10
SEP
2019

Saint-Junien | Un ami de la famille bientôt jugé pour agression sexuelle sur la fille de 12 ans

Agression sexuelle sur mineure : c’était l’ami de la famille

Photo d’illustration © Thomas JOUHANNAUD

Six mois de prison ont été requis contre l’homme de 37 ans, accusé d’avoir caressé le sexe, à travers les vêtements, d’une jeune fille de douze ans. C’est presque un cas d’école. L’affaire-type de l’agression sexuelle sur mineur. Mais pour Théa*, il s’agit de son histoire.

Théa a 12 ans. Cette soirée du 2 décembre 2017, elle est contente. Avec ses petites sœurs et ses parents, elle va passer la soirée chez Marc*, sa femme et leurs enfants à Saint-Junien pour l’anniversaire de Marc.

Lui, c’est le meilleur ami de son papa. D’ailleurs la famille de Marc, c’est un peu sa famille. Ils se voient tout le temps, ils s’entraident pendant les moments de galère. Son papa et Marc se sont rencontrés en prison. Depuis, malgré les embrouilles parfois, ces deux-là c’est “à la vie à la mort”.

Ce soir-là donc, c’est la fête. Les parents boivent, rient, s’engueulent, rient et reboivent. Les enfants jouent ensemble jusqu’à tard. Très tard. Vers 3 heures du matin, les parents de Théa sont rentrés chez eux en laissant leurs enfants dormir sur place. Théa s’installe sur la chauffeuse dans la chambre du petit garçon de Marc. Sa petite sœur à elle n’est pas loin. Théa s’endort mais quelque chose la réveille. Un truc qui la gêne entre les jambes.

« Je n’arrêtais pas de l’enlever, de l’enlever mais ça se remettait et ça se remettait »,

dira la jeune fille aux gendarmes.

« Garder les yeux fermés »

Au début, Théa pense que c’est le chien, qui a l’habitude de dormir sur la chauffeuse, qui n’arrête pas de l’embêter. Puis elle ouvre un œil. Dans la pénombre, elle aperçoit Marc, accroupi à côté d’elle. Théa est tétanisée. Elle ne bouge pas. Elle garde les yeux fermés, fait semblant de dormir et enlève régulièrement ce qu’elle identifie maintenant comme une main qui s’immisce entre ses cuisses, caressant son sexe par-dessus ses vêtements.

Marc est parti. Elle a envie d’aller faire pipi mais elle a peur de le croiser. N’y tenant plus, elle se lève à 5 h 30. Elle est brusquement réveillée une heure plus tard, par la même gêne entre les cuisses.

« J’étais choqué, jamais on aurait pu imaginer une histoire pareille »

Le lendemain matin, Théa contacte une copine par SMS et lui demande conseil sur ce qu’elle doit faire.

« Tu devrais en parler à tes parents ».

La jeune fille hésite, mais elle dépasse ses appréhensions et confie tout à ses parents.

Ceux-ci sont sous le choc et honnêtement, ils n’y croient pas.

« J’étais choqué, jamais on aurait pu imaginer une histoire pareille, dira le père. Mais un jour, j’ai proposé qu’on aille chez eux et ma fille s’est mise à pleurer, elle a fait une crise disant qu’elle ne voulait pas ses petites sœurs vivent la même chose qu’elle. Là, j’ai compris qu’elle n’avait pas menti ».

Un mois et demi après les faits, les parents se rendent à la gendarmerie pour porter plainte. La pédopsychiatre qui examinera Théa, fera part de la colère que ressent la petite envers ses parents qui ne l’ont pas crue.

Audience, devant le tribunal correctionnel

Ce vendredi 6 septembre, Marc a été extrait de la prison où il se trouve actuellement pour d’autres faits, afin d’y être jugé devant le tribunal correctionnel de Limoges. Marc nie.

« Si je l’ai touchée, c’est uniquement pour aller récupérer la laisse du chien qui était sous elle. Dès qu’elle est bourrée, la mère de la petite n’arrête pas de dire qu’elle a été agressée gamine, alors peut-être que la petite répète la même chose ! Et la veille, le père m’a frappé devant mes enfants parce que je lui devais de l’argent… Et la petite, elle fait regarder des trucs pornos à mon fils ! »

Dénigrement

Théorie du complot, dénigrement des parents, et tentative de décrédibilisation de la victime… Pour la procureure Anne Baron, les ficelles sont un peu grosses.

« La victime n’est pas une menteuse. Elle a été constante d’un bout à l’autre, elle n’a jamais varié, n’en a jamais rajouté. Il faut une peine pour lui dire “oui, on te croit ! Tu as subi quelque chose de pas normal” »,

a-t-elle déclaré avant de requérir six mois ferme.

Cette réponse-là, peut-être que Théa l’aura le 20 septembre, date du délibéré.

(*) Les prénoms ont été modifiés.

Source : lepopulaire

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