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AOûT
2019

Rennes | Myriam Badaoui condamnée à 8 mois de prison pour des vols avec violence

La mère incestueuse de l’affaire d’Outreau, qui avait été libérée en 2011, a été condamnée à huit mois d’emprisonnement jeudi à Rennes.

Illustration Myriam Badaoui – Benoit Peyrucq

La quinquagénaire jugée en comparution immédiate, jeudi 29 août, devant le tribunal correctionnel de Rennes (Ille-et-Vilaine), était méconnaissable derrière le box vitré.

Frange noire au cordeau, bandeau fuchsia dans les cheveux, chemise à fleurs, celle qui avait été condamnée, le 2 juillet 2004, pour des viols sur mineurs, dont ses propres fils, à 15 ans de réclusion criminelle lors du retentissant procès d’Outreau dans le Pas-de-Calais, est apparue métamorphosée.

Myriam Badoui a l’air beaucoup plus jeune que ses 52 ans.

Les deux victimes des vols à l’arraché pour lesquels elle est poursuivie ont d’ailleurs décrit « une jeune femme » et même « une jeune fille de 22 ans », qui les aurait attaquées à Rennes  en février et en mai 2019.

Après avoir arraché leurs sacs à main, Myriam Badaoui a encaissé des chèques à son nom, ce qui a permis de la retrouver rapidement.

Les poursuites comportent aussi le chef de « falsification de chèques ».

Les deux victimes étaient particulièrement vulnérables, toutes deux porteuses de handicaps visibles.

La plus âgée se déplaçait même avec un déambulateur.

« Je ne sais pas ce qui m’a pris, explique la prévenue qui s’excuse auprès des victimes.

Depuis un an, je perds les pédales, je suis en train de perdre pied ».

Condamnée à un suivi socio-judiciaire de 10 ans, qui s’est appliqué en 2011 à sa sortie de prison, elle a manqué plusieurs rendez-vous au « Spip » (service pénitentiaire d’insertion et de probation).

Elle impute les vols à des pressions subies de la part de ses compagnons du moment, un « réfugié » et un « demandeur d’asile ».

« Je ne trouve pas ma place dans le monde extérieur, mon nom est un obstacle », décrit-elle en pleurant.

« Je garde pourtant l’espoir de m’en sortir, mais parfois je pense que la prison est ma maison ».

Son avocate reviendra sur ce sentiment ambivalent de la prévenue, qui a subi « un véritable lynchage en prison de la part de ses codétenues, mais qui, paradoxalement, a pu y retrouver une certaine estime de soi », grâce aux études qu’elle y a suivi.

« Son nom a des incidences sur tous les efforts qu’elle fait pour s’intégrer, poursuit l’avocate.

Elle est du coup extrêmement isolée.

Elle a d’ailleurs entamé une procédure pour changer de nom ».

La procureure, de son côté, ne croit pas aux déclarations de la prévenue.

Elle concède qu’elle a bien « fini par reconnaître tous les faits », mais qu’elle a « tenu bon pendant toute la garde à vue » jusqu’à sa présentation au parquet.

« Elle a ciblé des personnes très vulnérables, sans aucune empathie », ajoute-t-elle, en requérant 18 mois de prison ferme.

Le tribunal la condamnera à 8 mois de prison, avec mandat de dépôt à l’audience et interdiction de détenir une arme pendant 5 ans.

Source : Le Parisien

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