30
SEP
2019

Veuzain-sur-Loire | Un sexagénaire jugé pour corruption de mineurs a été relaxé par le tribunal

Un sexagénaire a été jugé pour corruption de mineurs. Il avait entretenu des échanges écrits ambigus avec deux fillettes de son club sportif, l’une de 10 ans et l’autre de 11. A la surprise générale, le tribunal a prononcé une relaxe.

(Photo d’illustration) LP/F.G.

Voilà près de trois ans que cet homme d’une soixantaine d’années attend de pouvoir s’expliquer devant la justice. Sans avocat, il est le dernier à s’avancer à la barre pour répondre de l’accusation de corruption de mineurs.

Les faits reprochés ont débuté par un dépôt de plainte à la communauté de brigades de Veuzain-sur-Loire. Nous sommes le 5 octobre 2016. Une mère vient de découvrir que sa fille âgée de 11 ans entretient depuis deux mois une correspondance sur Messenger avec le sexagénaire. Tous deux appartiennent au même club sportif. Lui est même bénévole au sein du bureau.

Les échanges au départ étaient courtois, mais le sexagénaire a commencé à déraper appelant la fillette « ma puce », puis « ma chérie » ou encore « mon joli panda. » Encore plus ambigu, il fait allusion aux poils pubiens.

Lors d’une discussion, le retraité a même demandé à l’enfant de se montrer en pyjama devant la webcam de sa tablette, mais celle-ci a refusé.

Une fois l’enquête démarrée, les gendarmes ont découvert que le sexagénaire échangeait de la même façon avec une autre fillette âgée de 10 ans. Il l’appelait son « joli petit cœur. »

Placé en garde à vue, l’homme a reconnu avoir tenu des propos à connotation sexuelle, mais que jamais il n’a eu de gestes déplacés envers les deux jeunes filles. Lors de la perquisition à son domicile, les gendarmes ont saisi les ordinateurs sur lequel il échangeait avec les fillettes et consultait des sites pornos. En découvrant la situation, son épouse est tombée des nues tout comme les membres du club sportif.

A la barre, l’homme explique que son épouse souffrait de problèmes de santé qui les empêchait d’avoir des relations intimes.

« Je suivais une formation dans le cadre de mon activité bénévole qui m’a mis sous pression ce qui fait que je me suis fortement lâché. Je vis très mal toute cette affaire, je me suis senti sale et je m’en veux d’avoir sali ces jeunes filles d’autant que l’une d’elles avait été fragilisée par le décès de son père. »

Interrogé par le président Jean-Christophe Maze sur une éventuelle tendance pédophile, le prévenu assure n’avoir pas eu d’attirance sexuelle envers les fillettes. « C’était un défouloir, un jeu débile ». « Vous ne semblez pas percevoir la connotation ambiguë et le caractère sexuel de ces échanges », relève le juge.

« Un être humain a ses faiblesses. Depuis le début de cette affaire, j’ai pensé plus d’une fois au suicide. »

Le psychiatre qui a examiné le retraité n’a relevé aucun trouble psychique. Le procureur Frédéric Chevallier a requis une peine de trois à quatre mois d’emprisonnement avec sursis et mise à l’épreuve comportant une interdiction de contact avec des mineurs et une obligation de soins sans oublier la confiscation du matériel informatique.

A la surprise du prévenu et du parquet, le tribunal a prononcé une relaxe estimant que les relations entretenues avec les deux fillettes n’étaient pas animées par la volonté de pervertir leur sexualité.

« Mais le tribunal n’applaudit pas pour autant ce que vous avez fait et vous recommande d’avoir un autre comportement avec des mineurs », a averti le président.

 

Source : lanouvellerepublique.fr

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