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MAR
2019

Saint-Gaudens | Un homme de 73 ans relaxé pour des faits de pédophilie sur une fillette de 6 ans alors qu’elle décrit avec précisions les abus subis

Agression sexuelle sur mineur : la relaxe au bénéfice du doute

Justice, Faits divers, Saint-Gaudens

Les faits remontent à 2013, entre voisins demeurant dans des maisons mitoyennes. D’un côté, un couple d’une trentaine d’années, parents de trois enfants : une fille, Vanessa*, et deux jeunes garçons ; de l’autre un couple de retraité : Robert*, 73 ans, ancien commerçant et son épouse, ancienne enseignante.

En 2006, lorsque le jeune couple s’installe à Saint-Gaudens, les relations sont au beau fixe : chacun reçoit l’autre, et la petite Vanessa, 5 ans et demi au moment des faits, est régulièrement confiée au couple de retraités qui prend l’enfant en affection. La garde s’opère tantôt chez les uns tantôt chez les autres. Au fil du temps, Robert et son épouse deviennent des

«grands-parents de substitution».

En 2013, les relations s’étiolent, : les parents de l’enfant trouvent Robert «envahissant», et lorsque Vanessa raconte à sa mère qu’elle a vu une photo de sa chambre sur l’ordinateur de Robert, les relations sont rompues.

1 683 photos de la fillette dans l’ordinateur de Robert

Un an plus tard (septembre 2014), Vanessa livre à sa tante, puis à sa grand-mère et à sa mère d’autres faits. Robert aurait demandé à Vanessa de retirer son pantalon et sa culotte, il l’aurait embrassé sur la bouche, aurait léché son sexe, pratiqué des attouchements avec ses mains sur le sexe de Vanessa. Un jour, il se serait également déshabillé pour montrer son sexe à l’enfant.

«C’est elle qui me l’a demandé»

se défend-il.

Après avoir questionné sa fille et saisi un psychologue pour s’assurer que l’enfant n’a pas inventé cette histoire, le père de Vanessa dépose plainte. Placé en garde à vue, Robert nie les faits en bloc.

Les enquêteurs découvrent sur son ordinateur des images et téléchargements à caractère «pornographique», ainsi que 1 683 photos de la fillette que Robert prenait à son insu.

«Je me régalais de photographier une enfant aussi douée pour la gymnastique»,

déclare-t-il à la barre. Pour lui Vanessa serait manipulée et a inventé cette histoire.

Pour maître Chebbani (partie civile), Robert n’assume pas sa véritable personnalité qualifiée de «perverse» et «manipulatrice» par les psychologues. Et pour présenter un «profil social lisse», il met en avant une parfaite harmonie sexuelle avec son épouse et le fait qu’il s’est toujours occupé d’enfants de par la profession d’enseignante de son épouse. Ce qui est «faux» avance l’avocat, pour qui

«il n’y a pas de place pour le doute, il doit être condamné».

Même son de cloche du parquet qui requiert deux ans de prison assortis d’un sursis mise à l’épreuve de 2 ans, des obligations de soins, de rémunération de la victime, l’interdiction d’entrer en contact avec elle et une inscription au fichier des délinquants sexuels.

Au contraire, Maître Liénard, conseil de Robert, dénonce des «faiblesses» dans le dossier. Pour lui, ce serait Vanessa qui aime les jeux de rôle et aurait tout inventé «pour retrouver une place auprès de ses parents» – se sentant mise à l’écart depuis la naissance de ses deux frères.

L’avocate plaide la relaxe, puisque «ce n’est pas contre nature d’avoir des sentiments envers un enfant de 6 ans», et que son «client, sali, ne peut se voir imputer des faits non commis».

Après délibération le tribunal prononce la relaxe au bénéfice du doute. Le dossier fera l’objet d’un appel.

* Les prénoms ont été changés.

Source : ladepeche

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