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FéV
2020

Maine-et-Loire | Deux soeurs dénoncent l’emprise d’un célèbre champion d’équitation

Deux soeurs accusent leur ancien entraîneur d’emprise en vue d’avoir des relations sexuelles avec elles. L’homme a été suspendu.

 


Jacques Ferrari sur sa monture Poivre Vert lors des Jeux équestres mondiaux à Caen le 5 septembre 2014
DPPI

 

La parole continue de se libérer dans le sport. Deux soeurs, Chloé et Anaïs Bega, pratiquant la voltige équestre, racontent dans Le Parisien comment elles sont tombées sous l’emprise de leur entraîneur, Jacques Ferrari, un ancien champion du monde de cette discipline. Les faits se seraient déroulés à Saumur dans le Maine-et-Loire, capitale française de l’équitation.

 

Leur ancien entraîneur âgé d’une trentaine d’années a été suspendu par la préfecture du Maine-et-Loire et une enquête administrative lancée par le ministère des Sports est en cours depuis la mi-février. En décembre 2018, la plus jeune des deux soeurs, Anaïs, avait porté plainte pour corruption de mineur.

“Et moi, j’étais la prochaine”

Dans les colonnes du Parisien, les deux filles âgées de 15 et 17 ans lors de leur arrivée au centre équestre en 2016, racontent les gestes déplacés et la sexualisation à outrance qu’elles ont subis de la part de leur entraîneur.

Lors de cette période, Chloé a eu des relations sexuelles répétées avec son entraîneur, comme le raconte sa petite soeur Anaïs.

“Ma soeur était au fond du trou à ce moment-là”,

souvient la jeune fille.

“Et moi, j’étais la prochaine, il me l’a dit lui-même. Il faisait une obsession sur mon physique. À la fin, il n’arrêtait pas de me parler de mon sexe qu’il voulait toucher. Il disait qu’il avait une forme particulière et qu’il aimait bien ça”

 

Lors d’une séance d’étirements en janvier 2017, il va plus loin.

“Ce jour-là, Jacques a fait un massage à Anaïs au niveau de l’aine. Il était vraiment proche de ses parties intimes. On est intervenu immédiatement”,

relate une partenaire de l’équipe de France. La grande soeur raconte aussi:

“Il m’invitait au restaurant, au cinéma, à la fête foraine”,

“Je savais que ce n’était pas sain mais j’y allais. Il me faisait croire que j’étais l’unique. Que sans lui, je n’étais rien […] Vu que j’étais majeure et consentante au moment de nos relations sexuelles, j’ai eu longtemps peur que ça ne serve à rien de parler mais aujourd’hui, je veux que ça se sache”

“J’ai été complètement conditionnée. Par exemple, il montrait des photos et des vidéos de nos ébats à d’autres filles du groupe”
“Tout le monde continue de se taire”

Les agissements de Jacques Ferrari semblaient pourtant connus dans le milieu, selon les témoignages recueillis par Le Parisien.

“À chaque fois, il choisit des filles à la plastique superbe et innocentes et les met sous sa coupe. Forcément, avec son aura et son physique, elles deviennent folles de lui. Et c’est à ce moment-là qu’il les brise pour ensuite les reconstruire”, souligne une voltigeuse qui l’a connu enfant.

Un ancien sportif de l’équipe de France se rappelle aussi du surnom qui avait été donné à Jacques Ferrari : “le décapsuleur” en raison de son appétence pour les jeunes filles vierges. “C’est clairement de la manipulation, surtout qu’il les mettait en concurrence les unes avec les autres”, ajoute-t-il.

Si l’entraîneur assume la relation consentie avec la grande soeur Chloé, il rejette les propositions faites à sa soeur cadette ainsi que les gestes déplacés. Il juge avoir “manqué de discernement, de maturité et de distance à une certaine époque avec son statut d’athlète et d’éducateur”, mais assure aujourd’hui avoir “pris conscience de certaines choses”.

De leurs côtés, les deux soeurs tentent de se reconstruire.

“Je suis encore loin d’avoir tourné la page, déplore Anaïs. C’est tellement injuste. Nous, on est sur le carreau. Et tout le monde là-bas continue de se taire pour gagner des médailles.”

 

source  : lexpress

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