17
MAR
2020

Loir-et-Cher | accusé d’avoir abusé les demi-frères de sa compagne

Les deux garçons victimes de viol et agressions sexuelles à environ dix ans.
L’accusé reconnaît les faits.

Le procès a débuté jeudi 12 mars au palais de justice de Blois. Le verdict est rendu vendredi. © (Photo d’illustration NR)

Cour d’assises de Loir-et-Cher

Les deux frères ont aujourd’hui 28 et 27 ans. Assis tous les deux sur le banc des parties civiles, ils font face à celui qui a abusé d’eux quand ils n’étaient que de jeunes enfants.

Ils avaient entre 9 et 13 ans lorsque le compagnon de leur demi-sœur les a forcés à lui faire des fellations. Le plus âgé a même été victime de pénétration anale.

Plus de 15 ans après les premiers faits, c’est ce dernier qui a dénoncé ces abus. Parce qu’il s’inquiétait pour les enfants de sa demi-sœur, craignant qu’ils subissent la même chose que lui.

Le petit frère, dans la foulée, a aussi parlé. Ils ignoraient l’un et l’autre ce qu’ils avaient respectivement subi.

L’accusé reconnaît les faits.

« Je suis désolé de ce que j’ai pu leur faire »

Si lors de sa première garde à vue, il avait indiqué que l’aîné était « demandeur de relations sexuelles », que le jeune garçon (en fait victime) l’avait même contraint par la violence à lui faire des fellations, il ne tient plus aujourd’hui le même discours.

Aux juges et jurés de la cour d’assises, au premier jour du procès jeudi, il déclare :

« Il est évident que j’ai des remords. Je n’ai jamais eu l’envie de leur faire du mal. Je suis vraiment désolé de ce que j’ai pu leur faire physiquement et psychologiquement. » Et l’homme, âgé de 47 ans de poursuivre : « Je ne suis plus un homme après avoir fait ça. Ce sont des actes odieux […] C’est immoral, ignoble, immonde. »

Lorsque la présidente, Aude Cristau, lui demande si ce que les deux garçons ont dit à la barre (à huis clos) est vrai.

Il répond : « totalement vrai ».

Les faits se sont déroulés en région parisienne, dans l’appartement de la grand-mère des deux garçons. L’accusé était un ami du compagnon de la mamie des enfants.

C’est comme ça qu’il est entré dans leur vie. D’autres abus ont été commis dans le Loiret, où l’accusé résidait.
Il a emménagé à Blois en 2016. C’est en septembre de cette année-là que les révélations ont été faites.

Comment expliquer ce passage à l’acte, l’interroge la juge.

Il n’a pas de réponse. Il affirme qu’il y travaille avec un psychologue en prison. Peut-être un manque affectif, à l’époque, il était célibataire.

Il reconnaît aussi qu’il était vraiment « attiré » par le plus âgé des deux frères. Il a également évoqué l’agression sexuelle qu’il aurait subie de la part de son frère lorsqu’il avait lui-même 9 ans.

L’expert psychiatre n’écarte pas effectivement l’hypothèse qu’il y ait un écho entre l’âge des enfants au moment des faits et le sien lorsqu’il a été victime d’abus de la part de son frère.

Il souligne que l’accusé :

« assume sa responsabilité et se critique d’avoir transgressé la loi. Il comprend aussi que l’acte qu’il a commis sur ces jeunes a des conséquences sur leur vie. »

Les conséquences justement. Les deux jeunes hommes ont dû faire face à des troubles alimentaires et ont eu des moments de dépression. Aujourd’hui, ils travaillent tous les deux.

Le psychologue qui a rencontré l’aîné indique qu’il

« semble solide dans la tourmente ».

Celui qui a expertisé le petit frère évoque un syndrome de stress post-traumatique. Le jeune homme avait confié en avoir souvent fait des cauchemars.

La présidente demande à l’accusé ce qu’il en pense, aujourd’hui, avec le recul.

« Je suis obligé de l’admettre, j’ai violé des enfants. J’ai du dégoût pour moi. Il n’y a pas de termes assez forts. »

Le procès se poursuit ce vendredi. Le verdict est attendu en fin de journée.

source : lanouvellerepublique

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