Au Tribunal de Diekirch, six ans de prison ont été requis à l’encontre d’un récidiviste de 56 ans pour détention de matériel pédopornographique.

La gravité de la peine requise par la représentante du Parquet s’explique par le fait que l’accusé est un récidiviste.

Il avait déjà été condamné en janvier 2012 par ce même Tribunal à deux ans de prison avec sursis et à une amende de 5.000 euros pour détention de 82.000 photos et près de 4.700 films de ce type et la mise en circulation d’au moins un de ces films.

Cette fois, quatre faits sont reprochés à l’accusé :

– avoir filmé sans autorisation avec une caméra cachée dans les vestiaires du hall sportif de Beckerich en mai 2014 (il avait téléchargé les images des vestiaires et des douches sur son laptop).

– avoir été en possession, en juin 2014, de 3 clés USB sur lesquelles figuraient notamment quelques 8.750 images avec un contenu pédopornographique et 28 films avec des mineurs de 13 à 16 ans, soit se livrant à des actes sexuels, soit étant victimes d’abus.

– avoir eu en décembre 2014 sur le disque dur de son ordinateur portable, 910 images avec un contenu pédopornographique (avec des enfants âgés de 5 à 16 ans).

– avoir eu, en juillet 2015 sur l’ordinateur de la banque où il travaillait, près de 5.000 autres photos et deux films à caractère pédopornographique.

“J’avais eu une période difficile, je ne réfléchissais plus et je n’ai pas remarqué que j’étais au fond d’un gouffre !” a répondu l’accusé au président qui lui demandait s’il n’avait pas tiré de leçon de sa première condamnation.

Il était devenu dépendant et uniquement attaché à de telles images.

Il ne recherchait que l’extrême, mais il tentait d’en sortir, a assuré l’homme, qui se rendait bien compte maintenant que c’était horrible.

Auparavant l’enquêteur de la Police judiciaire avait remarqué que peu après la perquisition à son domicile en juin 2014, l’accusé avait recommencé à chercher des photos et des films de cette sorte sur lesquels figuraient le plus souvent de jeunes adolescents.

Ce n’était pas un hasard.

Par ailleurs, le prévenu n’avait pas communiqué ses mots de passe.

L’avocat de l’accusé a plaidé pour une peine de prison avec sursis probatoire, car une évolution avait été constatée à partir de 2014 chez son client.

Il avait reconnu et accepté être homosexuel et il comprenait à présent l’aspect criminel qui se trouvait derrière ces photos.

Maître Mioli a ajouté que selon un expert, l’accusé devait poursuivre sa thérapie.

La représentante du Parquet s’est, quant à elle, montrée préoccupée par l’évolution de cette affaire, la nature du matériel et le comportement de l’accusé.

Ce dernier n’avait pas été conscient de la gravité des faits qu’il avait commis, et même s’il ne contestait plus rien à présent, il n’avait pas collaboré.

Le risque d’une récidive subsistait chez cet homme, dont un psychiatre a attesté la pédophilie.

Il ne méritait aucun sursis.

Mais si les juges aboutissaient toutefois à cette conclusion, il devrait s’agir d’un sursis avec des obligations, dont la principale était le traitement de la pédophilie.

Le verdict sera rendu le 7 décembre.

Source : RTL 5 Minutes