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JUIL
2019

Tahiti | Quatre hommes âgés de 54 à 74 ans ont été condamnés à des peines de 10 à 18 mois pour recours à la prostitution de mineures

Quatre hommes comparaissaient ce jeudi devant le tribunal de Papeete pour « recours habituel à la prostitution de mineur de 15 ans » entre 2016 et 2018. Tous les quatre ont été condamnés à des peines de prison ferme allant de 10 à 18 mois.

© Polynésie la 1ère / ÉL

Les clients de plusieurs prostituées mineures, dont l’une de moins de 15 ans à l’époque des faits, comparaissaient ce jeudi. 

Âgés pour le plus jeune de 54 ans et pour le plus vieux de 74 ans, ils avaient régulièrement recours aux services de très jeunes femmes.

Tous jouissent d’une bonne situation.

L’un est gérant, l’autre ex pharmacien, l’un est cadre dans une mairie et le dernier à la retraite.

L’affaire avait commencé par deux lettres de dénonciation au procureur : celle d’une amie d’une des victimes, et celle de l’épouse d’un des prévenus alors en instance de divorce.

L’enquête de gendarmerie qui avait suivi avait établi les liens entre ces quatre notables et les prostituées mineures.

Certains d’entre eux étaient affublés de surnoms par les jeunes filles.

Le cadre à la mairie était appelé « Client mairie » et le retraité, « Papy d’amour » par la plus jeune d’entre elles.

De son côté celle-ci était surnommé « la Chinoise » par les autres filles.

C’est surtout elle qui a retenu l’attention du tribunal, car elle a eu des rapports avec les quatre prévenus et qu’elle a commencé à se prostituer à l’âge de 12 ans.

Délaissée par sa mère elle a commencé à vendre son corps en faisant du stop au bord de la route.

À l’époque elle dormait sur la plage à Moorea.

C’est là qu’elle a croisé « Papy d’amour ».

L’homme âgé de 69 ans l’a prise sous son « aile », l’hébergeant chez lui.

Il lui donnait de quoi se nourrir, et selon ses propres dires, « s’est pris d’une certaine affection pour elle ».

Des relations sexuelles s’en sont suivies.

S’il reconnait devant le tribunal avoir appris son âge, il déclare ne pas savoir qu’elle se livrait à la prostitution.

Le fait de savoir qu’elle était mineure ne l’a pas empêché de continuer à avoir des rapports avec elle.

« Le mal était fait », a-t-il déclaré.

Le « client mairie » âgé de 54 ans, a fait sa connaissance alors qu’il avait sollicité l’une des amies de « la Chinoise » pour un rapport sexuel dans son bureau.

Celle-ci est venue accompagnée de « la Chinoise » et ils se sont livrés à des ébats sexuels à trois.

Ce fut leur première rencontre.

À la barre, il a déclaré qu’il pensait qu’elle était majeure et qu’il a été piégé.

Le gérant âgé de 70 ans, déjà condamné à plusieurs reprises pour atteintes sexuelles sur mineur, a recueilli quelque temps la jeune fille à son domicile.

Elle faisait son ménage et avait des relations sexuelles avec lui.

Des relations pour lesquelles il lui donnait un peu d’argent.

Quant à l’ex pharmacien, 74 ans, c’est un habitué des prostituées.

Attiré par la jeunesse, il pensait bien que la jeune fille était mineure, mais sans se poser plus de questions.

L’attrait du sexe avec une jeune fille étant plus fort que ses doutes.

Pour l’avocate de la partie civile, les actes commis par les prévenus ont clairement compromis l’avenir et l’équilibre de la jeune fille âgée maintenant de 16 ans.

« Elle dit assumer ses actes, comme si à son âge on pouvait assumer cela.

Elle a une mauvaise image d’elle-même et il reste un énorme travail à faire pour la sortir de cette spirale. »

Pour cela elle réclamait au titre du préjudice moral une somme de 1,5 million de Fcfp.

Quant à la procureure de la République, elle a vilipendé les quatre prévenus, faisant le parallèle avec Fantine, l’héroïne des Misérables de Victor Hugo, forcée de se prostituer pour faire vivre sa petite Cosette.

« Ces quatre personnes, qui ont bien réussi, sont allés chercher des gamines, des enfants de la rue comme on en trouve dans le tiers monde pour assouvir leurs besoins.

Ils ont profité de cette misère humaine ».

Le gérant multi-récidiviste et l’ex pharmacien ont écopé de 36 mois de prison dont 18 avec sursis.

Le fonctionnaire municipal au casier judiciaire vierge a été condamné à 18 mois de prison dont 8 avec sursis.

Pour « Papy d’amour », les faits ont été requalifiés en « atteintes sexuelles » et il a été condamné à 24 mois de prison dont 12 mois avec sursis.

Tous les quatre seront inscrits au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).

Source : Radio 1

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