03
JUIL
2019

Tarbes | Procès d’un homme de 58 ans accusé de viols et agressions sexuelles sur sa fille de 14 ans

Cette dernière journée du procès en assises au tribunal de Tarbes a éprouvé les organismes et les consciences. En ouverture de journée, l’accusé, Gilles T. L., a été longuement interrogé par la présidente.

Illustration Wikipedia TGI Tarbes

Resté «sans voix face aux mensonges formulés» (contre lui) jeudi en fin de séance, il a eu l’occasion de s’expliquer et de rétablir sa vérité. Une vérité qui l’oppose bien sûr à la plaignante s’agissant du déroulement, de la fréquence des actes sexuels et surtout (et toujours) de la date de la première relation sexuelle.

Avant son quinzième anniversaire ou après ?

C’est la question centrale du procès.

Il dit un mois avant ses 18 ans, contre l’année de ses 14 pour la jeune fille.

«Mais vous avez changé six fois de version», lui fait remarquer l’avocat général, tandis que la jeune fille L. n’a jamais dévié.

Sur la fréquence, il dit une fois tous les mois et demi, contre plusieurs fois par mois selon elle.

Sur la nature de la relation, il dit avoir entretenu celles de bon voisinage, contre une emprise pour elle.

De cette emprise, l’avocat général s’en est emparé.

Il en fera d’ailleurs le fil conducteur de sa démonstration à l’égard des huit jurés qui auront à rétablir la vérité.

Fidèle à sa ligne de défense, l’auteur présumé des faits ne se souvient pas, mélange les dates, s’interroge, oppose ses certitudes, s’agace après les questions de l’avocat de la partie civile Me Mesa, souffle et se fatigue.

La journée fut également éprouvante pour la jeune fille car les uns après les autres, les membres de sa famille, eux-mêmes parties civiles, ont expliqué à la barre tout ce qu’ils savaient de cette relation entre une enfant de 14 ans et un adulte de 58, leurs doutes, leur incrédulité aussi, puis leur colère.

Cette colère encore palpable huit ans après les dénonciations car «ce monsieur était un notable de Lourdes, un médecin de l’hôpital, un homme que l’on respectait et qui a fait du mal à notre enfant, qui l’a manipulée.»

En colère, mais pas au point de vouloir envoyer Gilles T. L. «croupir en prison».

En colère jusqu’à lui réclamer qu’il s’excuse du mal qu’il a infligé à L., à sa famille, à ses parents, une formule qu’il lâchera en choisissant ses mots et que la maman de la jeune fille refusera.

Les plaidoiries se sont poursuivies tard dans la soirée d’hier.

L’avocat général a demandé aux jurés de condamner l’auteur présumé de faits de viols et d’agressions sexuelles sur mineure de moins de 15 ans car il était l’adulte, en revanche, elle était sous la contrainte physique et morale et donc incapable de lui dire «non».

15 ans de réclusion criminelle ont été requis.

Les délibérés ont duré une partie de la nuit.

Source : La Dépêche

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