30
NOV
2013

Retour à Outreau

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Thomet-Jacques

Livre de Jacques Thomet,
éditions Kontre Kulture (2013)

Ancien de l’AFP, désormais en retraite active, et auteur de livres d’enquête dont le dernier sur « Retour à Outreau », je suis confondu (un con fondu, diront d’aucuns) par l’impunité exorbitante de la pédocriminalité en France.

La première preuve : le mot pédocriminalité rougit sur Word quand on l’écrit, comme s’il fallait vite l’effacer…

Mon enquête « Retour à Outreau  – Contre-enquête sur une manipulation pédocriminelle», publié en mars 2013 chez Kontrekulture (le seul éditeur sur vingt-trois contactés à avoir osé), m’avait déjà ouvert les yeux.

Le scandale des enfants violés est pire que mon livre. Depuis les procès d’Outreau, les jeunes victimes ne sont plus entendues.

Je suis assailli de témoignages effrayants sur des plaintes rejetées, quand la mère n’est pas qualifiée de « folle », avec la mise en foyer de son enfant violé.

Une immense chape de plomb recouvre cet enfer pire que celui de Dante, car il s’agit de milliers de mineurs livrés impunément à leurs prédateurs.

Le peuple ne veut rien savoir de cette damnation. Je l’avais prévu dans l’épilogue de mon enquête. Comment admettre une telle ignominie ?

La justice, la police, la gendarmerie profitent de ce refus d’ouvrir les yeux. Les enquêtes ne sont même pas ouvertes, dans la plupart des cas.

On n’ouvre pas, on ferme la parole aux enfants, en France, en 2014.

Les associations de défense n’ont qu’un pouvoir limité, car les médias n’écoutent même pas leurs appels à l’aide.

Les vedettes du spectacle viennent de défiler, sous les flashes, en faveur des petites Nigérianes enlevées, mais ne font rien pour les enfants violés chez nous.

Vous voulez des exemples ? Le cas de Sandrine Chastan, évoqué dans mon livre.  Elle ne voit plus ses enfants. Cliquez son nom sur google.

Anne Bercy ? Elle ne peut rencontrer ses petits que deux fois par mois, malgré les preuves médicales sur les infamies commises contre eux.

X a été violée depuis l’âge de trois ans, y compris, selon elle, par un ancien ministre. Ses plaintes ont été enterrées, avec un enfant tué par les prédateurs.

Y ne peut aller porter plainte à Paris. Sa fille violée réside avec lui à la Réunion, on lui refuse de se rendre en métropole.

Z, en Bretagne, violée par le grand-père. Le père a voulu porté plainte, il ne voit plus sa fille.

W, un cas extrême : elle a dû tuer plusieurs de ses nouveaux nés sous la menace d’un réseau pédocriminel. Le juge a rejeté ses plaintes.

J’arrête cette sinistre litanie. Qui d’entre vous me croira ? Il a la berlue, le vieux, diront au mieux les lecteurs.

Le silence des citoyens et des médias complices, au minimum par omission, encourage les prédateurs à continuer.

Il faudrait une agence de presse pour dénoncer ces crimes. Elle ne suffirait pas à révéler l’ampleur du drame vécu chaque jour par des enfants et leur mère.

A Cannes, ce sont les enfants victimes de viols que l’on devrait voir monter les marches, le visage flouté, pour un Festival de la vraie réalité.

Le haut du pavé préfère y inviter les pédophiles étoilés, comme les sinistres Roman Polanski, Woody Allen, ou encore l’ex-ministre Frédéric Mitterrand.

Qu’attendent les Français pour remettre les pendules à l’heure, et les criminels à leur place : entre quatre murs ?

 

Source:

http://www.jacquesthomet.com/