20
SEP
2015

Quarouble | 8 années de prison pour le fils de la nounou

Quarouble (cour d’assises du Nord) : huit années de prison pour le fils de la nounou

Ce vendredi midi, les jurés de la cour du Nord ont condamné à huit d’années de prison un trentenaire accusé d’avoir agressé et violé quatre petites filles.

L’affaire avait éclaté, à Quarouble, en juin 2013.
Elle est d’autant plus symptomatique que l’accusé était le fils d’une assistante maternelle et qu’il a abusé de l’une des petites filles gardée par sa mère.

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Comment un homme de 29 ans peut-il être excité par des gamines de 5-8 ans?
Comment comprendre la pédophilie?

«Cette question restera en suspens» a plaidé Jean-Philippe Broyart, avocat des parties civiles, connu aussi pour son engagement auprès de l’association Enfance et Partage.

Incompréhension, dégoût, détresse et sentiment de culpabilité.

Les papas et les mamans des jeunes victimes abusées sont passés par toutes les émotions depuis ce mercredi 16 septembre, ouverture du procès à la cour d’assises du Nord.
Ils n’auraient jamais cru que ça pouvait leur arriver.
Ils n’avaient jamais vu le danger que représentait l’accusé pour leurs enfants, lui, le frère, le proche, l’ami.
Lui, le fils de l’assistante maternelle de Quarouble chez qui ils allaient rechercher leur petite en toute confiance.

Bien sûr, tout le monde savait qu’il n’avait pas de vie, ni sociale, ni sexuelle, ni professionnelle.
À presque trente ans, son quotidien, c’était la télé, les jeux vidéo, l’isolement de sa chambre chez papa et maman.
Ses habitudes, c’était de jouer avec les enfants et ça n’étonnait personne parce que, franchement, tout le monde le voyait comme un «grand gosse» malgré son mètre quatre-vingt et ses 120 kilos.

«Un looser, un pauvre type»

«Un looser, un pauvre type qui ne construit rien, qui ne fait rien», voilà comment l’a dépeint l’avocat général.

Prisonnier de sa misère sexuelle, d’un manque de développement psychologique.
Le psychiatre ne le voit pas comme un pédophile pervers, plutôt comme un «opportuniste» qui ne chasse pas mais se sert, prend ce qu’il a sous la main.

«Un gros nounours» qui n’a jamais réussi à aborder les femmes et se sent plus à l’aise face à des petites filles «parce qu’elles sont dociles, inconscientes de ce qu’on leur fait», parce qu’elles ne sont pas dans le jugement et ne lui renvoie pas l’image qu’il a de lui, «laid, gros» sans projet ni envie.

Mais avec des besoins qu’il comble avec des films pornographiques, une quarantaine d’images pédophiles qui ont été retrouvées sur une carte mémoire qu’il avait tenté d’effacer.
Ce qu’il y avait sur le disque dur de son ordinateur, personne ne pourra jamais le savoir : pris à défaut par le père d’une fillette, il s’en est débarrassé le 19 juin 2013, quelques heures avant de se rendre au commissariat pour avouer.

« Rien ne l’aurait arrêté»

«L’important est de savoir qui vous avez en face de vous» a lancé Jean-Philippe Broyart aux jurés, qui n’adhère pas totalement à la version du «semi-gosse», tout comme ses deux consœurs, Maîtres Malaquin et Vallez.
Tour à tour, au nom des enfants et des parents, ils ont soutenu la thèse d’un homme
«manipulateur, menteur, égocentrique» qui avait pris l’habitude de se soulager en profitant de l’innocence, de
«la soumission naturelle de l’enfant face à l’adulte».

Ils ont pointé la façon dont il s’est bien gardé de donner le nom de la quatrième victime, ses astuces pour isoler ses victimes, se débarrasser de son disque dur, «perdre» son téléphone portable, formater sa carte mémoire.

«Rien ne l’aurait arrêté», a expliqué maître Malaquin, «s’il n’y avait pas eu ce petit grain de sable», les mots et les pleurs de la plus jeune victime qui, un soir, a eu le courage de tout dire à son père, libérant sans le savoir les trois autres petites victimes qui n’avaient pas osé ou pas pu dénoncer  les bisous qui portent chance», les pénétrations répétées de cet homme en qui elles avaient confiance.

Ce vendredi matin, Frédéric Nader a centré sa plaidoirie sur l’engrenage dans lequel son client s’est retrouvé enfermé, «cette espèce de délire dont il ne se rendait même plus compte».

L’avocat général a requis dix ans de réclusion «mais la prison ne soigne pas» a-t-il insisté.
Et le risque de récidive serait grand selon lui, ce qui est confirmé par les avocats des parties civiles, également persuadés que «la pédophilie ne se guérit pas».

Après les huit années de prison, décidées par les jurés de la cour d’assises, il devra continuer les soins, être suivi pendant cinq ans.
Ses jeunes victimes aussi, susceptibles de vivre cette affaire comme «une bombe à retardement», quand elles vivront leurs premiers émois, leurs premières relations, si elles deviennent mères un jour.

«Ce verdict devra être le pilier de leur reconstruction» espère Jean-Philippe Broyart.

Source : http://www.lavoixdunord.fr

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