était chargé de cette relecture était Baudouin Dernicourt, qui a bien freiné l’enquête.

Au final, on a traité tous ces témoins comme des fous et on n’a pas tenu compte de leurs témoignages.

Et toutes les personnes citées par des témoignages qui se recoupaient ont pu continuer leurs saletés en toute impunité.

Concrètement, on a remplacé les enquêteurs qui avaient mis ces témoins en confiance par Duterme devenu chef de la cellule d’enquête de Neufchâteau, et sa bande (Verhaegen, Dernicourt, Pourbaix), qui ont tout fait sauf mener l’enquête.

Ils ont même cherché à déstabiliser des témoins déjà mal à l’aise, et ont déclaré à tous les médias que les témoins étaient mythomanes, alors que leurs prédécesseurs avaient déjà pu vérifier un certains nombre de faits, de lieux, de noms.

On notera que la technique a été exactement la même dans l’affaire Alègre en France, où les témoins qui ne sont pas morts opportunément ont fini en prison pour avoir osé dénoncer Dominique Baudis et d’autres tarés puissants du coin.

Pour donner une idée de la campagne de décrédibilisation, on peut retenir que l’enquête de Dernicourt destinée à décrédibiliser le témoignage de X1 a couté plus cher que l’enquête destinée à vérifier ses propos, qui a, il est vrai, été rapidement close.

En 2008, Dernicourt était commissaire à la police fédérale, section « Exploitation sexuelle ».

 

La bande de Dernicourt s’est ensuite acharnée sur les premiers enquêteurs à avoir interrogé les témoins X1 et X2, qui ont été virés de la gendarmerie, puis blanchis des années après.

Quant aux témoins, ils ont refusé de parler à Dernicourt et à ses copains.

Tout est parti en vrille quand des membres de la famille royale et de grandes familles « aristocratiques » belges comme les Mérode ont  été cités.

Par exemple, le prince Alexandre de Mérode a été cité par Nathalie W et le témoin X4 comme un acteur central de l’aspect satanique des viols et meurtres d’enfants.

Chez les Mérode, cela fait des dizaines d’années qu’on étouffe les affaires de pédophilie.

Nathalie W décrit des sacrifices humains, du cannibalisme, des enfants marqués au fer rouge, des viols collectifs.

X2, quant à elle, a parlé d’une partie de chasse aux enfants dans un château appartenant à Liliane de Réty, la seconde femme du roi Léopold III, qui est morte en 2002 au château d’Argenteuil.

Des enfants seraient même enterrés dans le parc.

Le roi Albert Ier a été impliqué par  X3, ainsi que le roi Baudouin et son frère Albert II, aujourd’hui roi des belges.

 

X3 a décrit des abus rituels qui se seraient produits dans les années 50 et 60, même si elle ne parle pas de capes et d’incantations.

Elle décrit comment des adolescentes enceintes ont été éventrées puis démembrées, leurs bébés tués, comment les enfants et les participants ont bu le sang des morts et mangé leur chair.

Comment un bébé a été donné aux chiens par « Paulo », à savoir Van den Boeynants, comment des enfants de 3 ou 4 ans ont été assassinés dans les pires tortures.

X3, notamment, était livrée à ces tarés.

Pour étouffer l’affaire, on a placé des pions au niveau de la justice, de la gendarmerie et de la police judiciaire.

On a systématiquement éliminé les témoins gênants (plus de 30 décès suspects), et menacé les autres.

On a décrédibilisé ceux qui avaient déjà parlé, si bien que les autres victimes ont vite compris qu’elles devaient se taire, et on a promu les pourris, nombreux, innombrables même, dans ce dossier.

La morale de l’histoire ?

Avant l’affaire Dutroux, parfois, on lisait un entrefilet sur un réseau pédophile, de curés par-ci, de flics par-là.

Depuis, plus rien.

C’est comme si depuis l’affaire Dutroux, il n’y avait plus de réseau en Belgique.

 

Les snuff movies

Les premiers snuff movies dateraient des années 70, mais aujourd’hui la pensée unique continue de nier leur existence (alors qu’il suffit de trois clics sur le dark web pour en trouver).

Un certain Jean-Pierre van Rossem a cherché à savoir de quoi il retournait en Belgique au début des années 90.

Il s’est rendu dans un vidéo club qui vendait des snuff movies pédophiles sous le manteau, et a demandé à participer à un tournage.

On lui a donné rendez-vous à Breda (Pays Bas), et on lui a proposé de participer au meurtre filmé pour l’équivalent de 75.000 euros, ou simplement de regarder pour 45.000 euros.

Avec de tels prix, il est évident que les snuff movies ne sont pas un passe temps de prolétaire.

Van Rossem a signalé cela aux flics et à la justice de Breda, mais il n’a jamais été entendu à ce sujet.

Toutefois, X2 a identifié Van Rossem comme étant présent à des partouzes pédophiles, avec Marnette, Zimmer, Léopold Lippens, Dumont, Bonvoisin, Bouhouche…

Un autre témoin l’a vu commettre des actes pédocriminels.

Au début des années 90, un certain Warwick Spinks, un pédocriminel anglais qui a toujours été libéré plus vite que son ombre, a admis avoir tué plusieurs enfants lors de tournages de snuff aux Pays Bas.

Il disait que ces films se copiaient en une dizaine d’exemplaires puis qu’ils étaient revendus pour 5.000$ l’unité.

En 2003, un russe qui avait tourné plusieurs de ces films n’a été condamné qu’à 3 ans de prison pour production de pornographie enfantine

 

Quelques lieux :

Parc Savoy: SA Parc Savoy en 1985 constituée notamment de la SA International Trade Relations du groupe Charly De Pauw, de la SA Bâtiments et Pont du groupe Blaton, de Philippe Cryns…

André Blaton administrateur délégué de la SA Parc Savoy.

Puis la SA Parc Savoy a fusionné avec CODENAT SA, société de restauration du Cercle des nations qui s’est ensuite déclarée en faillite.

Pourtant, le Parc Savoy était l’une des trois grandes boites de Bruxelles.

 

Le Mirano: appartient à Philippe Cryns, autre membre du Cercle des nations qui a aussi été à l’origine en 1985 d’un gros projet immobilier où beaucoup d’argent a été détourné, le parc Savoy.

Les aristos du pays venaient s’encanailler au Mirano dans les années 80, notamment au cours de partouzes avec des mineurs.

Parmi les habitués, le baron Bonvoisin.

D’après le rapport Godbille, on trouvait là beaucoup d’amis de VDB, comme Patrick De Pauw, le chanteur Plastic Bertrand…

Le témoin X1 parle de partouzes pédophiles sado maso qui y ont eu lieu.

Cryns allait chercher des garçons à la place Fontainas, là où se servait aussi un certain Hedwig Huybrechts, un gendarme qui avait organisé un réseau de prostitution de mineurs dans les années 80.

La place Fontainas, en plein cœur de Bruxelles, était un haut lieu de prostitution, notamment d’enfants.

Le témoin VM1 (l’un des témoins X) a dit qu’il a été prostitué par Cryns au Mirano.

Avant cela, VM1 a été placé dans un home (Vrij & Vrolijk) à Brasschaat, où le directeur l’envoyait déjà se faire violer dans des partouzes.

VM1 a décrit des tortures et meurtres d’enfants, des viols collectifs, des lieux précis, mais bien sûr on s’est empressé de balancer son dossier aux oubliettes.

Au sujet de VM1, précisons encore qu’il a volé des photos compromettantes de personnalités chez un colonel du SHAPE, un quartier stratégique de l’OTAN.

Il va sans dire que le témoin VM1 a été menacé

Des photos étaient prises par Cryns lors des partouzes qui avaient lieu au Mirano, la bonne vieille technique pour compromettre les gens.

Un gros trafic de drogue s’y déroulait aussi, ce qui a valu une petite condamnation à Cryns, mais on a surtout évité de regarder du côté des partouzes pédophiles.

Enfin, d’après Nihoul lui-même, le frère du roi, c’est-à-dire le roi actuel, était présent lors de partouzes pédophiles au Mirano.

 

La Piscine : à Etterbeek, anciennement La Lune des Pirates.

On pouvait y organiser des partouzes avec des enfants.

Appartient à Marcel Hofman, qui a aussi créé la branche belge du Baghwan Tantric Club, dans une association basée à La Piscine 23 rue de l’Egalité à Etterbeek (Neo Tantra).

Mouvement avec des nombreux adeptes aux USA et en Inde.

Orgies sexuelles.

Devenu CCT, Centre Communautaire Tantriste.

En avril 1994, l’adresse du groupe change pour aller au 29 Kammenstraat à Anvers, où il est toujours.

C’est là que l’année suivante (nov. 1995) les flics perquisitionnent, à la recherche d’Eric Mattheussen, qui prenait des photos de morts d’accidents de voitures dans les morgues.

Au 1er étage les flics ont trouvé des boites avec des photos d’enfants, « normales » ou pédopornos avec des viols, ou des enfants morts.

 

Le Jonathan: club détenu par Pierre Paul Derijcke, un fasciste qui a fut l’associé de Nihoul et était proche du front de la Jeunesse.

Au club Jonathan, on n’hésitait pas à faire chanter les clients.

 

Le Stanley: Ce club à partouzes bruxellois date des années 60 et a fermé en 1971 ou 1972.

Il appartenait à un certain Michel Hofmans Venaient, en plus des anciens coloniaux du Congo belge, quelques huiles fascisantes et des cadres américains d’IBM (une boite dont Hofman et son bras droit étaient proches, et pour laquelle ils travaillaient, selon un témoin interrogé dans le cadre de l’affaire Dutroux) et d’Union Carbide.

Au deuxième étage on tournait des films pornos, parfois zoophiles, et derrière le bar il y avait une autre future avocate de Nihoul, Virginie Baranyanka.

Les partouzes étaient filmées et les films étaient emmenés par avion privé en Suisse.

Le but du Stanley était probablement de racoler des personnalités : le témoin cité plus haut expliquait ainsi que

« HOFMANS recherchait surtout des gens avec de l’argent et qui occupaient des fonctions de premier plan.

Magistrature, hauts gradés de la police et de l’armée, médecins, nobles etc ».

Parmi les clients, le père de Patrick Derochette, une copie de Dutroux qui a enlevé et tué la petite Loubna Benaïssa, mais aussi le père de Dutroux.

« Les orgies sexuelles dont il est question plus haut, ne sont-elles pas conçues et organisées pour exercer des chantages sur diverses personnalités ? » s’interrogeait le rapport Godbille.

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Une hypothèse à tout ce bazar est que les fachos du PSC ont été utilisés par les services US pour mener leur politique stay behind en Europe.

Comment ?

En les compromettant avec des vidéos de partouzes pédophiles.

Il fut un temps de simples accusations d’homosexualité suffisaient pour faire plonger quelqu’un, mais aujourd’hui il en faut plus.

Tout le monde a des dossiers sur tout le monde.

Tout le monde se tient par la barbichette.

Ces structures sont les mêmes dans tous les pays d’Europe et existent toujours.

Si on ajoute à cela une pincée de satanisme et beaucoup de cocaïne, on comprend mieux pourquoi l’Europe va si bien.

Pendant ce temps, les enfants continuent à être aspirés dans des réseaux de barbares.

La drogue continue de rentrer par tonnes dans nos pays pendant que les armes en sortent illégalement, les marchés publics sont des cagnottes sans fin, tout le monde se gave et les institutions collaborent.

Voilà où nous en sommes aujourd’hui.

Les 30 témoins morts du procès Dutroux

L’éternelle question des coïncidences troublantes

«Lorsque j’ai entamé mes recherches pour ce livre, il y a plus de deux ans, il avait pour titre provisoire:

Les témoins morts, 18 personnes qui ne parleront pas au procès Dutroux.

Il s’annonçait peu épais et concis. Mais la liste n’a cessé de s’allonger»,

raconte Douglas De Coninck, journaliste au Morgen, auteur d’un nouveau livre sur l’affaire Dutroux, à paraître lundi prochain.

Titre: «30 témoins morts» (*).

https://www.amazon.fr/30-t%C3%A9moins-morts-Douglas-Coninck/dp/2874020664

Dans son nouveau livre, le journaliste polémique passe en revue 30 décès survenus de près ou de loin dans la sphère de Marc Dutroux, dans celle de ses complices présumés ou de gens qui auraient pu l’être, voire dans l’entourage de l’enquête en général.

«Sept meurtres, dix suicides, cinq accidents de la circulation et huit morts naturelles», comptabilise D. De Coninck.

En huit ans, forcément, des gens sont morts.

Mais il y a trop de coïncidences, soutient Douglas De Coninck:

«Un seul homme.

Quatre enfants assassinées.

Et trente cadavres autour.

Peut-être que c’est le hasard qui a frappé trente fois, mais seul celui qui ne pose pas la question connaît la réponse.»

 

Extrait:

Venons-en maintenant à la question évidente : quelle est la mystérieuse organisation qui est responsable de ce génocide miniature ?

La seule certitude que nous ayons, c’est que si elle existait vraiment, la justice ne s’en serait pas aperçue – en tout cas, pas à partir de ces trente témoins décédés.

En 2001, le journaliste Piet Eekman, de la chaîne de télévision allemande ZDF, avait déjà posé tout haut quelques questions basées sur une quinzaine de cas.

” Que voulez-vous, les gens meurent, c’est comme ça “, avait réagi le ministère de la Justice.

” Et dans ces milieux-là, il y a sans doute un peu plus de gens qui meurent. ”

Sept meurtres, dix suicides, cinq accidents de la circulation, et huit cas de mort ‘naturelle’ – pas toujours si naturelle que ça, d’ailleurs.

Il est vrai que la Belgique est connue comme un pays au réseau routier meurtrier, et qui se classe dans le peloton de tête mondial pour ce qui est de la consommation d’antidépresseurs.

Un certain nombre de ces décès, et en particulier les suicides, ont des causes que l’on peut supposer distinctes de l’affaire Dutroux en elle-même.

Mais il n’est pas toujours aussi évident de délimiter les choses de façon très nette.

Henriette Puers vivrait-elle encore si elle n’avait pas été empoisonnée pendant des mois sur ordre de son beau-fils ?

A mon avis, la réponse est oui.

Sur sept meurtres, un seul a été élucidé : celui qui a été commis par Dutroux lui-même.

Pour quatre des cinq accidents de la route, les familles des victimes ont du mal à croire à la thèse de l’accident.

Parmi les suicidés, on retrouve l’homme qui aurait dû être avocat général au côté du procureur Michel Bourlet.

Et aussi deux policiers, et deux hommes que la police souhaitait interroger d’urgence.

Le voisin de Bernard Weinstein est mort dix jours après l’enlèvement de Julie et Mélissa.

Parmi les accidentés de la route, il y en a un qui a trouvé la mort en se rendant au palais de justice, et une qui avait contacté la police quelques heures avant son crash pour signaler qu’elle avait reçu des menaces de mort.

Sous un seul et même toit, il y a eu la mort d’un mari, de sa femme, et finalement aussi du nouvel ami de la femme – tous dans des circonstances qui font penser à des actes de malveillance.

Juste une constatation. Six meurtres sur sept ont été commis dans le milieu des trafiquants de voitures, intimement lié à la bande Dutroux.

Initialement, l’enquête de Neufchâteau avait pour objet les assassinats d’enfants et le trafic de voitures.

En 1998, à l’initiative du juge d’instruction Jacques Langlois, le volet ‘trafic de voitures’ a été séparé et transféré dans un autre arrondissement judiciaire.

On a jugé qu’il n’y avait aucun lien.

Pourtant, certains parents d’enfants assassinés restent convaincus que depuis lors, une recherche objective de la vérité est devenue impossible.

C’est comme si un chimiste voulait examiner ce que donne la fusion de deux substances, mais qu’il ne disposerait, pour son expérience, que d’une des deux substances en question.

 “Des morts opportunes.” (Guy Poncelet, Procureur du roi honoraire de Tournai)

“Les témoins, une espèce en voie de disparition.” (Douglas De Coninck)

“Il y a deux espèces de témoins : ceux qui meurent d’une manière ou d’une autre, et ceux qui sont déclarés fous.” (Regina Louf)

Le scenario est presque toujours le même : un individu déclare qu’il a des révélations importantes, voire explosives, à faire dans le cadre de l’affaire « Dutroux et consorts », et le jour même où il s’apprête à témoigner, ou la veille, il a un accident mortel, ou il se suicide dans des circonstances énigmatiques.

« Aucun de ces décès n’a semblé intéresser le juge Langlois en quoi que ce soit, en dépit des incessantes tentatives du procureur Michel Bourlet d’attirer son attention sur ces affaires ». (p.265)

François Reyskens. Mort le 26 juillet 1995.

Début juillet 1995, les parents de Julie Lejeune et Mélissa Russo, disparues depuis deux semaines, recoivent un appel téléphonique d’un courtier en assurances , sorte de père adoptif d’un jeune cocaïnomane répondant au nom de François Reyskens.

Ce jeune homme, explique le courtier, déclare avoir rencontré les petites Julie et Mélissa.

Aussitôt, Carine Russo alerte la gendarmerie de Seraing et rendez-vous est pris avec le jeune François Reyskens pour le 26 juillet.

François Reyskens meurt, écrasé par un train, 2 heures avant ce rendez-vous.

L’enquête conclut au suicide.

Son père Jean Reyskens :

« C’est plutôt étrange que juste à ce moment-là il finisse sous un train.

Est-ce vraiment une coïncidence ? »

 

Guy Geubels.

Le 25 août 1995, Guy Geubels, adjudant à la brigade de gendarmerie de Grâce-Hollogne, va rencontrer la presse.

Il a obtenu l’autorisation de ses supérieurs d’être interviewé par une équipe de la RTBF.

Il faut dire qu’il est l’un des premiers gendarmes à avoir été en contact avec les familles des petites Julie et Mélissa.

Il est aussi, selon le témoignage des familles Lejeune et Russo, l’un des seuls à ne pas parler de pistes mafieuses mais bien de pédophilie.

L’interview n’aura pas lieu…

Guy Geubels est retrouvé mort le 25 août 1995.

Une balle dans la tête.

Son arme dans une main, le cornet du téléphone dans l’autre.

Coïncidence : le 25 août 1995 est le jour où débute officiellement l’Opération Othello, cette opération funeste de « surveillance » de Dutroux, durant une période où celui-ci détenait, en principe, Julie et Mélissa, dans sa cache An et Eefje dans la même maison, où il a pu encore commettre plusieurs actions délictueuses sans que les « surveillants » ne s’aperçoivent de rien.

Il est vrai que pour réussir leur coup d’éclat, les gendarmes n’ont rien trouvé de mieux que de mettre à la tête de l’opération Othello René Michaux

“un peu le Gaston Lagaffe de son service.

Il avait des problèmes familiaux et professionnels, et ses supérieurs ne l’appréciaient pas en raison de ses bourdes répétées” (p.58).

 

Bruno Tagliaferro. Mort le 5 novembre 1995.

Ferrailleur, sans doute magouilleur, Bruno Tagliaferro et son épouse Fabienne Jaupart paraissent heureux en ménage.

Parmi les relations de Bruno Tagliaferro, on retrouve Marc Dutroux, Bernard Weinstein, Michaël Diakostavrianos…

Dans le dossier, on pourra encore lire le nom de Thierry De Haan, de Michel Lelièvre…

Fabienne Jaupart déclare que son mari possède des armes, pour les défendre, elle et les enfants.

Elle pense que Bruno est détenteur d’un secret qui met leur vie en péril.

Fabienne Jaupart croit que son époux s’est rendu compte qu’il avait, à son insu, été chargé, du démontage et de la revente des pièces de la Citroën AX qui aurait servi à l’enlèvement de Julie et Mélissa.

Bruno Tagliaferro meurt la veille du jour, le 4 novembre 1995, où Dutroux et Weinstein séquestraient trois personnes : Rochow, Divers et Jadot pour une histoire de camion volé.

L’un des premiers hommes de la Police Judiciaire sur les lieux du décès est l’inspecteur Georges Zicot.

Le légiste conclut à un arrêt cardiaque.

Un laboratoire du FBI (consulté par le juge Connerotte) conclut à un empoisonnement mais un expert liégeois (désigné ultérieurement par le juge Langlois) estimera que la production de cyanure par un cadavre en décomposition peut être un phénomène naturel.

Malgré les taux de cyanure retrouvés dans le corps de Tagliaferro (au-delà des doses pouvant être “auto-produites”), le juge Langlois privilégiera la “mort naturelle” comme explication du décès du ferrailleur de Keumiée.

 

Fabienne Jaupart. Décédée le 18 décembre 1998.

Le juge Connerotte semble ajouter foi aux déclarations de Fabienne Jaupart lorsqu’elle proclame que son mari a été assassiné, il semble aussi prêter attention aux déclarations de Claude Thirault [2].

Claude Thirault qui affirme que Marc Dutroux parlait, fin 1995, d’un certain Tagliaferro à liquider contre un paiement de 50.000 francs.

« Lui et sa femme » disait Claude Thirault.

Le juge Connerotte considère qu’il a suffisamment d’informations pour accorder une protection policière à la veuve de Bruno Tagliaferro.

Après la nomination du juge Langlois, la protection policière fut levée.

Le 18 décembre 1998, Fabienne Jaupart est retrouvée morte, l’enquête conclut au suicide.

Fabienne Jaupart se serait aspergée de méthanol, aurait remis la bouteille sur le meuble à côté de son lit et se serait ensuite immolée, non sans avoir pris soin de mattre les pommes de terre à cuire sur le réchaud et de faire tourner le lave-vaisselle…

 

Michel Piro. Mort le 5 décembre 1996.

Novembre 1996. Michel Piro, exploitant de bars-restaurants dans la clientèle desquels on retrouve Marc Dutroux, Bernard Weinstein, Michel Lelièvre, Michel Nihoul, Michel Diakostavrianos… (il est, aux dires de certains un véritable « guide Michelin » des quartiers chauds de Charleroi) contacte, à trois reprises, la famille de Jean-Denis Lejeune et lui demande une entrevue à laquelle il souhaite que soit convié le procureur Michel Bourlet.

Son intention est, également, d’organiser un souper avec les parents de Julie et de Mélissa, repas au cours duquel il s’apprête à faire des révélations sur le sort des deux petites liégeoises.

Plusieurs témoins le diront ; parmi ceux-ci, un indicateur de la BSR de Charleroi affirme que

« Piro aurait dit quelques jours avant son décès qu’il allait « balancer » tout ce qu’il savait sur le dossier Julie et Mélissa lors du repas qu’il organisait » (p.103).

Selon son fils, il aurait dit que « des têtes allaient sauter ».

On ne saura jamais quelles étaient ces révélations : le 5 décembre 1996, il est exécuté, à bout portant, sur un parking d’autoroute, tandis que son épouse est sortie pendant quelques instants du véhicule pour se rendre aux toilettes.

Il en savait long sur le milieu de la prostitution enfantine de la région de Charleroi.

Quand on feuillette le dossier Dutroux, on a parfois le sentiment qu’il n’y a que deux policiers à Charleroi, Mrs Zicot et Laitem.

C’est à ce dernier que l’enquête sur l’assassinat de Michel Piro est confiée et elle conclut au meurtre passionnel.

Sa femme, Véronique Laurent, sera condamnée à 15 années de réclusion en tant que commanditaire du meurtre alors que les deux exécutants seront blanchis par un tribunal français qui considèrera que ce dossier n’a aucune consistance.

La rumeur dira que Michel Piro voulait révéler que Julie et Mélissa avaient été « prêtées » à un bar fin 1995.

Une de ces pistes sérieuses que le juge Langlois écartera, non sans avoir veillé auparavant à la baptiser « piste périphérique ».

Pendant quatre ans, le dossier Piro fait l’objet à Neufchâteau d’une correspondance envenimée entre le procureur Bourlet qui demande que soit poursuivie l’enquête sur l’entourage de M. Piro, et le juge d’instruction Langlois qui refuse d’enquêter.

 

Jean-Marc Houdmont. Décédé le 25 février 1997.

25 février 1997. L’inspecteur Tinant décroche le téléphone dans une annexe du Palais de Justice de Namur.

L’homme est chargé du dossier de la disparition d’Elizabeth Brichet, le 20 décembre 1989, à Saint-Servais.

Depuis l’éclatement de l’affaire Dutroux, il s’est, avec ses collègues, remis au travail sur ce dossier.

A l’autre bout du fil, Jean-Marc Houdmont, qui vivait, en 1989, à quelques centaines de mètres de la maison d’Elizabeth.

« J’ai fait une bêtise » déclare Jean-Marc Houdmont, « je veux faire une déclaration ».

Ils conviennent d’un rendez-vous, le jour même, à 11 heures 30, juste le temps pour Jean-Marc Houdmont de faire, en voiture, le chemin qui le sépare des bureaux de la cellule Brichet.

Une heure plus tard, la Toyota Starlet de Jean-Marc Houdmont s’encastre dans une façade sur le bord de la Nationale 76.

L’enquête conclut au suicide puisqu’on n’a relevé aucune trace de freinage.

Mais, ici encore, les mêmes noms sont retrouvés : Michel Lelièvre a fréquenté une école de Saint-Servais.

Le beau-père de Jean-Marc Houdmont à vécu au Congo, dans le même village et à la même époque que Victor Dutroux, le père de Marc.

Marc Dutroux qui vivait de l’assurance-maladie et était inscrit à la mutuelle au bureau de Saint-Servais.

Dans une escroquerie à l’assurance, Dutroux et Weinstein provoquent, entre eux, un accident, et c’est un parent de la femme de Jean-Marc Houdmont, qui, en tant qu’assureur, traite le dossier.

D’autres noms de co-inculpés de Dutroux apparaissent dans le dossier Elizabeth Brichet, dont celui de Diakostavrianos et celui de Nihoul.

 

Joseph Toussaint. Mort le 5 mars 1997.

Huit jours exactement après la mort de Jean-Marc Houdmont, le père Joseph Toussaint décède à Marbay-la-Tour, petit village où se rendaient, régulièrement selon les uns, une ou deux fois disent les autres, Monique Cherton, compagne de Jean-Marc Houdmont, et Michelle Martin, épouse de Marc Dutroux.

Le père Joseph Toussaint était leur confesseur.

Il était aussi l’aumônier de la prison de Jamioulx, prison où fut incarcéré Marc Dutroux.

Le directeur de la prison déclare que les relations entre le père Toussaint et Marc Dutroux auraient pu laisser penser que Dutroux était un fervent catholique.

Le père Toussaint se prononcera en faveur de la libération conditionnelle de Dutroux.

Parmi les photographies épinglées au mur de la cellule de Marc Dutroux, et publiées par la Libre-Match, on peut reconnaître une photo du père Joseph Toussaint, victime d’une crise cardiaque, le 5 mars 1997.

 

José Steppe. Décédé le 25 avril 1997.

Au début des années 80, José Steppe habite le quartier de Marc Dutroux à Goutroux.

Ancien jeune communiste, Steppe vire à l’extrême-droite.

En avril 1997, José Steppe contacte un journaliste, il affirme détenir des informations sur l’affaire Dutroux et parle de remettre au journaliste des copies de cassettes vidéo sur lesquelles on peut voir Dutroux et d’autres en train de violer des enfants.

« Il était inquiet », dit un témoin anonyme au journaliste français Eric Bellahouel ;

« Un jour, tu me trouveras avec une balle dans la tête », lui aurait dit J. Steppe ;

il lui aurait encore dit que ces cassettes vidéo c’était de la dynamite ;

qu’on pouvait y reconnaître des notables de Charleroi, des politiciens connus.

Steppe « ne voulait pas donner la cassette à la police.

Parce qu’il y avait là, disait-il, trop de gens corrompus qui les feraient certainement disparaître ».

José Steppe souffre d’asthme, et pour soulager les crises qui l’accablent, il se sert d’un respirateur.

Le 25 avril 1997, quelques jours avant sa rencontre avec le journaliste avec qui il a pris contact, une femme d’ouvrage de l’hôtel dans lequel il réside découvre son corps dans un couloir, son masque à oxygène recouvre toujours son visage.

Au fond de la bouteille de l’inhalateur, on découvre du Rohypnol …

trois jours après l’enterrement.

 

Gina Pardaens-Bernaer. Décédée le 15 novembre 1998.

Voici sans doute une femme qui n’a pas froid aux yeux !

Elle collabore avec le Morkhoven Groep, une association qui pourchasse les pédophiles sur Internet et dans le « monde réel ».

Elle a affirmé à plusieurs personnes qu’elle détenait, entre autres choses, un « snuff movie » [3] tourné en Belgique.

Dans ce film, on pouvait reconnaître un ancien associé de Michel Nihoul.

Gina Pardaens se sait menacée, elle surveille ses arrières, fait des portraits-robots des personnes qui semblent traîner trop souvent autour d’elle, note les plaques minéralogiques des véhicules qui paraissent la prendre en filature.

Parmi ceux-ci, l’immatriculation d’une Mercédès grise qui, plus tard, s’avérera être celle de l’ancien chauffeur du Dolo, le bar à filles favori de Michel Nihoul.

Gina Pardaens devait faire une déposition le 16 novembre 1998…

Le 15 novembre, sa voiture s’écrase contre le pilier d’un pont, pas de trace de freinage, pas d’autopsie.

 

Hubert Massa. Mort le 13 juillet 1999.

Ce chapitre sur le suicide de Massa mérite une attention toute particulière, car il fait apparaître de la manière la plus éclairante des liens multiples entre différents aspects et personnages des dossiers « Cools » et « Dutroux et consorts ».

Selon les magistrats du Parquet de Liège, « rien n’est plus pareil depuis la nomination d’Anne Thily ».

« Elle n’incarne que l’autorité » entend-on dans les couloirs du palais.

Anne Thily semble ne pas apprécier Hubert Massa.

L’épouse de celui-ci déclare : « Il était sur les affaires Cools et Dutroux, tout le monde le savait. Je voyais bien que quelque chose n’allait pas, mais il ne se plaignait jamais ».

Hubert Massa participe à une réunion avec quatre procureurs généraux et le tout nouveau ministre de la justice, Marc Verwilghen.

Réunion au cours de laquelle l’ancien président de la Commission parlementaire annonce qu’il fera en sorte que toute la lumière soit faite.

Au lendemain de cette réunion, le 13 juillet 1999, après le repas, pris en compagnie de sa femme et de ses enfants, Hubert Massa s’isole dans son bureau.

Sa femme entend un coup de feu.

Hubert Massa s’est tiré une balle dans la bouche.

« Généralement, lorsqu’on obtient un poste au parquet général, on est indéboulonnable et on reste à cet échelon supérieur jusqu’à la retraite.

Mais pas à Liège, où les avocats généraux J.-Ph. De la Croix et A. Zaplicki se font dégrader à leur propre demande début 1999 : l’un devient juge de la jeunesse et l’autre passe juge de paix.

Hubert Massa (…) avait également des projets en ce sens » (p.184) [4].

Massa aurait dit à un ancien collègue et ami qu’il se sentait coincé.

« Après sa mort, des rumeurs circulent parmi les avocats de Liège, selon lesquelles Thily lui aurait déclaré quelque chose dans ce sens quelques heures avant sa mort.

Il aurait été question d’un “petit dossier”, et du fait « qu’il lui arriverait quelque chose comme à Marc de la Brassine ». (p.185)

« Anne Thily est considérée comme intouchable.

Sa candidature au poste de procureure générale a été appuyée très fermement par José Happart ; celui-ci faisait partie du clan radical de Jean-Maurice Dehousse qui devait également accueillir plus tard le ministre Alain Van der Biest et Guy Mathot, qualifié un jour de « mafieux » par quelqu’un de son propre parti (…)

Au sein du P.S., Cools passait pour le grand adversaire de Dehousse, Mathot, Happart et consorts.

Le dossier pénal contenait d’ailleurs des indices qui tendent à faire croire à leur implication dans l’organisation de cet assassinat » (pp.186-87).

« Van der Biest devait comparaître devant les assises avec ses amis mafieux.

Thily n’était pas de cet avis, et elle mettait ses collaborateurs sous pression pour faire rayer son nom de la liste des accusés.

Une fois de plus, l’ambiance était aux menaces et aux « petits dossiers ».

Thily avait des dossiers sur tout le monde, y compris sur Julien Pierre.

La sœur de ce dernier avait déclaré que l’avocat avait hébergé par le passé Patrick Haemers. (…)

Tant dans l’affaire Cools que dans l’affaire Dutroux, Pierre a joué avec brio le rôle de l’allié objectif de Thily : notamment en précipitant la chute de ce juge d’instruction indépendant et donc tellement encombrant (pp.188-89). »

 

Jean-Jacques Feront. Mort le 1er mars 2001.

« On ne veut pas aller jusqu’au bout dans cette enquête » (l’inspecteur de la P.J. Ronald Speltens)

Le 4 mai 1995, la section Jeunesse de la PJ de Bruxelles reçoit une lettre anonyme proposant des infos sur un pédophile qui vend des photos et des vidéos à caractère sexuel de sa fille de 10 ans.

Ces informations s’avèreront fondées.

Le 11 juillet de la même année, le même informateur déclare avoir vu des photos de Mélissa Russo, proposée avec d’autres enfants à la vente ou à la location par un germanophone dont les initiales figurent sur une chevalière qu’il porte : K.B. Les inspecteurs Speltens et Colson déclarent que cet informateur est fiable, il a déjà fait ses preuves.

Ils réquisitionnent des spécialistes de la filature, envoient une note au commissariat général dans laquelle ils exposent leur projet, ils demandent, pour le 23 septembre 1995, deux sémaphones et deux voitures de service…

Et le temps passe…

Les parquets de Louvain et de Liège se renvoient la responsabilité dans ce dossier comme une patate chaude.

Le commissaire Lamoque dit aux parents de Julie et de Mélissa qu’il n’a jamais compris pourquoi on avait décidé en haut lieu que cela ne pouvait se faire.

On retrouve dans ce volet de l’affaire la substitute Somers, une intervention, ici comme dans le volet sur les témoins X, pour ne pas dire la vérité.

Pour les enquêteurs, K.B. évoque tout de suite Klaus Bahr, qui contrôle une grande partie du marché belge du porno dans les années quatre-vingt-dix.

Klaus Bahr est également décédé depuis lors.

Quand Marc Dutroux est arrêté, onze mois plus tard, et que deux enfants sont libérées de sa cave à Marcinelle (localité que Jean-Jacques Feront avait désignée), les enquêteurs s’arrachent les cheveux, ils expriment leur incompréhension à leur supérieur.

Le 1er mars 2001, Jean-Jacques Feront décède à la suite de deux crises cardiaques consécutives.

Le commissaire Speltens dira devant la Commission parlementaire d’enquête :

« si la magistrature (…) avait laissé la PJ monter un guet-apens autour de Feront, les gamines auraient peut-être été retrouvées.

On ne veut pas aller jusqu’au bout dans cette enquête ».

 

Brigitte Jenart. Décédée le 5 avril 1998.

Ce chapitre qui se trouve dans la version néerlandaise de l’ouvrage de D.De Coninck, a disparu, à la suite de défaillances techniques, de la traduction française.

Nous l’ajoutons donc, car il nous paraît important.

Cette dentiste de Nihoul a son cabinet au 35 rue du Conseil à Ixelles, là même où habite Roland Corvillain, un pédophile notoire, qui recevait régulièrement la visite d’Achille Haemers, le père de Patrick, et qui a été suspecté dans le cadre de la disparition de la petite Loubna.

L’ex-épouse de Corvillain, qui est convaincue que Dutroux est aussi passé par là, déclare que son mari, Nihoul et les autres “utilisaient un langage codé, (…) parlaient de « chevaux blancs, bruns, jeunes, chers mais bons et jeunes ».

Comme ces chevaux étaient censés arriver par avion de ligne en provenance de pays d’Europe de l’est et que les hommes semblaient craindre les douanes, elle pouvait logiquement supposer qu’ils ne parlaient pas de quadrupèdes”.

« Il est clair pour moi qu’ils ne parlaient pas de chevaux, mais de jeunes enfants. » [5].

Brigitte Jenart a été la maîtresse du truand Juan Borges, qui a également eu une liaison avec Annie Bouty.

C’est B. Jenart qui informe la commission parlementaire d’enquête que Borges a échappé à la justice belge grâce à Nihoul.

Ce dernier aurait convaincu le commandant Guido Torrez de bloquer l’action policière visant à arrêter le truand.

Au milieu des années 80, Torrez travaille avec un parrain mafieux italien.

Dans une lettre manuscrite datant du 7 mai 1997, Jenart fait état de la naissance d’un bébé guinéen de l’adoption duquel Bouty se serait occupée.

Elle déclare que Bouty lui avait fait signer un jour quarante attestations qui lui conféraient la garde de quarante Zaïrois et Nigérians en séjour illégal en Belgique.

Dans les gribouillis de sa petite lettre d’adieu, on peut reconnaître le mot « pédophile ».

« Un trafic de nouveaux-nés ?

Il semblerait bien que oui » ;

« sur la base des maigres pièces du dossier qui ressurgissent dix ans après les faits, on a l’impression que Bouty et Nihoul s’occupaient de trafic d’êtres humains – des adultes aux tout-petits ».

Le parquet de Bruxelles n’a pas fait pratiquer d’autopsie sur le corps de Brigitte Jenart.

Toutes ces morts ne sont peut-être pas directement liées à l’affaire jugée à Arlon depuis le 1er mars ; certains disparus étaient des individus aux comportements et aux jugements très problématiques.
C’est, en particulier, le cas de José Steppe, fasciste notoire ; de même on peut s’interroger, comme certains l’ont fait, sur la fiabilité du témoignage de Rita Verstuypen, qui avait tout avantage à “collaborer” avec la justice, étant elle-même suspecte dans l’affaire de son mari.
Mais certaines coïncidences restent fort troublantes, certaines familles, certains proches de victimes restent sceptiques quant aux versions officielles qui ont été retenues, des versions souvent confuses et contradictoires.
Pour les autres témoins qui ne seront jamais entendus à Arlon, et pour plus d’informations sur les accidents et suicides relatés ci-dessus, nous vous recommandons fortement la lecture de l’ ouvrage de Douglas De Coninck.

[1] La 3e chaîne allemande, la ZDF, a également consacré une très bonne émission à cette question : Piet Eeckman, La mort subite de l’affaire Dutroux, 30/01/2001).

[2] Thirault est l’informateur qui, dès 93, alertait la gendarmerie du projet de Marc Dutroux de faire des caches dans ses caves, en aménageant des citernes que la gendarmeire avait déjà perquisitionnées pour des vols, la même année ; la gendarmerie connaissait donc l’existnece de ces citernes en 1995, ainsi que l’endroit de la cave où l’une d’elle aboutissait.

[3] Snuff-movie : film ou vidéo où l’on assiste à des viols et tortures suivis de la mise à mort des victimes.

[4] Cet étrange phénomène des candidatures à des « promotions négatives » semble s’être propagé jusqu’au parquet de Charleroi, où le Procureur du Roi Thierry Marchandise a également demandé, tout récemment, à être nommé à une fonction de juge de paix dans la région carolorégienne (tout comme son prédécesseur, le Procureur du Roi Defourny, l’avait fait avant lui).

[5] Audition de Rita Verstuypen, police d’Ixelles, le 28 aoùt 1996, pv 1639/BJ/96.

 

Différents documentaires :

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