19
MAR
2020

Toulouse | Thierry Delay, le condamné d’Outreau, écope de deux ans de prison pour une nouvelle agression sexuelle

L’ancien condamné d’Outreau était poursuivi pour avoir agressé sexuellement une résidante
de l’établissement où il est soigné pour sa sclérose en plaque

 

Les faits se sont produits entre 2017 et 2019 dans un centre pour des patients atteints de sclérose en plaques à Rieux-Volvestre où Thierry Delay avait été placé en 2016, année de sa libération. PHOTO AFP – AFP

  • Agé aujourd’hui de 56 ans, Thierry Delay avait été condamné en 2004 à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Pas-de-Calais pour avoir violé quatre de ses enfants et huit autres enfants.
  • Vendredi, il était jugé par le tribunal correctionnel pour « agression sexuelle sur personne vulnérable ».
  • Soigné depuis 2016 pour une sclérose en plaque, après sa sortie de prison, il était poursuivi pour avoir touché la poitrine d’une résidente souffrant de la même maladie que lui.

 

Deux ans de prison ferme et cinq ans de suivi sociojudiciaire et obligation de soins. C’est la peine qu’a prononcé vendredi soir le tribunal correctionnel de Toulouse à l’encontre de Thierry Delay.

Celui que l’on surnommait « le monstre d’Outreau » était de retour sur le banc vendredi pour une « agression sexuelle sur personne vulnérable » et des faits de harcèlement envers une résidante du centre Pierre-Hanzel à Rieux-Volvestre où il est hébergé depuis mai 2016 pour soigner sa sclérose en plaque.

C’est un homme diminué, se déplaçant en fauteuil roulant, et avec des difficultés d’élocution qui s’est présenté vendredi devant le tribunal. Malgré une expression difficile, le prévenu a reconnu en partie les faits, tout en les minimisant. Entre 2016 et 2019, il aurait touché la poitrine d’une autre résidente en fauteuil roulant et atteinte de la même maladie que lui.

« J’étais amoureux d’elle et je lui parlais des vidéos pornographiques que je regardais, a expliqué Thierry Delay. C’était à cause de mes problèmes de libido. Je voulais la toucher car sa peau était douce. Je ne comprends pas pourquoi on parle d’agression sexuelle alors que je l’ai juste touchée ».

En juin 2019, l’accusé a subi une piqûre pour restreindre sa libido.

« J’avais une reprise de mes pulsions donc j’ai demandé ce traitement car je voulais arrêter d’embêter cette résidante », concède-t-il.

 

Si une plainte a bien été déposée à l’encontre de l’ancien accusé du dossier Outreau, la victime n’était cependant pas présente vendredi à l’audience.

« Elle a dit qu’elle a trop souffert de son harcèlement et qu’elle a encore très peur de lui », a indiqué le président du tribunal correctionnel.

Pour la procureur, Thierry Delay est bien resté un « prédateur » malgré ses longues années en détention.

« Il était parfaitement au courant de l’absence de consentement de la victime mais il monnayait des faveurs contre des cigarettes car elle consommait beaucoup de tabac, a-t-elle souligné. Et ce qui est effrayant dans ce dossier, c’est de constater que le suivi sociojudiciaire mis en place à sa sortie de prison a été entièrement respecté. Sans atteindre son objectif ».

Pour l’avocat de l’accusé,

« il n’y a pas de tergiversation pour l’agression sexuelle, ni pour le harcèlement. J’ai la faiblesse de penser qu’il peut évoluer et que l’enfermer n’est pas une solution : la preuve, il a passé seize ans en prison et cela n’a pas marché. Il ne peut plus marcher et ne représente pas une menace pour les autres. Il a besoin de soins et d’être accompagné ».

La procureur avait requis trois ans. Avant que le tribunal se retire pour délibérer, l’accusé a présenté, au bord des larmes, ses excuses pour avoir harcelé cette résidente et lui a demandé pardon.

Finalement condamné à deux ans de prison, Thierry Delay a également interdiction de rentrer en contact avec sa victime. Son avocat, Me Gueye, a déjà indiqué qu’il n’interjetterait pas appel de cette décision.

source : 20minutes

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