09
JUIN
2019

Sannois | Une courageuse ancienne victime dénonce un ancien animateur et instituteur pour agressions sexuelles et viol, d’autres victimes se manifestent

Soupçons de viols à la colo : l’ancien animateur de Sannois mis en examen

Placé sous contrôle judiciaire, l’homme âgé d’une soixantaine d’années, qui exerçait le métier d’instituteur à Soisy-sous-Montmorency (Val-d’Oise), a été suspendu de ses fonctions. (©Illustration T.H.)

Un ancien animateur de la ville de Sannois (Val-d’Oise), devenu ensuite instituteur, a été mis en examen. Il est soupçonné d’agressions sexuelles lors de colonies de vacances.

Des enfants sexuellement agressés au cours de colonies de vacances. Des faits remontant pour certains aux années 80-90, commis dans un chalet de Saint-François-Longchamp, en Savoie, qui appartenait alors à la municipalité de Sannois (Val-d’Oise).

À la suite de plusieurs plaintes de victimes, un ancien animateur de la ville a été mis en examen, mercredi 29 mai, pour agressions sexuelles sur mineurs.

Instituteur à Soisy-sous-Montmorency

Placé sous contrôle judiciaire, l’homme âgé d’une soixantaine d’années, qui exerçait le métier d’instituteur à Soisy-sous-Montmorency, a été suspendu de ses fonctions. Il occupe actuellement un poste administratif n’étant plus en relation avec les enfants.

À l’origine de cette procédure judiciaire, Anne, 41 ans. En juin 2018, elle se rend à la gendarmerie dans le sud de la France, où elle vit aujourd’hui, pour porter plainte contre l’ancien animateur. La femme venait de découvrir la photo de son violeur présumé dans un magazine de Soisy-sous-Montmorency.

« En tant que mère je ne peux pas me taire »

Dans un message posté le 28 juillet 2018 sur son compte Facebook, Anne raconte que c’est au cours de colonies de vacances que l’homme aurait abusé d’elle durant son enfance mais également à son adolescence, entre 1986 et 2002.

La majorité des agressions sexuelles et le viol ont été commis principalement en présence d’autres enfants (le soir au coucher dans mon lit, sous la tente…)

Si la victime a décidé de porter plainte contre son agresseur, ce n’est pas tant pour ce qu’elle a subi, les faits la concernant étant prescrits, mais pour protéger d’autres victimes potentielles.

« En tant que mère, je ne peux pas me taire et laisser d’autres enfants vivre ce que j’ai vécu. »

De nombreux témoignages

Précisant avoir reçu en quelques semaines dix-huit témoignages de personnes ayant été agressées par l’ancien animateur mais également par d’autres responsables de la colo, elle avait invité chacun à témoigner sur le site www.coabuse.fr.

« Je comprends que vous ayez très peur d’en parler, mais vous n’êtes plus seul(e)s. Votre témoignage aidera sûrement d’autres enfants. Qu’il n’y ait plus d’autres victimes »,

écrivait-elle.

Neuf mois plus tard, Anne assure avoir reçu d’autres témoignages, notamment d’agressions qui remonteraient à quelques années seulement.

Une dizaine de victimes identifiées

L’enquête ayant été confiée à la sûreté départementale du Val-d’Oise, puis à l’Office central pour la répression des violences aux personnes (Ocrvp), une dizaine de victimes auraient été identifiées.

Selon l’avocate de l’ancien animateur, de nombreux faits seraient toutefois prescrits.

La loi du 3 août 2018 a porté le délai de prescription à la suite d’un viol à 30 ans, à partir de la majorité, donc jusqu’à 48 ans, si la victime avait entre 15 et 18 ans au moment des faits. Concernant les agressions sexuelles, ce délai est réduit à 20 ans, toujours à partir de la majorité, si la victime avait moins de 15 ans.

Source : actu.fr

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