03
JUIL
2019

Tours | Un homme de 51 ans condamné à 5 ans ferme pour avoir agressé sexuellement pendant 20 ans des enfants de son entourage âgés de 6 à 15 ans

Durant vingt ans, un père de famille a commis des attouchements sur des proches âgées de 6 à 15 ans. Protégé, semble-t-il, par l’omerta familiale.

Tribunal correctionnel de Tours © (Photo NR, Julien Pruvost)

Par ses voisins, son entourage professionnel et familial, cet entrepreneur tourangeau d’aujourd’hui 51 ans, jugé jeudi au tribunal correctionnel, est décrit comme un homme « gentil », « serviable », avec peut-être « un problème avec l’alcool ».

Une épouse toujours à ses côtés, quatre enfants « bien éduqués », une belle progression professionnelle dans le bâtiment.

Une jolie façade qui cache vingt ans d’agressions sexuelles commis sur une belle-sœur, puis sur deux nièces, fillettes puis adolescentes.

L’affaire a éclaté en 2012.

Une plainte est déposée par la mère de la plus jeune, alors âgée de 14 ans.

Elle révèle les caresses régulières de l’oncle sur le sexe, les seins, les cuisses de la jeune fille, y compris sous les vêtements.

Un calvaire qui a duré huit années.

L’enquête révélera qu’une de ses cousines a subi pareilles agressions.

Elle a bien tenté de parler en 2005, mais ado difficile, placée en foyer, et consommatrice de drogue, elle n’a pas été crue.

Les attouchements ont continué les week-ends, sur elle, mais aussi sur sa cousine de 6 ans qui ne parlera que sept ans plus tard.

Les membres de la famille, un clan constitué autour d’une grand-mère et de ses six filles, savaient-ils ?

La matriarche a reconnu avoir surpris, en 1992, des gestes déplacés de son gendre envers sa dernière fille, alors âgée de 6 ans.

Les actes se sont pourtant reproduits jusqu’aux 13 ans de la petite belle-sœur.

Les trois victimes ont décrit sensiblement les mêmes scènes.

L’oncle ou beau-frère, très souvent présent, qui profite de se retrouver seul avec l’enfant.

Peu importe le lieu, un canapé familial, une chambre…

« Il profitera de tous les instants où j’étais seule », décrira l’une des filles.

Parfois même, il la prenait sur ses genoux, autour de la table familiale, exerçant des pressions physiques.

Dans la voiture, il choisissait celle qui subirait les attouchements en montant à l’avant, et plaçait un vêtement entre les deux sièges pour cacher ses gestes à ses propres enfants installés à l’arrière.

« Le fonctionnement de cette famille pose question à bien des égards » a insisté la présidente Christine Blancher.

« En 1992, votre belle-mère n’a rien dit rien ;

en 2005, c’est encore passé [l’affaire a été classée sans suite, par manque de preuves, NDLR] ;

vous avez finalement continué jusqu’en 2012.

Avec un sentiment d’impunité ? »

Face aux trois victimes éprouvées, qui se sont soutenues durant cinq heures avec dignité, le prévenu est demeuré laconique.

Pas d’excuses, ni regrets.

Il reconnaît les faits, pas les pénétrations digitales dont l’accusait en 2005 l’une des cousines, ne se souvient pas des cadeaux offerts.

Une attitude qui lui sera longuement reprochée par les avocates des parties civiles, qui y voient un énième calcul.

Elles décrivent avec nombre de détails les difficultés (échec scolaire, idées suicidaires, troubles alimentaires…) des jeunes femmes pour se reconstruire.

« Les faits de viols n’ont pas été retenus par le ministère public », a rappelé le procureur Christophe Gérot, « inquiet » de constater la « lente progression » du prévenu.

Interpellé en 2012, Pascal Marais a été incarcéré durant quinze mois, puis placé sous contrôle judiciaire.

Il a été soumis depuis à une obligation de soins.

« Je travaille avec mon psychiatre, a-t-il expliqué.

Mais je ne sais toujours pas pourquoi j’ai fait ça.

Par attirance sûrement… »

Son avocat s’appliquera à nuancer cette image d’homme sans scrupule.

« Il n’est pas insensible aux conséquences pour les victimes.

Globalement il a reconnu les faits, il est capable de lâcher des mots.

Il chemine même si c’est compliqué, ce travail va prendre du temps. »

Le prévenu a été condamné à cinq ans de prison ferme, le tribunal ayant pris en compte « la gravité des faits, le nombre d’années, et la multiplicité des victimes ».

Il a été incarcéré à l’issue de l’audience.

A sa sortie, une mesure de suivi socio-judiciaire sera mise en place pour cinq ans, avec obligation pour le quinquagénaire de se soigner, de travailler, d’indemniser les parties civiles et interdiction d’entrer en contact avec elles.

En cas de non-respect de ce suivi, le prévenu encourra une nouvelle peine de deux ans de prison.

Il sera en outre inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles, et devra verser 1.000 € de dommages et intérêts à sa première victime.

Les deux autres devront subir une expertise médicale, avant l’audience sur intérêts civils programmée le 17 janvier 2020.

Source : La Nouvelle République

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